Le Conseil fédéral veut soutenir la viticulture suisse en modifiant les règles d’importation du vin. La proposition suscite toutefois une forte opposition des négociants et des associations professionnelles, selon les réponses à la consultation.
Le conseiller fédéral Guy Parmelin avait réuni les principaux acteurs de la branche viticole lors d’une table ronde le 18 août 2025 afin d’évoquer les difficultés du secteur. La consultation a pris fin jeudi. Le Conseil fédéral entend désormais analyser les prises de position avant de rendre sa décision à l’automne 2026.
Ce que pensent les distributeurs
Les distributeurs estiment que la réforme fausse la concurrence, favorise une concentration du marché entre les mains de quelques grands producteurs et entraîne une hausse des prix pour les consommateurs, sans créer de réelle valeur ajoutée. Selon eux, les importateurs, les négociants et les acteurs de la restauration sont particulièrement pénalisés.
Des organisations telles qu’Economiesuisse, la Swiss Retail Federation et l’Association suisse du commerce des Vins (ASCV) ont ainsi rejeté le projet. Economiesuisse et l'ASCV jugent en outre que la mesure est incompatible avec les engagements de la Suisse au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), en raison de son caractère de «barrière non tarifaire aux échanges».
Ce que pensent les vignerons
Les milieux viticoles favorables au projet estiment qu’un soutien accru à la production nationale est nécessaire au vu de la situation économique difficile du secteur. L’Union suisse des paysans (USP) et VignobleSuisse soutiennent ainsi la révision proposée. Elles regrettent toutefois l’absence de précisions sur sa mise en œuvre concrète.
Dans une prise de position commune, plus de 1000 viticulteurs et viticultrices ont également apporté leur soutien au projet. Ils soulignent que les mécanismes actuels favorisent souvent les produits importés, alors que la production suisse est sous pression.
L’Association suisse des Vignerons-Encaveurs Indépendants (ASVEI) adopte une position plus nuancée. Si elle approuve l’objectif de renforcer la production nationale, elle s’oppose à la solution retenue. Elle estime que cette solution profite surtout aux producteurs de raisin et aux grands encaveurs, au détriment des vignerons-encaveurs indépendants.