Michel Rolland, oenologue français mondialement réputé et consultant pour des centaines de clients à travers la planète, est décédé à l'âge de 78 ans, a annoncé sa famille vendredi.
Le «gourou du vin», du titre de son livre paru en 2012, est mort d'une crise cardiaque dans la nuit de jeudi à vendredi, a indiqué à l'AFP sa fille Marie Rolland, confirmant une information du journal régional Sud Ouest.
Héritier de générations de viticulteurs, Michel Rolland avait étudié à la faculté d'oenologie de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, avant de faire ses premiers pas de consultant au début des années 1970 dans le Bordelais.
L'incarnation du «flying winemaker»
Il avait ensuite étendu son activité à l'international, devenant l'incarnation du «flying winemaker», cet oenologue qui parcourt le globe, aux conseils sollicités de la Californie à l'Argentine.
Proche du célèbre critique américain Robert Parker, il avait contribué à l'internationalisation des vins de Bordeaux, mais aussi, selon certains, à standardiser leur goût vers des profils boisés et charpentés.
«Parker a changé le paysage vineux mondial par une approche de la dégustation que personne n'avait avant lui. Il a eu l'idée d'un système de notation, critiqué peut-être, mais c'est le seul qui marche», disait Michel Rolland à l'occasion de la sortie du «Gourou du vin», en estimant que Bordeaux «devrait lui ériger une statue ou baptiser une place Robert Parker».
Il avait obtenu une stature médiatique internationale après être apparu en 2004 dans le documentaire «Mondovino» de Jonathan Nossiter, pamphlet sur la globalisation du goût et la mondialisation de la production du vin. Le cinéaste-sommelier américain le qualifiait de «corsaire espiègle» et de «Spielberg du vin». En réponse, Michel Rolland qualifiait Jonathan Nossiter de «janséniste altermondialiste».