«Le secteur est en crise!»
Le Valais débloque 1,6 millions pour sauver les viticulteurs

Le Conseil d'Etat valaisan débloque 1,6 million de francs pour sauver le secteur vitivinicole en crise. Une promotion nationale des vins AOC Valais et l'arrachage de vignes infestées figurent parmi les mesures immédiates.
Marion Granges récolte le raisin «Chambourcin», le 16 octobre 2019 au Domaine de Beudon à Fully en Valais. (Image d'illustration)
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

Le Conseil d'Etat valaisan entend soutenir le secteur vitivinicole avec deux crédits pour des mesures immédiates, d'un montant total de 1,6 million de francs. Il répond ainsi à deux postulats urgents adoptés en décembre dernier par le Grand Conseil. Il renonce toutefois à mettre en oeuvre une vendange en vert, jugée trop coûteuse pour un impact limité.

«Confronté à la concurrence des vins étrangers, à la baisse générale de la consommation d'alcool et à la pression des coûts de production, le secteur vitivinicole est en crise, en Suisse en général et en Valais en particulier», note le Canton du Valais dans un communiqué mercredi. Le Conseil d'Etat propose ainsi deux crédits alloués à des mesures d'urgence.

Le premier, d'un montant d'un million de francs, doit permettre la mise en place d'une action de promotion des vins valaisans dans le secteur de l'hôtellerie, de la restauration et des cafés dans tout le pays. Construite sur le modèle de l'action «200 pour 1000», la mesure propose que pour tout achat de vins AOC Valais de 1000 francs auprès d'un ou plusieurs producteurs, un bon d'une valeur de 200 francs soit perçu. La mesure devrait être cofinancée par l'Interprofession de la vigne et du vin (IVV) pour un même montant.

Le second crédit – de 600'000 francs – doit soutenir l'arrachage volontaire de vignes dans des secteurs fortement infestés par la flavescence dorée, à raison de trois francs par mètre carré, jusqu'à un total de 25 hectares. Les surfaces concernées doivent être validées par l'Office de la vigne et du vin et doivent être arrachées avant le 20 mai 2026.

Pas d'éclaircissage

Contrairement à ce qui avait été souhaité par le Grand Conseil, le Conseil d'Etat renonce à mettre en oeuvre une vendange en vert. Le gouvernement estime que les fonds nécessaires pour cette mesure – 10 millions de francs – «sont trop importants en regard des effets attendus».

«La suppression temporaire de la récolte sur près d'un dixième de la surface du vignoble valaisan ne pourra que difficilement influencer le marché, ni contribuer significativement à un effet bénéfique sur le prix du raisin», explique-t-il. «Il n'appartient pas aux contribuables valaisans d'assumer financièrement les conséquences d'une de protection à la frontière insuffisante des vins suisses», souligne-t-il.

Le Conseil d'Etat s'engage dès lors fortement pour modifier le mode actuel d'attribution du contingent d'importation des vins étrangers, en privilégiant le principe de la prestation indigène. Celle-ci implique l'obligation d'achat de vin suisse pour obtenir des droits d'importation.

En parallèle, le Conseil d'Etat propose des modifications urgentes de l'ordonnance sur la vigne et le vin. Parmi elles, l'exclusion de la production de raisins AOC Valais sur les vignes non conformes aux bonnes pratiques viticoles ou encore la précision des notions de «vigne abandonnée» ou «mal travaillée».

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