Pouvoir d'achat
Trump a fait perdre de l'argent à la majorité des ménages américains

Essence, logement, emploi, salaires réels: à l'heure des élections de mi-mandat, un constat s'impose: le président Trump n'a pas rendu les Américains plus riches. Ses politiques ont défavorisé les ménages modestes.
1/2
Les droits de douane, la guerre en Iran ou encore la flambée du prix du pétrole mettent les ménages américains sous pression.
Photo: Michael Probst
DSC03380.png
Myret ZakiJournaliste Blick

Trump a-t-il rendu les Américains plus riches? La réponse est négative pour la vaste majorité d'entre eux. Les données chiffrées révèlent d'un côté un enrichissement des catégories les plus aisées, et de l'autre, des difficultés accrues pour une partie des salariés et des ménages modestes.

L'échec principal de Donald Trump sur le front du pouvoir d'achat: le prix de l'essence. En hausse de 37% sur un an, l'essence se situe à l'un de ses plus hauts niveaux depuis 1990. Elle a compté pour plus de la moitié de la hausse de l'inflation en septembre.

Essence et logement plus chers

Cette cherté du carburant se répercute directement sur le pouvoir d'achat des ménages, dans un pays où la voiture reste indispensable pour se rendre au travail. Pour les familles modestes, cette hausse réduit les ressources disponibles pour l'alimentation, les loisirs ou l'épargne.

De même, le prix du diesel, carburant utilisé par les poids lourds et pour les transports de marchandises, a battu son record historique cette année. Et le fioul domestique, utilisé par les ménages américains du nord-est du pays, a explosé de +74,2%.

La flambée de l'énergie est donc la source principale du choc inflationniste de 2026. Mais c'est le logement qui constitue le premier poste de dépenses des Américains. Et il continue lui aussi de peser sur leur pouvoir d'achat.

Les dépenses de logement ont augmenté de 5,8% en 2025. Une hausse qui s'ajoute à des coûts de logement élevés déjà hérités de la période 2020-2024. La moitié des ménages locataires consacraient déjà plus de 30% de leurs revenus au logement en 2024, et plus d'un quart y consacraient la moitié de leur budget.

Enfin, les prix alimentaires ont augmenté de 2,5% en un an, mais ils avaient déjà augmenté de 4,6% l'année précédente.

Coûts des droits de douane et de l'Iran

Les politiques de l'administration Trump sont venues ajouter des coûts à cette inflation. Les droits de douane ont coûté au ménage moyen 1100 dollars par an, d'après l'Université de Yale, et vont renchérir le coût de construction des maisons neuves. La guerre en Iran et la flambée des prix du pétrole ont coûté 1000 dollars de plus au ménage moyen.

Ensuite, la grande loi fiscale et budgétaire de Trump (One Big Beautiful Bill Act), promulguée en juillet 2025, a certes permis aux contribuables de bénéficier de remboursements d'impôts de 340 dollars en moyenne. Mais dans le même temps, elle a fait perdre l'accès à 5 millions d'Américains à l'aide alimentaire publique, qui se verra privée de 211 milliards de dollars d'ici 2035, à travers des restrictions d'éligibilité et d'une diminution de certaines prestations.

La législation précitée a, en général, «favorisé de manière disproportionnée les ménages les plus riches», selon le Congressional Budget Office.

Les ménages aisés sont les grands gagnants

Au-delà de cette loi particulière, les politiques économiques de Donald Trump ont généralement profité aux ménages aisés, calcule The Economist, grâce aux avantages fiscaux et à l'appréciation de la bourse.

Les droits de douane et la hausse des prix de l'énergie ont quant à eux d'abord pesé sur le budget des ménages modestes et des classes moyennes. L'Université de Yale arrive à la même conclusion: les ménages les plus pauvres supportent le poids des restrictions sociales des politiques de Trump, tandis que les ménages aisés tirent mieux profit des réductions fiscales.

Au total, selon The Economist, «les politiques de Trump coûteront 3% de revenu au dixième des Américains les plus pauvres, tandis qu'elles augmenteront de 3% le revenu du dixième des Américains les plus riches. La majorité des ménages y a perdu de l'argent.»

Photo: © The Economist

L'administration Trump avait par ailleurs promis de relancer l'emploi manufacturier. Mais le retour massif des emplois industriels ne s'est pas matérialisé. L'industrie manufacturière américaine affichait encore une perte nette de 21'000 emplois en septembre 2026 par rapport à janvier 2025, malgré une reprise partielle des embauches cette année.

Salaires réels manufacturiers: - 0,7%

Par ailleurs, les salaires des travailleurs d'usine n'ont pas suivi l'inflation. Ils ont progressé de 3,0% sur l'année écoulée (à fin septembre), alors que l'inflation augmentait de 3,7%. Il en résulte une baisse de 0,7% du salaire horaire réel moyen sur un an.

Enfin, les quelque 10% d'Américains qui investissent en Bourse ont été avantagés. La valeur des indices a explosé grâce au boom de l'IA. Depuis 2024, 17'000 milliards ont été ajoutés à la fortune des actions et des fonds de placement en actions. Près de 90% de ces gains ont profité au dixième des ménages les plus riches.

Les 1% les plus riches ont vu leur fortune (actions et fonds de placement) augmenter de 52% uniquement entre le dernier trimestre de 2024 et le deuxième trimestre de 2026, contre une augmentation de seulement 0,6% pour les 50% les moins riches.

Au total, les électeurs américains sont globalement insatisfaits. Près des deux tiers pensent que les politiques économiques de Trump ont détérioré les conditions économiques, selon le Pew Research Center. Cela inclut 35% des électeurs républicains et indépendants aux penchants républicains. Seuls 19% voient une amélioration, et 15% ne voient pas beaucoup d'effet.

Articles les plus lus