En bref
- Au troisième trimestre, les affaires d'UBS se portent mieux
- Le Conseil des Etats veut que les participations de la banque suisse à l’étranger soient couvertes à 90% par des fonds propres de base durs
- Sergio Ermotti affirme qu’UBS examine les conséquences à long terme pour sa compétitivité depuis la Suisse
Sergio Ermotti, le patron d'UBS, peut avoir le sourire: les affaires vont bien. Mercredi, la grande banque a dévoilé ses résultats du troisième trimestre, en hausse sur un an, tant au niveau des revenus que du résultat avant impôts. En parallèle, le vaste chantier de l’intégration de Credit Suisse touche à sa fin. Une fois cette étape franchie, UBS pourra se recentrer pleinement sur ses activités courantes.
Mais tout n’est pas rose pour Sergio Ermotti. Le patron d’UBS voit d’un très mauvais œil les exigences strictes de la Confédération en matière de fonds propres. Lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, il n’a pas mâché ses mots, rapporte Bloomberg. «Nous examinons les conséquences à long terme pour notre compétitivité depuis la Suisse», a-t-il lancé. Si UBS reste attachée à ses racines helvétiques, «un passeport suisse ne suffit plus de nos jours», a averti le banquier. Avant de conclure: «Le résultat du Conseil des Etats en septembre est très préoccupant.»
«Un tournant décisif»
Le patron d’UBS hausse le ton face au monde politique. En novembre 2025, le Tessinois balayait encore les rumeurs d’un départ de Suisse, les qualifiant de «bullshit». Depuis le début du débat sur le durcissement des exigences en matière de fonds propres, Sergio Ermotti et le président d’UBS, Colm Kelleher, n’ont cessé de mettre en garde contre les projets de la Confédération. Selon la direction, des exigences trop strictes concernant les filiales étrangères pèseraient sur la banque et, plus largement, sur l’attractivité de la place économique suisse.
En parallèle, les spéculations sur un possible départ foisonnent. Ces dernières semaines, plusieurs rumeurs ont fait état de discussions autour d’une fusion ou d’un rachat avec de grandes banques étrangères. La banque suisse aurait même élaboré plusieurs plans d’urgence en cas de changement de cap.
Le ton monte
Jusqu’ici, les menaces brandies par UBS depuis la Paradeplatz n’ont pas fait fléchir le Parlement. En septembre, le Conseil des Etats a tranché en faveur d’une couverture de 90% des filiales étrangères de la grande banque par des fonds propres de base durs. Les propositions visant à assouplir ces exigences n’ont, elles, pas trouvé de majorité.
Pour éviter un durcissement de la réglementation, UBS doit désormais convaincre le Conseil national de revenir sur la décision de la Chambre haute. Un défi de taille: la Chambre basse se montre généralement moins favorable aux banques que le Conseil des Etats. Reste à savoir si les déclarations musclées de Sergio Ermotti suffiront à faire pencher la balance et à obtenir un assouplissement des règles.