En bref
- Malgré le conflit autour des fonds propres, UBS passe de la 40e à la 24e place du classement
- La ZKB trône en deuxième place et la BKB en huitième; toutes deux bénéficient d’une garantie de l’État
- La KfW reste en tête de ce classement qui mesure la solvabilité de 500 banques
Le serrage de vis d'UBS fait couler de l'encre en Suisse. La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter veut renforcer les règles pour la grande banque afin d'éviter un nouveau fiasco à la Credit Suisse. Son directeur, Sergio Ermotti, plaide au contraire pour davantage de liberté afin de rester compétitif sur le marché international. Mais qu’en est-il réellement de la solidité et de la solvabilité d’UBS?
Le magazine américain «Global Finance» fournit des éléments de réponse. Son classement passe au crible les 500 plus grandes banques du monde et évalue leur sécurité financière, notamment à travers leur solvabilité. Les établissements suisses s’en sortent haut la main. La Banque cantonale de Zurich conserve sa deuxième place, tandis que la Banque cantonale de Bâle (BKB) reste solidement installée dans le haut du panier, à la huitième position. Les deux établissements maintiennent leur rang de l’année précédente.
UBS grapille 16 places
De son côté, UBS a fait un bond de géant. Classée à la 40e position en 2025, elle termine cette année à la 24e place. Le contraste est encore plus frappant avec 2023, année du rachat de Credit Suisse: UBS pointait alors à la 48e place.
La banque la plus sûre du monde reste la KfW allemande, selon les agences de notation. Elle décroche la première place pour la 17e année consécutive. Cette banque publique appartient à la République fédérale d’Allemagne et aux Länder. A l’image des banques cantonales suisses, elle bénéficie d’une garantie de l’Etat, un atout majeur en matière de sécurité financière. En cas d’insolvabilité, les pouvoirs publics peuvent couvrir ses dettes.
En ne considérant que les banques commerciales dans le classement, UBS se hisserait à la 10e place mondiale.
Raiffeisen est exclu du classement
Mais qu’est-ce qui rend une banque réellement «sûre»? Pour mettre au point son classement, le magazine financier se base sur la solvabilité des institutions. Les trois grandes agences de notation, Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch Ratings, évaluent leur capacité à honorer leurs engagements financiers. Plus la probabilité qu'une banque puisse honorer ses obligations est grande, meilleure est sa note. L’indice «Safest-Bank-Awards» s’appuie ensuite sur ces évaluations pour déterminer le degré de sécurité de chaque établissement.
Le principe est simple: plus les notes attribuées par les agences sont favorables, plus la banque grapille des places dans le classement. Seuls les 500 plus grands établissements bancaires du monde disposant d’une note délivrée par au moins deux des trois agences sont pris en compte.
Ce critère pourrait notamment expliquer l’absence de Raiffeisen Suisse, deuxième groupe bancaire du pays. Son organisation, qui repose sur 208 banques coopératives juridiquement indépendantes, ne lui permet pas d’atteindre le seuil requis pour figurer parmi les plus grands établissements du classement.