Que fait la BNS?
Le franc suisse continue de faiblir face au dollar et à l'euro, et pourrait encore reculer

Le franc suisse continue de s'affaiblir face au dollar et à l'euro, dans un contexte d'appétit pour le risque et d'écarts de taux croissants. Selon ING, la BNS pourrait laisser faire et le franc pourrait encore reculer si les prix de l'énergie augmentent.
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Le franc suisse est sous pression et perd de sa valeur par rapport aux autres devises.
Photo: Shutterstock
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Thomas Marti
Cash

Le franc suisse reste sous pression face aux principales devises. Il s'échange à 0,8132 franc pour un dollar, son niveau le plus élevé depuis le 20 juin de l'an dernier. Face à l'euro, il recule également: la monnaie unique vaut désormais 0,9282 franc, un sommet depuis sept mois.

Un article de «Cash»

Cet article a été publié initialement dans «Cash», un magazine appartenant à Ringier AG, éditeur de Blick.

Cet article a été publié initialement dans «Cash», un magazine appartenant à Ringier AG, éditeur de Blick.

Selon Chris Turner, stratège en devises chez ING Bank à Londres, cette faiblesse s'explique par le contexte mondial des investissements, marqué par une appétence au risque qui reste élevée. La hausse des prix de l'énergie pousse toutefois les taux d'intérêt vers de nouveaux sommets.

Dans le même temps, l'écart de rendement entre la Suisse et les Etats-Unis ou la zone euro s'est encore creusé la semaine dernière, alors que le rendement des obligations fédérales suisses à dix ans a continué de progresser, atteignant 0,49%. L'écart avec les bons du Trésor américain à dix ans s'élève désormais à 3,2%, contre 2,72% avec les obligations d'Etat allemandes. Jusqu'à récemment, les acteurs du marché estimaient que l'écart maximal entre les rendements suisses et allemands serait de 2,6%.

Une situation trop calme pour le franc

Concernant l'appétit pour le risque, l'expert d'ING estime également que l'essor des investissements dans l'intelligence artificielle devrait continuer à répondre aux attentes en matière de rendements futurs. Cette hypothèse reste valable pour le moment. La publication des résultats du deuxième trimestre d'Alphabet, prévue après la clôture de la Bourse mercredi, devrait toutefois apporter de nouveaux éléments.

La période estivale, généralement plus calme sur les marchés, ne semble pas profiter au franc suisse. Les investisseurs continuent de privilégier les devises offrant des rendements attractifs tout en constituant une certaine protection contre une nouvelle hausse des prix de l'énergie en cas d'escalade du conflit dans le Golfe, poursuit l'expert en devises de SG. ING continue ainsi de privilégier le dollar américain et la couronne norvégienne, tandis que les devises défensives à faibles taux d'intérêt, comme le yen et le franc suisse, sont délaissées.

Le franc pourrait encore s’affaiblir

Le dollar pourrait continuer à gagner du terrain face au franc au cours des prochains mois. Toujours selon Chris Turner, la Banque nationale suisse (BNS) ne devrait en effet pas intervenir fortement sur le marché des changes pour soutenir sa monnaie. Au contraire, elle pourrait même voir d'un bon œil l'affaiblissement du franc, estime-t-il dans une note adressée à ses clients.

La BNS devrait par ailleurs être l'une des dernières banques centrales à relever ses taux d'intérêt. La hausse des prix de l'énergie et, plus largement, celle des taux d'intérêt creuseraient ainsi davantage l'écart entre les rendements suisses et ceux des autres marchés, selon l'analyse du stratège d'ING.

La pression sur le franc pourrait même s'accentuer. «Si les prix de l'énergie continuaient d'augmenter, le dollar pourrait enregistrer une forte tendance haussière après avoir franchi la zone de résistance comprise entre 0,8150 et 0,8170 franc», explique Chris Turner.

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