Les prix du pétrole sont repartis à la hausse jeudi, au lendemain d'une forte chute provoquée par la victoire écrasante des démocrates aux élections législatives américaines. Le cours du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en janvier, a gagné 3,88% à 98,29 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en décembre, a avancé de 2,72% à 90,52 dollars. La veille, les prix de l'or noir avaient dévissé de plus de 8%, emportés par la vague démocrate aux élections de mi-mandat aux Etats-Unis qui a ravivé les espoirs de désescalade au Moyen-Orient.
Le président américain Donald Trump a reconnu mercredi que la guerre avec l'Iran avait largement contribué à la débâcle de son parti, après un long message publié par le vice-président JD Vance sur X dans lequel il a écrit: «La guerre (en Iran) est la raison de notre défaite.»
«La réaction du marché hier a probablement été un peu précipitée»
«La réaction du marché hier a probablement été un peu précipitée», estime auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital. «La situation avec l'Iran suscite à nouveau des inquiétudes», ajoute l'expert.
Si le gouvernement américain pourrait être mis sous pression pour résoudre le conflit avec l'Iran, «il n'y a pas encore d'accord», rappelle Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management. Selon l'analyste, «Trump sort affaibli d'une élection qui a mis en évidence à quel point la guerre est impopulaire aux Etats-Unis. L'Iran pourrait donc exiger des concessions plus importantes que celles déjà sur la table».
Et «en fin de compte, Trump pourrait encore choisir l'option militaire», ajoute M. Rasmussen, ce qui ferait bondir de nouveau les cours. Le marché continue en outre de surveiller les flux de brut en provenance du Golfe.
Jeudi, les forces armées iraniennes ont affirmé que cinq pétroliers et un remorqueur avaient pris feu après avoir percuté des mines dans la région du stratégique détroit d'Ormuz, au coeur du conflit entre Téhéran et Washington. Les agences de sécurité maritime n'ont pas confirmé cette série d'incidents, alors que Washington assure de son côté avoir en grande partie déminé le détroit.
«Le marché est à nouveau sur les nerfs», note John Kilduff. Sur la semaine, le prix du Brent, référence internationale, reste toutefois en nette baisse: il a perdu plus de 16% depuis sa clôture vendredi soir.