Quelle que soit la décision de l'entraîneur en chef Bine Norcic et de son équipe, des discussions enflammées sont programmées. La légende du saut à skis Simon Ammann suscite encore trop d'émotions chez les gens.
La lutte pour le dernier ticket olympique s'est réduite à deux noms: Simon Ammann ou Felix Trunz. Alors que les délibérations internes se poursuivent, Marco Grigoli, ancien coéquipier du Saint-Gallois, a déjà fait son choix.
«La course est tellement serrée, déclare d'emblée l'ancien sauteur à ski et actuel consultant pour la SRF. Mais j'emmènerais bien Felix avec moi. Simon doit donc malheureusement rester à la maison.» Plusieurs facteurs parlent en faveur du plus jeune dans le duel avec le quadruple champion olympique.
De forts hauts et bas chez Simon Ammann
Il y a d'abord l'impression que Felix Trunz a donnée ces dernières semaines. «Sa courbe de forme est clairement à la hausse. C'est un avantage petit mais décisif en ce moment.» Le week-end dernier, il a été le seul Suisse à sauter deux fois dans les points en Coupe du monde. Avec sa 23e place, le Saint-Gallois a même réalisé son meilleur résultat au plus haut niveau.
Simon Ammann ne s'est classé qu'une seule fois dans le top 30 à Sapporo: «Ses résultats sont trop fluctuants pour moi.» Les phases de sauts très forts alternent trop souvent avec des jours où l'écart avec l'élite mondiale est un peu trop grand.
Ainsi, Marco Grigoli pensait que Simon Ammann allait s'en sortir après sa belle performance lors de la Coupe continentale il y a deux semaines. Mais ensuite, il a connu un samedi mitigé en Coupe du monde avec une 41e place: «Cela m'a surpris négativement. Je pensais qu'il irait jusqu'au bout.»
Un deuxième facteur important
L'entraîneur en chef Bine Norcic a annoncé avant les JO que seule la performance au Japon comptait. «C'est pour ça que Felix s'est mis en pole position le week-end dernier», appuie Marco Grigoli.
De plus, celui-ci souligne: «Les sélections olympiques ne doivent pas être des hommages au passé. Les responsables doivent penser à l'avenir.» C'est là qu'intervient le deuxième facteur qui parle en faveur de Felix Trunz: son âge et son potentiel de développement.
Du point de vue du consultant, l'expérience de Simon Ammann ne compense pas ces arguments. Si cela ne tenait qu'à lui, le Saint-Gallois ne se rendrait donc pas pour la huitième fois aux Jeux olympiques. Le Vaudois Sylvain Freiholz ne se laisse pas aller à une telle déclaration. «Ils sont tellement proches. C'est comme si, en tant que père, tu devais choisir entre ta fille et ton fils», explique-t-il.
«Qu'ils tirent à la courte paille»
Le médaillé de bronze des championnats du monde 1998 a pour cela une idée passionnante. «Les deux devraient se rendre en Italie et s'affronter à l'entraînement», ajoute le Vaudois. Il y aurait ainsi une comparaison directe dans des conditions olympiques.
Mais cette proposition n'est pas réalisable. Comme l'explique la fédération, interrogée par Blick, seuls les trois athlètes autorisés à prendre le départ peuvent participer aux Jeux olympiques d'hiver, même à l'entraînement. Pour Sylvain Freiholz, il ne reste donc plus qu'une possibilité – pas très sérieuse: «Qu'ils tirent à la courte paille. Et le perdant reste à la maison.»
Cette déclaration montre à quel point la situation sera difficile pour Bine Norcic et son équipe d'entraîneurs. Ils doivent maintenant réfléchir intensément à la suite des événements. Une possibilité serait de faire concourir une nouvelle fois Simon Ammann et Felix Trunz directement l'un contre l'autre lors des championnats du monde. La sélection olympique définitive sera communiquée le 26 janvier.