«Je n'avais jamais ressenti ça»
Marco Odermatt méconnaissable à Kvitfjell en super-G

Marco Odermatt a signé son pire résultat en super-G depuis trois ans à Kvitfjell. Sans conséquence au classement, cette contre-performance tombe toutefois mal à l’approche du duel final en géant.
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Marco Odermatt n’a pas réussi à se montrer aussi performant qu’à son habitude lors du super-G de Kvitfjell.
Photo: keystone-sda.ch
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Marcel W. Perren

Kvitfjell reste la seule grande course de la Coupe du monde où la superstar Marco Odermatt n’a encore jamais gagné. Et son premier triomphe devra encore attendre. En Norvège, le Nidwaldien a signé, lors du dernier super-G de la saison, son plus mauvais résultat dans la discipline depuis le 6 mars 2022. A l’époque déjà, il s’était classé 28e… à Kvitfjell. Cette fois, le quintuple vainqueur du classement général de la Coupe du monde a dû se contenter du 19e rang.

Ce résultat n’a rien de dramatique: Marco Odermatt avait déjà assuré le petit globe de cristal du super-G avant cette course. Mais pour le skieur aux 54 victoires en Coupe du monde, la déception est bien réelle sur la piste olympique de 1994. 

«Ce n’est pas une fin très cool», lâche Marco Odermatt après l’épreuve, avant de chercher immédiatement des explications: «Je n’avais encore jamais ressenti cela. Lors de la reconnaissance, l’envie et la motivation me manquaient. Ensuite, au départ, j’ai voulu attaquer, mais d’une manière ou d’une autre, ça n’a pas fonctionné.»

Les analyses des anciens cadors

La question du matériel, notamment sur une neige salée, se pose. Mais Marco Odermatt balaie cette hypothèse: «Dans cette course, j’aurais très probablement été mauvais même avec le meilleur réglage possible.» Après cette épreuve marquée par le doublé de Dominik Paris – vainqueur 24 heures après son succès en descente devant Vincent Kriechmayr et Raphael Haaser –, plusieurs anciens spécialistes du super-G livrent leur analyse.

Champion du monde de la discipline en 2011, Christof Innerhofer, 18e à Kvitfjell juste devant le Suisse, pointe les conditions: «Quand Marco est parti avec le dossard 15, il y avait beaucoup de vent. Il n’a pas bénéficié de bonnes conditions.»

De son côté, Marc Girardelli, neuf fois vainqueur en super-G en Coupe du monde, avance une autre explication: «Même un athlète d’exception comme Marco Odermatt peut ressentir la fatigue après une longue saison. Et je suis convaincu qu’il n’a pas voulu prendre tous les risques avant le duel final contre Lucas Pinheiro Braathen pour le globe du géant.»

Un réglage très sensible

Ancien rival de Marc Girardelli, Pirmin Zurbriggen, quadruple vainqueur du globe du super-G entre 1986 et 1990, met en avant un autre facteur: «Je sais que les réglages du matériel de Marco sont particulièrement sensibles. Cela fonctionne parfaitement quand il est à 100%. Mais dès qu’il est un peu fatigué, ce système devient plus délicat.»

Avant la dernière course, Marco Odermatt compte 48 points d’avance sur Lucas Pinheiro Braathen. Aurait-il été préférable de faire l’impasse sur ce super-G pour se préserver en vue du duel décisif de mardi en géant? «Non», tranche Felix Neureuther: «En tant que skieur, tu travailles dur tout l’été pour pouvoir disputer un maximum de courses. Et je pense que cette contre-performance ne lui fera pas de mal. Au contraire, elle pourrait lui donner un supplément de motivation pour mardi.»

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