À une semaine du début des Jeux olympiques, les sélections annoncées par les pays participants continuent de produire des histoires pour le moins surprenantes. Après le Français Victor Muffat-Jeandet, resté sur la touche et qui a adressé des mots très durs au CIO, c’est désormais un skieur allemand qui doit rester chez lui. Et, une fois encore, la situation ne se règle pas sans remous.
Cette fois, c’est le talentueux Luis Vogt, 23 ans, qui en fait les frais. Et ce, malgré un mois de janvier remarquable. Le week-end dernier encore, lors de la spectaculaire descente de la Hahnenkamm à Kitzbühel, il a signé une solide 8e place. Sur le papier, ses résultats suffisent largement à remplir les critères d’une sélection olympique. Sur le papier seulement. Car pour l'Allemand, le train olympique allemand est déjà parti.
Le Comité olympique allemand (Deutscher Olympischer Sportbund, DOSB) avait en effet transmis sa sélection pour les Jeux d’hiver 2026 avant même les compétitions de Kitzbühel. À ce moment-là, Vogt n’avait pas été retenu.
Un entraînement à Bormio jugé insuffisant
Les responsables allemands ont ensuite tenté, a posteriori, de corriger cette sélection jugée précipitée. Dans une lettre adressée au Comité international olympique (CIO), l’équipe allemande a demandé l’autorisation de nominer Vogt au moins pour les trois entraînements de descente à Bormio. Une manière de lui laisser une chance d’entrer en lice en cas de blessure d’un autre coureur.
Wolfgang Maier, directeur sportif de la Fédération allemande de ski, explique: «Nous ne voulions pas dépasser le quota international, seulement avoir la possibilité d'ajouter un skieur à l'entraînement». Pour l’Allemagne, seul Simon Jocher est actuellement officiellement sélectionné en descente.
Demande refusée
Le CIO a toutefois opposé un refus à cette demande et n’a accordé à Vogt que la participation au dernier entraînement avant la descente. Une solution jugée insuffisante par les spécialistes pour une piste aussi exigeante que celle de Bormio. Wolfgang Maier a donc parlé d’«une solution peu satisfaisante».
Consultant pour la télévision publique allemande, l’expert de l’ARD Felix Neureuther qualifie la situation de «véritable casse-tête» et s’emporte contre l’ensemble du processus de sélection: «Ce règlement me rend fou».
Et Wolfgang Maier de conclure, lucide: «Cela ne sert à rien de chercher des responsables. Nous avons, entre guillemets, nous aussi tout gâché».