Depuis 13 ans, Wendy Holdener figure parmi les meilleures slalomeuses du monde. Pas de longue traversée du désert ou de série d'abandons, un exemple de régularité. La Schwytzoise compte 57 podiums en Coupe du monde, neuf médailles aux championnats du monde et cinq médailles olympiques. Il ne lui manque qu’une chose: davantage de victoires. «Mais on ne peut pas tout avoir», glisse-t-elle.
L'athlète de 33 ans ne pense pas encore à la retraite. «Je me réjouis de l’hiver prochain.» Elle laisse toutefois entendre que les Jeux de Cortina, en Italie, étaient probablement ses derniers JO. Elle ne devrait vraisemblablement pas être présente en 2030. «Je n’ai pas besoin de revivre les Jeux olympiques. Je n’ai pas cette motivation.» Le fait de n’avoir jamais remporté l’or olympique en slalom ne change rien. «Même si je retentais ma chance dans quatre ans, cela ne veut pas dire que je deviendrais championne olympique.»
En février dernier, à Cortina, Wendy Holdener avait terminé au pied du podium lors du slalom olympique. Cette quatrième place représentait une énorme désillusion, l’or étant son grand objectif. Elle y avait consacré tout son été, son automne et son hiver. «C’était trop. J’aurais dû prendre les choses plus à la légère.» A-t-elle des regrets? «Non. Je n’avais jamais gagné l’or en slalom et je voulais mettre toutes les chances de mon côté. Mais ressasser le passé ne sert à rien.»
Changement dans la préparation
Wendy Holdener ne compte toutefois pas lever le pied. Elle continue de se donner à fond et de viser les sommets. Après le départ de son entraîneur Jörg Roten, elle travaille désormais avec Christian Brill. Un choix qui n’a rien d’un hasard. Les deux se connaissent depuis des années. Christian Brill était déjà son préparateur physique et, ponctuellement, son entraîneur de ski. «Maintenant, il cumule les deux rôles. J’apprécie vraiment cela.»
Un changement est déjà prévu dans sa préparation. Wendy Holdener ne retrouvera les pistes de Zermatt que le 18 août, soit trois semaines plus tard que d’habitude. «Cela me laisse un peu de répit. Je peux ainsi effectuer deux cycles supplémentaires d’entraînement excentrique.» L’objectif est d’améliorer le contrôle musculaire afin de compenser la perte d’explosivité liée à l’âge.
«Je suis plus rapide à 33 ans qu’à 25», assure-t-elle. «Ou du moins, c'est le défi que je me lance», ajoute-t-elle avec le sourire. Et les courbatures au début de l’entraînement estival? Elle en a toujours, bien sûr. Mais le plus important est ailleurs: «Comme on dit toujours, je n’ai pas mal aux fesses!»
Vers un retour en super-G
Au printemps, Wendy Holdener et son compagnon Rémy se sont offert des vacances à Palau, en Micronésie. Là-bas, elle a pu s’adonner à l’une de ses grandes passions: la plongée. «Ces longues vacances m’ont fait du bien.» Désormais, son regard est tourné vers l’hiver.
Reste une question: abandonnera-t-elle le géant à l’avenir? Se concentrer uniquement sur le slalom pourrait sembler logique. L’hiver dernier, elle n’a jamais fait mieux qu’une 15e place en géant. «J’y ai pensé», reconnaît-elle. «Mais cette discipline me fait du bien.»
C’est aussi pour cette raison qu’elle souhaite refaire du super-G, à l’entraînement comme en compétition. «La sensation de vitesse m’aide en géant.» Elle prévoit de s’aligner les 18 et 19 décembre à Saint-Moritz, dans les Grisons.
Elle se réjouit des Mondiaux en Valais
Le grand rendez-vous de la saison aura lieu en février, avec les Championnats du monde à domicile à Crans-Montana, en Valais. «Enfin un slalom en Suisse! J’ai hâte d’entendre les encouragements dans l’aire d’arrivée et de vivre cette ambiance. Je veux m’en imprégner.»
Elle ne veut toutefois pas se mettre trop de pression. Les Jeux olympiques de Cortina lui ont servi de leçon. «Je veux prendre du recul et me libérer de la pression. J’ai déjà vécu des Mondiaux à domicile à Saint-Moritz en 2017. J’ai beaucoup d’expérience.»
Et les Jeux olympiques de 2030 en France? Wendy Holdener ne ferme finalement pas totalement la porte. «Tant que j’aime skier, que je suis en bonne santé et que je peux suivre le rythme de la compétition…», dit-elle, hésitante. Puis elle sourit: «Qui sait, peut-être que je skierai encore en 2030.»