Les experts sont divisés
Wendy Holdener devrait-elle arrêter de s'aligner en géant?

En grosse difficulté, Wendy Holdener a terminé mardi à la 37e place du géant de Kronplatz. Des experts se demandent si elle ne devrait pas se concentrer uniquement sur le slalom.
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Malade, Wendy Holdener a totalement manqué sa course lors du géant de Kronplatz.
Photo: AFP
Mathias Germann

«Je n'ai pas trouvé la solution.» Wendy Holdener était abattue mardi lorsqu'elle s'est présentée au micro de la SRF pour évoquer sa course lors du géant de Kronplatz. En Italie, la Schwytzoise a terminé la première manche à plus de quatre secondes de la Suédoise Sara Hector, sans avoir commis de grosses erreurs. 37e rang et élimination. Une grosse claque.

«Dans la première partie, j'avais un bon feeling, les virages étaient fluides, a expliqué Wendy Holdener. Mais j'ai quand même perdu sept dixièmes. Après, j'étais toujours en retard. Je n'ai pas trouvé mon rythme.» De quoi nourrir les critiques. Devrait-elle uniquement se concentrer sur le slalom?

Deux podiums en géant

C'est en tout cas ce qu'avait affirmé Didier Bonvin, entraîneur de longue date chez Swiss-Ski, après la 30e place de la Schwytzoise lors du géant d'ouverture à Sölden. «Si je pouvais donner un conseil à Wendy, ce serait de laisser tomber le géant et de se concentrer sur le slalom. C'est là qu'elle a des chances de remporter des médailles», avait-il confié à «Ski Actu».

Pourtant, Holdener a terminé 17 fois dans le top 10 d'un géant lors de sa carrière. Parmi les skieuses helvétiques encore en activité, seule Lara Gut-Behrami a fait mieux. En 2019, elle avait terminé 3e à Courchevel, tout comme à Kranjska Gora l'année suivante. En mars dernier, lors des finales de Coupe du monde, elle avait obtenu une honorable 7e place.

Cet hiver, en revanche, ses performances laissent à désirer, ne faisant pas mieux qu'un 15e rang à Semmering. Ses autres résultats? 18e à Copper Mountin, 17e et 24 à Tremblant et 23e à Kranjska Gora. De quoi laisser planer le doute sur l'utilité de concourir dans cette discipline, alors qu'elle s'est toujours classée dans le top 10 lors des sept slaloms de l'hiver, avec quatre top 5.

Utile pour le slalom

«Je pense que Wendy devrait continuer à s'aligner en géant, estime Didiey Plaschy, consultant à la SRF. Notamment parce qu'elle figure toujours parmi les 30 meilleures mondiales. Le Valaisan, qui s'est retiré du cirque blanc en 2001, ajoute: «Cette discipline l'aide à plusieurs niveaux. En slalom, Wendy est une athlète qui aime prendre beaucoup d'angle et skier beaucoup sur les carres. Le géant l'oblige à utiliser cette technique de manière plus dosée et contrôlée.» Cette discipline étant la plus exigeante techniquement, elle aide la Schwytzoise à perfectionner ses mouvements.

Disputer une autre discipline est bénéfique pour l'athlète de 32 ans. Le géant aiguise son sens du rythme, lui offre de la variété et lui permet de se familiariser avec la piste à une vitesse plus élevée qu'en slalom. De plus, se concentrer uniquement sur le virage court pourrait provoquer un blocage sur le plan psychologique en cas de contre-performances répétées.

Holdener a caché sa maladie

Mais un autre détail crucial explique pourquoi Wendy Holdener a totalement manqué sa course mardi à Kronplatz. Elle était malade, mais n'a préféré rien dire. Un peu comme avant le slalom de Levi, où elle a réalisé sa moins bonne performance de l'hiver dans la discipline (8e). La Schwytzoise était alors tombée à l'entraînement et souffrait d'un genou.

Elle ne veut se chercher aucune excuse. Cette attitude l'honore. Mais, dans le cas du géant, cela peut aussi se retourner contre elle. Elle a besoin de retrouver la confiance dans cette discipline et les mauvais résultats ne font qu'accroître les médisances et augmenter la pression sur ses épaules.

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