«Il faut que le ressenti soit bon»
Un point d'interrogation derrière le retour de Corinne Suter

Corinne Suter reprend enfin la compétition à Zauchensee, cinq ans après sa première victoire en Coupe du monde. Freinée par une blessure en novembre, la Suissesse avance avec prudence mais confiance.
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Après 35 jours de pause, Corinne Suter entamera-t-elle enfin sa saison ce week-end? Elle effectue le premier entraînement à Zauchensee. Son départ en course est incertain.
Photo: Sven Thomann
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Mathias Germann

Zauchensee, en Autriche, a quelque chose de magique pour Corinne Suter (31 ans). C’est ici qu’elle avait décroché, il y a cinq ans, sa première victoire en Coupe du monde. Depuis, les globes de cristal en descente et en super-G, l’or mondial et olympique ont suivi. «J’aime énormément cet endroit. C’est agréable de reprendre ici», glisse-t-elle après le premier entraînement de descente.

Reprendre, justement. Contrairement à ses concurrentes, l’hiver de Corinne Suter ne débute que maintenant. Il y a 35 jours, la Suissesse avait chuté à l’entraînement à St. Moritz (GR), se blessant au bas de la jambe (déchirure musculaire), au genou (contusion) et au pied (fracture non déplacée).

Les douleurs s'en sont allées

«Je suis contente de pouvoir à nouveau skier.» Qu’elle ne joue pas la victoire comme en 2020 n’a rien de surprenant. Lors d’un entraînement raccourci en raison du brouillard et des chutes de neige, Suter termine 36e à 2’’29. «J’ai besoin de temps et de kilomètres. J’avance pas à pas, je me rapproche progressivement. J’espère que cela va continuer ainsi.»

La semaine dernière, à San Pellegrino (Italie), elle avait retrouvé pour la première fois sa combinaison de course et les portes. «Les médecins ont donné leur feu vert. Ensuite, c’était une phase de reprise progressive. Est-ce que ça fait mal? Est-ce que ça passe? Est-ce que j’ai des douleurs? Ce sont les questions que je me posais.»

Les réponses ont été rassurantes. «Je n’ai pas de douleurs», assure-t-elle. Mais cette pause d’un mois a laissé des traces. «En ski, il y a des mouvements qu’on ne peut pas travailler, même en préparation physique. Il faut skier pour que les muscles fins s’y réhabituent.»

«La pause n’a pas été dramatique»

Et sur le plan mental? Avant sa blessure, Suter affichait une vitesse impressionnante, peut-être la meilleure de sa carrière. «Je n’ai pas regardé les courses à la télévision. Mais la pause n’a pas été dramatique non plus. Quand on est arrêtée pour une opération, c’est bien plus difficile. Là, c’était simplement une pause forcée.»

Elle ne sait pas encore si elle prendra le départ samedi au Kälberloch. La décision dépendra des sensations et de la réaction de son pied. «Il faut que le ressenti soit bon. Et je vais observer comment le pied supporte la charge.»

Vonn temporise avant les JO… vraiment?

Quoi qu’il arrive, son retour réjouit ses coéquipières. «Elle m’a énormément manqué», sourit Jasmine Flury. La jeune spécialiste de vitesse Malorie Blanc abonde: «Corinne est cool. J’espère qu’elle va vite retrouver la confiance».

Lors de cet entraînement peu révélateur, la Suissesse la plus rapide est Joana Hählen, 7e à 0’’84. Et Lindsey Vonn? Elle termine 50e à 3’’30, visiblement affaiblie par un refroidissement. «Ce n’est rien de grave. Je ne pousserai de toute façon à fond qu’en février, aux Jeux olympiques. Avant, ça n’a pas de sens.» Son grand objectif reste inchangé: l’or à Cortina.

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