«Doigts encore engourdis»
Michelle Gisin se bat pour revenir après son grave accident

Un accident, plusieurs opérations, des mois de convalescence. Aujourd'hui, Michelle Gisin se bat pour revenir en Coupe du monde et planifie son mariage avec Luca de Aliprandini.
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Malgré les blessures, le sourire de Michelle Gisin est toujours au rendez-vous.
Photo: BENJAMIN SOLAND
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Mathias Germann

Les cicatrices sur le corps de Michelle Gisin sont bien visibles: au cou, à la nuque, au genou, à la main. Elles resteront. Malgré tout, la skieuse de 32 ans se dit reconnaissante: «Cela aurait pu être bien pire. Il s’en est fallu de peu pour que je me retrouve en fauteuil roulant».

Près de cinq mois se sont écoulés depuis sa grave chute à Saint-Moritz. Le diagnostic est impressionnant: rupture des ligaments croisé et interne du genou, deux tendons de l’épaule endommagés, main droite écrasée. «Trois doigts sont encore engourdis aujourd’hui», confie-t-elle.

Les blessures les plus préoccupantes concernaient toutefois la colonne cervicale: un éclat d’os s’était logé entre deux racines nerveuses. «Les médecins l’ont retiré comme un livre d’une étagère, explique Michelle Gisin. Le disque intervertébral était également déchiré. Ensuite, ils ont tout stabilisé avec des vis.»

À Crans-Montana 2027

Aujourd’hui, elle s’entraîne prudemment dans la salle de musculation de l’école de sport d’Engelberg, là même où sa carrière a débuté. Son palmarès est déjà remarquable: médailles mondiales, deux titres olympiques et des podiums dans les cinq disciplines de la Coupe du monde. Reste à savoir si elle pourra enrichir encore ce bilan. «Je veux retourner sur les skis, passer quelques portes de géant. Je verrai alors si je peux et si je veux revenir.»

Initialement, l’hiver passé devait marquer la fin de sa carrière, avec en point d’orgue les Jeux olympiques de Cortina d'Ampezzo. Désormais, une nouvelle perspective l’attire: les Mondiaux 2027 à Crans-Montana. «J’y serai, comme athlète ou comme ambassadrice», dit-elle en souriant.

Après l’accident, tout s’est enchaîné rapidement: secours, examens, transfert à Zurich, opérations. Elle est restée douze heures sous anesthésie générale. À l’hôpital, elle a perdu plus de huit kilos. «J’en ai repris trois», précise-t-elle.

Mariage à l'horizon

La convalescence a été éprouvante. Habituée à être en mouvement, Michelle Gisin a dû rester alitée. Ses nièces de trois ans lui ont apporté un peu de légèreté: «Je leur ai lu d’innombrables histoires». Elle a aussi suivi les Jeux olympiques à la télévision, en plaçant devant elle ses médailles d’or de Pyeongchang et de Pékin: «Cela m’a rappelé de ne pas me plaindre, mais d’être reconnaissante.»

Les réseaux sociaux n’ont en revanche pas aidé. Elle a récemment supprimé Instagram: «D’autres reviennent plus vite après des blessures. Je sais que je ne devrais pas me comparer, mais je l’ai fait. Ça me tirait vers le bas.»

Malgré tout, elle avance. Et un heureux événement approche: son mariage avec Luca de Aliprandini. La cérémonie civile aura lieu à Engelberg, avant une célébration religieuse à Riva del Garda. «Nous avons réduit la fête. Elle sera plus courte et plus intime que prévu. Mais elle sera belle». Quant à la suite, elle reste ouverte: «Si je ne peux plus revenir comme skieuse, tant pis. Je suis reconnaissante pour tout ce que j’ai vécu et gagné. Et surtout d’être à nouveau en bonne santé».

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