Un Valaiso-Belge en ski alpinisme
Maximilien Drion, ce représentant du plat pays qui veut conquérir la montagne

Habitant de Vercorin mais représentant de la Belgique aux JO, Maximilien Drion veut décrocher une médaille en ski alpinisme. Blick l'a rencontré en Valais avant son départ pour Bormio.
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Maximilien Drion va représenter la Belgique aux Jeux olympiques.
Photo: keystone-sda.ch
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Matthias DavetJournaliste Blick

Le pauvre Maximilien Drion a fait parler de lui avant même l'ouverture des Jeux. Le Belge avait reçu l'un des plus beaux honneurs possibles pour un athlète, à savoir être désigné porte-drapeau de sa fédération pour la cérémonie d'ouverture. Mais le train entre Sierre et Milan en a décidé autrement et le skieur alpiniste a dû faire l'impasse. Peut-être pourra-t-il se rattraper dimanche, à Vérone, pour la cérémonie de clôture.

Avant cela, il y a quand même des compétitions. L'athlète de Vercorin (VS) est engagé dans cette nouvelle discipline qu'est le ski alpinisme, jeudi, en individuel. Blick l'a rencontré sur les hauteurs de Sion, une semaine avant le début des Jeux, pour lui demander comment ce représentant du plat pays comptait conquérir la montagne.

Grâce au ski club du village

C'est à l'été 2008 que la famille Drion a débarqué en Valais, alors que le jeune «Max» avait 11 ans. «Ça a toujours été un rêve de mon père de nous installer ici et il a réussi à convaincre ma mère, sourit le fils. Il venait en vacances à Vercorin depuis qu'il avait 2 ans.» Le Belge y a poursuivi son cursus scolaire qu'il l'a ensuite mené au Collège de Saint-Maurice. L'histoire ne dit pas si ses années de chimie là-bas lui ont donné un avantage dans sa compréhension de la science de la neige. Toujours est-il qu'il a terminé ses études à la HEC, en management, avant de se lancer dans une carrière de sportif.

Car depuis tout petit, Maximilien Drion aime gambader dans les montagnes autour de chez lui. «L'hiver après mon arrivée en Suisse, je mettais déjà les skis de randonnée, précise-t-il. J'ai découvert ce sport grâce au ski club du village, qui avait mis en place une initiation. Avec ma sœur, on a accepté de tester et ça a été un coup de foudre immédiat.» Un choix qui, 17 ans plus tard, l'a mené aux Jeux olympiques.

L'esprit familial du skimo

Ce qui lui a rapidement plu dans son nouveau sport, c'est l'endurance. «Pas celle des ultra-trails, tempère le Valaiso-Belge. Mais par exemple, en athlétisme, j'étais meilleur sur 1000 m ou en cross l'hiver. Il y a aussi un goût de liberté que j'ai directement aimé.» Rapidement, il participe à ses premières courses officielles en ski alpinisme. «En 2013, je fais top 10 dans les trois disciplines alors qu'il me reste encore une année en cadets. Je remarque que les médailles sont atteignables.»

Et il y a aussi l'esprit familial qui se dégage du ski de randonnée: «On est un sport très communautaire et soudé, s'exclame-t-il. Oui, on a désormais plus d'enjeux avec les Jeux, mais on sait faire la part des choses.» Car, ce jeudi, le Belge va faire partie des pionniers qui vont, pour la première fois de l'histoire olympique, participer au sprint du skimo.

Une blague belge?

Celui qui a le passeport suisse depuis 2016 a dû se poser la question, l'année suivante, s'il souhaitait plutôt représenter le plat pays ou la croix blanche. «J'aimais bien être le petit Belge qui faisait un peu tâche au milieu des drapeaux français, suisses, italiens ou espagnols dans le top 10, se marre-t-il. Cette originalité m'a aussi permis d'avoir davantage de visibilité. Les gens pensent que c'est une blague belge. Mais ça n'a jamais été un choix facile.»

Celui qui est désormais entouré d'une quinzaine de personnes dans son staff (physios, médecins, coachs, nutritionniste, etc.) a grandi avec son sport. Jusqu'à rejoindre l'Olympe, en cette année 2026. «Je me souviens que ça a été annoncé il y a cinq ans, se rappelle-t-il. Je venais d'obtenir ma première victoire – la seule à ce jour en Coupe du monde. Ce jour-là, j'ai commencé à prendre conscience de ma légitimité.» De quoi avoir envie de se donner à 100% dans son sport jusqu'à l'échéance de Milan-Cortina.

Les mêmes entraînements, été et hiver

Sa qualification, il l'a obtenue tout seul. «Il fallait d'abord faire partie des six meilleures nations et, comme je suis l'unique représentant belge, personne n'a pu marquer des points, détaille-t-il. Dès que j'ai obtenu ma place, ça a été un gros stress en moins et j'ai pu préparer sereinement ma saison olympique.»

Cela passe aussi par une préparation estivale, qui s'articule énormément autour du trail. «Ce sont les mêmes sports, avance Maximilien Drion. L'essence, c'est de se déplacer en montagne. À peu de choses près, je m'entraîne aux mêmes endroits été et hiver.»

L'objectif de la médaille

Tout comme avec le trail et le ski alpinisme, l'athlète de 28 ans ne peut pas choisir entre le Valais ou la Belgique. «Les journaux aiment bien dire que je suis le plus Belge des Valaisans, ou l'inverse. Personnellement, je suis fier d'être belge, mais mon amour pour la montagne n'est pas possible là-bas. Mon style de vie est donc davantage valaisan.» Si sur ses skis en Coupe du monde, le drapeau du plat pays côtoie celui à croix blanche, ce ne pourra pas être le cas aux JO.

Peu importe: ce jeudi, c'est une médaille qu'il visera. «J'ai travaillé sur les petits détails techniques et j'ai réduit l'écart qui me séparait des meilleurs, promet-il. Il faut juste que tout soit parfait le jour J et, si c'est le cas, je n'ai pas de doute sur le fait qu'une médaille sera autour de mon cou.» Ce qui serait la première pour un skieur belge aux JO.

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