Thomas Weir, skieur valdo-sud-africain
«J'ai dû demander congé au gymnase pour aller aux Jeux»

Skieur de Gland, Thomas Weir va participer à ses premiers Jeux olympiques sous les couleurs de… l'Afrique du Sud. Le jeune homme de 17 ans a discuté de son expérience avec Blick, dans un café de Bormio.
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Thomas Weir (au centre) a réalisé une célébration pour ses amis à Livigno lors de la cérémonie d'ouverture.
Photo: Getty Images
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Matthias DavetJournaliste Blick

Thomas Weir s'est fait remarquer aux yeux du monde vendredi passé, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Milan-Cortina. Ce Vaudois, qui possède également le passeport de l'Afrique du Sud, a décidé de représenter la nation de son père lors de ces JO d'hiver. En débarquant sur la neige de Livigno et devant les caméras, il a fait une petite célébration digne de certains footballeurs. «C'était une sorte de défi avec des potes», avoue en riant le skieur qui va concourir en géant (samedi) et en slalom (lundi).

Dans un café de Bormio, deux jours avant sa première course, le principal intéressé a des étoiles dans les yeux en parlant de son expérience olympique pour le moment. «Vivre cette cérémonie d'ouverture, ça m'a paru assez irréel, souffle-t-il. Je marchais à côté de stars et c'était vraiment trop bien.» Le rêve, pour tous les jeunes de 17 ans fan de sport. «J'essaie de prendre le maximum de plaisir en étant à côté de ces grands noms et, en essayant de ne pas trop les déranger, je leur demande parfois un selfie ou un échange de pin's», sourit le Sud-Africain. À son «tableau de chasse», il a déjà accroché l'Américain River Radamus ou le Français Clément Noël.

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Première fois sur les skis à 3 ans

D'aussi loin qu'il s'en souvienne, Thomas Weir n'était pas prédestiné à devenir skieur alpin. «La première fois que mon père a mis des skis au pied, il devait avoir 35 ans, se marre le fils. Moi, j'avais 3 ans mais il a fallu attendre mes 11 ans pour que je commence les compétitions au sein du Ski Club de Nyon.» De son propre aveu, le gymnasien n'était pas le plus rapide à cet âge. «J'étais presque un des pires, admet-il. Puis, j'ai eu de la chance d'être pris au sein de Ski Romand (ndlr: une association qui encadre les meilleurs athlètes) et ça a été un bon changement.» Petit à petit, il progresse.

Sa première année sur le circuit junior, il l'a passée avec un drapeau suisse à côté de son nom. «Puis, j'ai changé de nationalité sportive car je voulais représenter un pays qui ne l'était quasi pas dans ce sport», souligne Thomas Weir, sud-africain par son papa. Sans parler d'opportunisme, le jeune skieur sait aussi que, s'il a la chance de participer à ces Jeux de Milan-Cortina, c'est grâce à son double passeport. «La Suisse, c'est clairement la nation où il y a le plus de concurrence pour se rendre aux JO et ça aurait été très compliqué, ajoute-t-il. Avec l'Afrique du Sud, c'est une grosse opportunité qui se présente.»

Son papa l'aide beaucoup

Mais Thomas Weir n'a pas non plus volé son passeport. «Je me sens hyper attaché à l'Afrique du Sud», s'exclame-t-il. S'il a toujours une grand-mère à Durban, il avoue par contre ne pas pouvoir s'y rendre autant qu'il le voudrait: «Depuis le Covid, c'est devenu plus compliqué. En plus, les vols sont longs et chers.» Il espère tout de même que sa prestation fasse honneur à son pays.

Toujours au niveau de la famille Weir, c'est le papa, Robert, qui s'occupe de la carrière de son fils. «Ce sont mes parents qui financent quasi tout, dévoile le gymnasien qui ne reçoit pas d'aide de la fédération. Mon père fait aussi office d'entraîneur, sevice-man et coach mental.» L'homme qui travaille dans les finances va être rejoint, pour les courses olympiques de Thomas, par sa femme et sa fille. Quant à la grande-mère, elle va tenter tant bien que mal de soutenir son petit-fils depuis Durban. «Ils ont perdu les droits télévisés il y a deux mois, donc on va voir comment elle peut faire, explique le skieur de Gland. Là-bas, tout le quartier sait que je vais participer aux JO (rires).»

«Le motif des JO»

Dans son Gymnase Auguste-Piccard de Lausanne également, c'est devenu une petite star: «Mes amis sont contents, même s'ils se moquent parfois un peu de moi en disant: 'Thomas, celui qui va aux Jeux.' Ça reste bon enfant.» Le Vaudois avoue avoir reçu beaucoup de soutien de la part de ses camarades et de certains professeurs.

En sport-études, il a tout de même dû prendre des prédispositions pour abandonner durant quasi deux semaines les cours. «Oui, j'ai dû faire une demande de congé pour venir aux Jeux, explique-t-il. À la base, je l'ai faite sans justificatif. Quand un enseignant m'en a demandé un, je lui ai donné le motif des JO. Là, il m'a dit que c'était bon (sourire).»

D'un point de vue sportif, Thomas Weir sait qu'il ne pourra pas jouer tout devant. «L'objectif principal, c'est de finir la course, avoue le Valdo-Sud-Africain. Il ne faut pas prendre de risque et faire deux manches solides.» Si le skieur de Gland ne va pas monter sur le podium avec les Marco Odermatt ou Loïc Meillard, il pourra au moins rentrer en Suisse en disant qu'il a skié dans leurs traces.

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