Au moment de se présenter à l'interview, Michael Fora, comme toujours, paraît de bonne humeur. Accepte-t-il de parler en français, une langue qu'il maîtrise plus que bien (et plus que l'italien pour l'auteur de ces lignes...)? La réponse fuse avec un grand sourire: «Bien sûr». De toute façon, le futur Lausannois n'a pas le choix, non? «J'aurai cinq ans pour parfaire mon français», rigole-t-il en référence à son contrat de longue durée signé avec le Lausanne HC.
Puisque nous sommes sur les spécificités régionales, parlons de ce Suisse - Italie de mardi. Lorsque l'on est tessinois, est-ce vraiment spécial de jouer cet adversaire, comme un Suisse - France en football n'est pas anodin pour les Romands? «Lorsque tu es Tessinois, affronter l'Italie, ce n'est jamais anodin. Même si je m'intéresse à tout ce qui se passe en Suisse, la plupart des infos qui me parviennent via les réseaux sociaux viennent d'Italie.»
Et voit-il ce duel comme un derby autant que les Romands pourraient le voir avec la France en football, par exemple? «En hockey, c'est tout de même plus compliqué, précise-t-il. Nous ne nous affrontons pas suffisamment pour qu'une telle rivalité ne se soit instaurée.»
La joie de jouer «à domicile»
Il avoue toutefois qu'un de ses bons amis, Diego Kostner, est présent dans le vestiaire d'en-face. «Nous avons joué ensemble à Ambri, précise-t-il. Nous nous sommes croisés l'autre jour au village olympique lorsque l'affiche n'était pas encore connue. Ce n'était qu'une possibilité. Nous en avons rigolé. Mais je crois que nous nous réjouissons les deux de ce duel entre la Suisse et l'Italie. Je connais aussi Tommaso De Luca qui joue à Ambri et Giovanni Morini à Lugano. Mais nous n'avons jamais évolué ensemble.»
Mais au-delà de ces accointances géographiques, Michael Fora trouve un avantage dans ces Jeux olympiques à Milan. La proximité avec le Tessin, évidemment. «J'ai déjà participé en 2022 à Pékin, nous rappelle-t-il. C'était en période de Covid donc cela n'a rien à voir avec ce que nous vivons actuellement. Là, ma maman et ma sœur sont venues voir des matches. Cela change tout à l'expérience que nous vivons.»
Tout juste remarque-t-il qu'il est le seul Tessinois de cette sélection suisse. «Il y a souvent Dario (ndlr Simion). Mais c'est vrai qu'il n'y en a aucun d'autre durant ces Jeux olympiques. Il faut croire que ce match est surtout spécial pour moi ce mardi (rires).» Et pour sa famille qui sera présente dans la patinoire de Rho, au Nord de Milan. À un jet de puck de son Tessin natal. «C'est quand même spécial de vivre ça si proche de chez moi. Après avoir vécu les masques en Chine, c'est une expérience tellement différente. J'essaie d'en profiter au maximum.»