Marco Odermatt a complété sa collection de médailles olympiques. Déjà doré lors du géant de Pékin il y a quatre ans, le Nidwaldien a remporté l'argent en combiné par équipes à Bormio ce lundi, avant de décrocher le bronze deux jours plus tard, lors du super-G. Un palmarès que des centaines de skieurs rêveraient d'avoir. Sauf que pour l'un des meilleurs skieurs de l'histoire, cela a un goût amer.
Le natif de Buochs s'était rendu dans le nord de l'Italie avec l'ambition d'égaler, voire de dépasser les légendes Toni Sailer (Cortina 1956) et Jean-Claude Killy (Grenoble 1968), qui avaient chacun décroché trois médailles d'or lors d'une seule édition olympique. Ce rêve s'est brisé dès lundi, après que Marco Odermatt (en compagnie de Loïc Meillard) a obtenu la médaille d'argent lors du combiné pa équipes. Car lors de la descente olympique, «Odi» n'était même pas monté sur le podium.
Le dossard 10: une bonne nouvelle
«J'ai remporté le bronze et tu dois être heureux avec une médaille olympique, débute-t-il après le super-G. Mais je voulais l'or.» Finalement, il a dû à nouveau le laisser à son jeune coéquipier Franjo von Allmen qui, lui, a rejoint les grands noms en décrochant trois titres olympiques lors de ces Jeux.
Ne pas être sur la plus haute marche du podium n'a toutefois pas été une surprise pour Marco Odermatt. «Sur le bas du tracé, j'ai fait 2-3 erreurs et c'est clairement là que j'ai perdu l'or», analyse-t-il.
Au moment de franchir la ligne, le skieur suisse a fait la moue. «Avec le dossard No 10 et en étant troisième, ce n'est normalement pas suffisant pour être sur le podium.» Le Nidawldien sait aussi qu'il a été un petit peu avantagé par son numéro: «Les premiers étaient plus rapides, car la piste est devenue de plus en plus lente, souffle-t-il. L'avantage, c'est que les skieurs derrière moi n'avaient quasi aucune chance.»
«Le géant est important»
«Odi» ne sait pas encore si, avec cette médaille autour du cou, il va faire la fête avec Franjo von Allmen ce mercredi soir dans les rues de Bormio. Il faut dire que les Jeux du Bernois sont finis, alors que son compatriote a encore un géant, samedi. «Cette course est importante et je n'ai pas les batteries au top, concède-t-il. La saison est longue, même si c'est pareil pour tous les athlètes.»
Un peu déçu, Marco Odermatt aura donc la chance de se rattraper dans quelques jours. Mais, quoiqu'il arrive, ces JO auront un goût amer pour le Nidwaldien. «C'est une autre chance, la dernière pour moi de gagner l'or.»