«Des têtes doivent tomber»
Le relais olympique secoue le monde du ski de fond

Le relais masculin de ski de fond aux Jeux olympiques crée de vives polémiques. Les Norvégiens, vainqueurs, ne reçoivent qu’une sanction symbolique après une infraction au règlement. Quant aux Suédois, derniers à l’arrivée, ils essuient de sévères critiques.
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Le relais norvégien célèbre sa victoire olympique. Après la course, l’équipe reçoit une petite sanction.
Photo: imago/Bildbyran
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Dominik Mani

Dimanche, la Norvège, emmenée par Johannes Høsflot Klæbo, a remporté le relais olympique 4×7,5 km masculin devant la France et l’Italie. Pour la superstar norvégienne Johannes Høsflot Klæbo, il s’agit de la quatrième médaille d’or de ces Jeux et de la neuvième de sa carrière olympique, un record absolu.

Tout va donc pour le mieux non? Et bien, pas tout à fait. Car ce triomphe historique laisse un léger goût amer. Peu après la course, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer un possible avantage dont auraient bénéficié les Norvégiens.

Une polémique avant même le départ

L’incident se serait produit peu avant le départ. Selon le journal finlandais «Iltalehti», un membre du staff norvégien aurait effectué des tests sur une piste déjà fermée. Une situation qui a profondément irrité le fondeur finlandais Iivo Niskanen. «C’est intéressant quand les pistes ferment à 11h15 et que je me tiens derrière la barrière pendant que les Norvégiens testent encore leurs skis. Peut-être que ceux de la FIS ne respectent plus les règles comme avant…», a-t-il lancé, visiblement agacé.

L’affaire ne restera pas totalement sans conséquence. L’équipe norvégienne devra se passer d’un technicien de service lors de la prochaine course. Une sanction qui ne devrait toutefois pas bouleverser l’armada scandinave, au vu de sa domination actuelle.

La Suède au fond du trou

Pendant que la Norvège célèbre, la Suède traverse une grosse période de crise. Le relais masculin suédois a vécu un véritable cauchemar: dernier à l’arrivée, avec plus de 45 secondes de retard sur la Suisse, classée neuvième. Une humiliation pour une nation fière de son histoire en ski de fond, deuxième au classement des médailles d’or olympiques derrière la Norvège.

Les athlètes eux-mêmes n’ont pas caché leur désarroi. «C’est gênant. On a honte. En même temps, il faut continuer à se battre. Je donne tout, mais rien ne fonctionne», a confié Calle Halfvarsson à la chaîne SVT Sport après la course.

En interne, les Suédois cherchent des explications et pointent notamment le matériel. «Si nous n’avons pas un équipement aussi performant que les meilleurs, c’est terminé», estime-t-on dans le camp suédois. L’équipe a également été frappée par la malchance: le maître farteur Anders Svanebo, chargé d’optimiser la préparation des skis, était absent pour cause de maladie. Son remplaçant a assumé la responsabilité lors d’une réunion de crise organisée dans la foulée.

Des médias impitoyables

Dans les médias suédois, le verdict est sans appel. Le journal Aftonbladet évoque un «énorme fiasco». Le tabloïd est même allé jusqu’à publier un avis de disparition accompagné d’une photo de l’équipe, avec cette légende mordante: «Quelqu’un a-t-il vu le relais suédois?»

Le quotidien parle d’un «point bas pour le ski de fond masculin suédois» et tranche: «Aujourd’hui, nous sommes de loin les plus mauvais du monde.» Avant d’ajouter, sans détour: «Maintenant, des têtes doivent tomber.»

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