Dmytro Shepiuk tout sourire
«Je suis tellement heureux de porter le drapeau ukrainien aux Jeux olympiques»

Représentant de l'Ukraine, Dmytro Shepiuk a été longuement applaudi après la descente olympique. Blick a rencontré celui qui va participer à toutes les épreuves de ski alpin à Bormio.
1/2
Dmytro Shepiuk n'a pas lâché son sourire à Bormio.
Photo: AP
Blick_Matthias_Davet.png
Matthias DavetJournaliste Blick

Derrière les Suisses et les Italiens, c'est lui qui a été le plus acclamé dans la raquette d'arrivée, lors de la descente olympique de samedi. Sourire communicatif jusqu'aux oreilles, l'Ukrainien Dmytro Shepiuk a longuement salué la foule. En sortant, il a réalisé un dernier signe en direction du ciel. Un 2 et un 0.

Quelques minutes plus tard, Blick arrête le skieur en zone mixte. «Mon anglais n'est pas très bon, mais je veux bien essayer», sourit-il (toujours). Alors que son pays est en guerre depuis quatre ans, Dmytro Shepiuk s'est péparé pour les Jeux. Son signe, un message de soutien? Pas vraiment. «Non non, c'est juste pour dire que j'ai 20 ans», détaille-t-il.

Il est fier qu'à un si jeune âge, il puisse déjà participé à des Jeux olympiques, ses premiers évidemment. «Cette piste était tellement dure», avoue l'Ukrainien. Et pour cause. «Je n'avais jamais fait de descente de deux minutes, détaille-t-il. J'ai certes fait un mois d'entraînement au Chili et quelques Coupes d'Europe.» Son meilleur résultat dans le deuxième échelon du ski alpin? Une 66e et avant-dernière place lors du super-G de Verbier, le 26 janvier dernier.

Avant-dernier, c'est aussi la place qu'il a décrochée samedi, lors de la descente olympique. Sauf que là, il a fait deux fois mieux puisqu'il a fini à la 33e place, à 8"50 du vainqueur, Franjo von Allmen. Seul l'Irlandais Cormac Comerford a terminé derrière lui. Mais ça, Dmytro Shepiuk s'en fiche. L'important était ailleurs. «J'ai bien skié aujourd'hui et je suis juste heureux.» Cela se voit sur son visage.

Toutes les disciplines

Le jeune Ukrainien avait seulement 6 ans lorsqu'il a mis pour la première fois les skis. «Dans mon pays, on a seulement deux bons coaches et les pentes ont toutes de la neige artificielle», raconte-t-il. Forcément, les conditions avec la Stelvio de Bormio ne sont pas les mêmes.

Mais ce dont Dmytro Shepiuk est évidemment le plus fier, c'est de représenter les couleurs jaune et bleu sur la scène olympique, alors que sa nation est en pleine guerre avec la Russie. «Je suis tellement heureux de porter le drapeau ukrainien ici», s'exclame-t-il en tapant avec ses bâtons sur le sol. Et il ne va pas skier une, ni deux, mais bien quatre fois. Quand on lui demande à quelles disciplines il va participer, le jeune homme se marre: «Toutes!» Super-G, géant et slalom? «Oui oui.» Il sera donc en lice ce mercredi, pour à nouveau défier Franjo von Allmen, Marco Odermatt et Cie.

Articles les plus lus