Des Jeux réussis pour Marianne Fatton
«Avant les Jeux, j'aurais signé pour une médaille de bronze. Mais là, c'est fou»

Du côté de Bormio, les Jeux olympiques se sont terminés d'une magnifique manière pour la délégation suisse. Marianne Fatton et Jon Kistler ont remporté l'argent lors du relais en ski alpinisme.
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Jon Kistler et Marianne Fatton ont décroché l'argent en relais mixte.
Photo: Getty Images
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Matthias DavetJournaliste Blick

Habitués à un relatif anonymat en Coupe du monde, les skieurs alpinistes médaillés ont dû faire face à un marathon médiatique. Jeudi, après son titre en sprint, Marianne Fatton avait dû avaler une barre énergétique avant de s'adresser à la presse. Samedi, après son titre de vice-championne, la Neuchâteloise n'avait pas encore mangé au moment de venir en zone mixte. «Je vais commencer à devenir agressive», se marrait-elle.

Une phrase qui a fait rire tout le monde autour d'elle, tant il ne semblait pas possible que la rayonnante habitante de la Roche puisse s'énerver contre qui que ce soit, encore moins après deux médailles olympiques. «L'été dernier, mon copain m'a demandé si je signais pour une médaille de bronze, se souvient-elle. J'ai tout de suite répondu oui. Et là, avoir deux médailles, dont une or… C'est complètement fou.»

«On va bien fêter ce soir»

48 heures après l'or en individuel, Marianne Fatton était de retour sur ses skis de randonnée pour tenter, en équipe aux côtés de Jon Kistler, d'à nouveau monter sur le podium. «Ce matin, j'avais pas mal de pression, avoue la première championne olympique de son sport. Je devais canaliser mes émotions et j'avais envie de bien réussir pour Jon.» De son côté, le Zurichois ne s'est jamais fait de souci: «Je savais que Marianne allait me donner de bons relais et je n'avais qu'à faire ma course (rires).»

De confession de la Neuchâteloise, le duo s'entend très bien en dehors de la piste. Et sur la Stelvio, cela a également été le cas, puisque les deux Suisses ont réalisé une magnifique course, n'étant finalement battus que par les Français Thibault Anselmet et Emily Harrop, ultra-favoris dans la discipline. Mission accomplie. «Je suis tellement contente d'avoir partagé ça avec lui, s'est réjouit Marianne Fatton. Je pense qu'on va bien fêter ce soir.»

Pour Jon Kistler, c'est une belle revanche après sa déception de jeudi, lors du sprint. Le Zurichois aurait pu jouer la médaille, mais il s'est raté après avoir pourtant été excellent en quarts et en demies. «C'est tellement fou… Je n'ai pas les mots», souriait-il après l'argent en relais.

L'or était proche… et loin

Pour celui qui regarde chaque édition des Jeux à la télévision, pouvoir être présent et, surtout, sur le podium, est un rêve d'enfant. Et la Suisse aurait même pu viser l'or, puisque Marianne Fatton était revenue très proche d'Emily Harrop lors de son dernier relais. «On y a un peu cru, avoue la Neuchâteloise. C'était vraiment cool de courir avec un tel suspense, et ça m'a encore plus motivée.»

Jon Kistler a bien tenté de rattraper Thibault Anselmet lors du dernier relais. «Mais au début de la deuxième montée, j'ai compris que je ne pouvais pas le suivre, sinon j'allais exploser, admet le skieur de 22 ans. J'ai plutôt géré, en tentant de faire de bonnes transitions.» Pas suffisant pour décrocher l'or, malheureusement pour le duo à croix blanche.

«Ça nous donne de l'énergie»

Peu importe, le sourire était quand même immense sur leurs visages. Aussi car l'ambiance était folle dans les gradins de Bormio. «C'était un truc de fou, s'exclame Jon Kistler. Tous ces spectateurs, dans les tribunes ou lors de la montée, ça donnait les frissons à chaque fois.»

Marianne Fatton abonde dans le sens de son binôme. «On a tout de suite senti l'énergie dans l'air et ça nous en donne énormément, s'amuse la double médaillée. C'est une expérience inoubliable.»

À voir, maintenant, si le ski alpinisme a suffisamment convaincu le CIO et s'il sera à nouveau présent lors des prochains Jeux. «Oui, ça donne envie de revenir dans quatre ans, dans huit et même, pourquoi pas, dans douze en Suisse», appuie Jon Kistler. En tout cas, les gens qui ont eu la chance d'être à Bormio ce samedi ont apprécié le spectacle et l'ont bruyamment montré.

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