«Comme dans un rêve»
La folle journée des parents de Marianne Fatton

La première fois du ski alpinisme aux Jeux olympiques a été un franc succès. Seule la sécurité dans les tribunes a causé quelques problèmes. Mais au final, c'est la famille de Marianne Fatton qui a pu exulter le plus fort.
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Didier Fatton, le papa et Anna Jaouškova Fatton, la maman, ont vibré pour la médaille d'or de leur fille
Photo: Pascal Mora
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Nicola Abt

Les skis sont attachés, les peaux sont posées. L’un après l’autre, les athlètes glissent vers la ligne de départ. Le nom, la nation et les succès passés apparaissent sur le grand écran. Tout en haut de la liste des résultats obtenus jusqu’à présent, on peut lire: «Premiers Jeux olympiques».

Cette mention provoque des rires dans les tribunes. «Une information totalement superflue», estime quelqu’un. Une Suissesse réplique sèchement: «Ils auraient vraiment pu s’en passer.»

Et pourtant, cette indication illustre parfaitement ce qui se passe ce jeudi à Bormio. L’histoire est en train de s’écrire: le ski alpinisme fait sa première apparition olympique. Et la première championne olympique de l'histoire n’est autre qu’une Suissesse: Marianne Fatton!

Les Belges mettent l'ambiance

Dans les tribunes, ses parents secouent la tête, stupéfaits. «J’ai l’impression d’être dans un rêve. J’espère que je ne vais pas me réveiller d’un coup», dit le père Didier, visiblement bouleversé. Et pas seulement parce qu’il vibre avec sa fille.

Leur «aventure» a commencé tôt le matin, près de Saint-Moritz. Sous de fortes chutes de neige, un groupe de neuf personnes est assis dans le bus lorsque celui-ci s’arrête brusquement. «Nous avons dû descendre et pousser», racontent-ils. En unissant leurs forces, ils parviennent à libérer le véhicule.

À cause de cette opération de sauvetage et des routes glissantes, ils arrivent en retard à Bormio. À ce moment-là, un groupe de Belges mettait déjà une sacrée ambiance avec leurs trompettes. «Ça va être une énorme fête», assure un Italien. Tout le monde n’en est pas encore convaincu, mais après les premières manches, il est clair que ce format a un grand potentiel.

Du grabuge en tribune

La discipline de sprint rassemble en à peine trois minutes tout ce qui caractérise le ski alpinisme. D’abord la montée avec les peaux sur les skis. Puis un portage sur 42 marches, simulant la haute montagne. Arrivé en haut, les peaux sont retirées et il faut finalement descendre à skis jusqu’à la ligne d’arrivée.

Le tout directement sous les yeux des spectateurs. «C’est ainsi que le sport sur place devient vraiment amusant», déclare un fan du Suisse Jon Kistler. «Lors de la descente, on ne voit que quelques secondes, mais c’est spectaculaire.» Alors que les athlètes offrent un magnifique spectacle, la sécurité dans les tribunes pose quelques problèmes.

Deux membres du fan-club d’Arno Lietha ne sont pas autorisés à rejoindre leurs collègues. On leur explique que la tribune inférieure est déjà pleine. Mais en regardant depuis le haut, il y a encore largement de la place. «Très discutable», commentent-ils. Par des chemins détournés, ils parviennent finalement à rejoindre leurs camarades juste à temps pour assister à la finale.

Aux JO 2030

Entre-temps, les tribunes se remplissent. Y aura-t-il autant de spectateurs que pour les courses de ski alpin? Certainement pas. Le prix des billets, un peu plus bas que d’habitude, attire toutefois du monde. «Je n’ai payé que 36 francs», explique un spectateur suisse. Pour les courses de ski, les entrées coûtent souvent plus de 100 francs.

Lors des demi-finales, la famille de Marianne Fatton réussit enfin à atteindre le stade. Jusqu’ici, elle n’avait pas vu une seule seconde de sa fille. «C’était une catastrophe. Vraiment déprimant», raconte son père. Mais la médaille d’or vient vite faire oublier tous les tracas.

Après ce grand succès, un autre enjeu se profile: le ski alpinisme fera-t-il partie des Jeux olympiques de 2030, en France? Les athlètes et leurs performances d’aujourd’hui ont fourni des arguments solides en faveur de sa présence future.

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