«C'est totalement fou»
Avec les proches de Mathilde Gremaud, quand l'or olympique a jailli

A Livigno, le clan Gremaud a mis des couleurs fribourgeoises dans la neige italienne, entre stress, bricolage et ferveur populaire. Jusqu’à l’explosion finale, quand Mathilde Gremaud a conservé son titre olympique sous les yeux des siens. Reportage.
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Mathilde Gremaud a pu fêter avec tous ses proches son deuxième titre olympique.
Photo: PETER KLAUNZER
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Matthias DavetJournaliste Blick

Dans la zone dédiée aux supporters à Livigno, il est presque trop facile de reconnaître le coin dédié au clan Mathilde Gremaud. Il suffit de suivre les drapeaux avec la grue de la Gruyère ou ceux, noir et blanc, du canton de Fribourg. Et si, vraiment, on ne trouve pas, il y avait les bonnets «MG» ou les vestes de La Berra qui nous guidaient.

Avant le premier run de la Fribourgeoise, l'ambiance est détendue chez certains, un peu plus stressante pour d'autres. À commencer par la maman, Chantal: «stressée, mais très heureuse d'être là». L'avantage, c'est que tout comme son mari, elle peut partager son stress avec toutes les personnes autour d'elle, qui sont là autant pour soutenir la fille que la maman.

C'est la première fois que les parents de Mathilde Gremaud peuvent assister à une épreuve olympique de leur protégée. En 2018, ils n'avaient pas fait le voyage jusqu'à PyeongChang et le Covid les avaient empêchés de se rendre du côté de Pékin, quatre ans plus tard.

Là, les quelques heures de route qui séparent La Berra de Livigno n'ont pas fait peur à grand monde. Même si le trajet était rocambolesque. «On est partis à 3h30 de La Roche en bus, explique Florian, l'un des soutiens. Ensuite, à Landquart, on a dû prendre le train, puis un autre bus nous a récupérés à Zernez.» Un périple qui a valu la peine, de loin.

Système D pour la bannière

Juste avant le premier passage, Valentina Höll, copine de Mathilde Gremaud mais également championne du monde de descente en VTT, était confiante. «Elle est capable de faire quelque chose, sourit-elle. Elle est tellement douée que tout va bien se passer.»

Au début de la première manche, quatre supporters – dont Florian – ont hissé une immense bannière à l'effigie de leur idôle. Ils ont tout de même avoué n'avoir pas forcément pensé à la manière de la déployer et c'est le système D qui a fait ses preuves. Les deux filles sur les épaules de deux hommes, et des bâtons de drapeaux suisses pour soutenir le tout. Optimistes, les quatre braves ont vite compris qu'ils n'allaient pas pouvoir tenir deux heures ainsi, et ont redéployé leur banderole uniquement pour les passages de Mathilde Gremaud.

Le premier était bon, mais n'a pas permis à la Suissesse de prendre les devants. Par contre, lors du deuxième, elle a dépassé sa grande rivale, la Chinoise Eileen Gu. Forcément, c'était l'explosion de joie dans le clan Gremaud. Les «Ma-thidle, Ma-thilde» ont résonné au bas de la pente de slopestyle. Le papa, Stéphane, sautait dans tous les sens: «Il y a un énorme soulagement mais… objectivement, je trouve que les résultats sont corrects pour le moment.»

La sœur ne réalise pas

En tête après deux manches, Mathilde Gremaud et ses supporters devaient désormais espérer qu'Eileen Gu ne fasse pas mieux lors du run décisif. Tout à coup, la stupeur. La Chinoise est tombée lors de la toute première difficulté. Cette fois, c'était officiel: Mathilde Gremaud conservait son titre. Valentina Höll a pu sauter dans les bras de Chantal et les scènes de liesse ont pris la place de la tension. «C'est totalement fou, lâche la championne du monde. On lui a dit de foncer et c'est exactement ce qu'elle a fait. C'est tellement mérité.»

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Du côté de la petite sœur, Elsa, il a fallu du temps pour réaliser: «Elle a gagné alors que moi, j'étais tranquillement en train de parler avec la famille de Sarah (ndlr: Höfflin).» Derrière nous, les supporters scandaient toujours le nom de la nouvelle championne olympique alors que celle-ci descendait, drapeau suisse autour du cou, une dernière fois la pente. «Mon cerveau n'arrive pas à actualiser toutes les informations et ne comprend pas ce qu'il se passe», avoue, sourire aux lèvres, Elsa. Stéphane, non loin de là, a eu quelques larmes qui ont coulé le long de ses joues.

Le Lyoba à Livigno

Alors que le Lyoba, l'hymne gruérien, retentissait dans le ciel italien, la famille de Mathilde Gremaud a pu la rejoindre pour la prendre dans les bras et faire quelques photos avec. Puis, l'heure était au marathon médiatique pour la skieuse, à la fête pour son clan.

«Pouvoir partager les émotions ainsi, en direct dans l'aire d'arrivée et pas à travers l'écran, c'est incroyable, sourait la Gruérienne. C'est tellement cool d'avoir pu sentir cette énergie et cet amour.» Celui-ci est sans aucun doute partagé.

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