Ce mardi, Fanny Smith n'était pas venue pour se faire des amis. Enfin, au début, si. La Vaudoise a longtemps remercié son sponsor principal, une marque de boisson énergétique, qui lui a permis de se rendre plus tôt aux Jeux olympiques. «On était dans un chalet et j'ai eu le temps de me reposer, de m'entraîner et de bien manger, sourit la spécialiste de ski-cross. Il y a plein de petites choses qui font la différence et il faut les mettre en place pour performer le Jour-J.»
La médaille de bronze de Pékin est donc sortie doucement du portillon de départ lors de sa conférence de presse. Avant d'attaquer. «Je ne vais pas être très positive sur le parcours, prévient-elle. Je trouve un peu triste pour des JO de faire quelque chose d'aussi simple, d'aussi… bas de gamme.»
Pas tendre, Fanny Smith développe son propos. «Les dépassements se feront dans l'avant-dernier virage et il faudra prier jusqu'à la ligne d'arrivée, analyse-t-elle. C'est tellement long que plus rien ne peut faire la différence, il suffit de se faire la plus petite possible.» Et espérer être la première à franchir la ligne, donc.
Elle prévient aussi que, lors du test-event réalisé il y a peu, l'avant-dernier saut avait posé problème. «Les garçons l'ont passé, mais bonjour les genoux. Et on est 95% des filles à ne pas l'avoir fait, alors qu'il faisait un grand ciel bleu.» Une inquiétude de plus.
«Je trouve dommage pour des JO»
Mais Fanny Smith ne s'arrête pas là, et elle critique également l'ambiance dans Livigno – en plus du fait qu'il n'y a pas de tribunes qui donnent directement sur la piste de ski-cross. «Ce sont mes cinquièmes Jeux et j'ai pu en voir… Mais là, il n'y a rien. Pas d'esprit olympique, pas d'effervescence. Ils ont tout pour bien faire mais c'est comme s'ils n'avaient pas été au bout ou qu'ils étaient tellement en retard.» Par là, la Vaudoise pense, par exemple, aux remises des médailles inexistantes au sein même de la station. «Je trouve dommage pour des JO.»
Mais elle le promet: tout cela ne va pas changer ses performances. «J'arrive à me motiver et rester professionnelle, souligne-t-elle après s'en être prise à beaucoup de monde. Je mets tout de côté, pour être en forme le jour-J.»
Tous ses proches
La forme, c'est également un aspect important pour la skieuse chablaisienne. Blessée l'été passé, elle a vécu une saison tronquée. «Si ça ne m'embête pas vendredi, mon dos ne devrait pas être un problème, rassure-t-elle. Par contre, j'ai perdu des kilos et sur un parcours comme ça… Mais je ne peux pas le maîtriser et je me concentre sur moi-même.» Elle l'avoue, elle ne sera pas à 100% en santé dans le nord de l'Italie, mais ne voit pas forcément cela comme un problème, sur un parcours plus court.
Fanny Smith a tout de même une raison de se réjouir: pour la première fois de sa carrière, tous ses proches pourront assister à ses Jeux: «D'habitude, c'est seulement mes parents et ma sœur, mais là c'est près de la maison et ça sera spécial.» À voir si cela la boostera pour aller chercher sa troisième médaille olympique, elle qui avait déjà remporté le bronze à PyeongChang il y a huit ans.