Les tenues olympiques ont été distribuées à la délégation et l’attente monte à l’approche des Jeux de Milan/Cortina. Mais en coulisses, un sujet continue d’alimenter les débats: l’attribution des quotas de départ.
Lors de la journée de remise du matériel aux athlètes, Blick rencontre chez Ochsner Sport à Dietikon (ZH) le spécialiste du géant Thomas Tumler. Et le Grison se montre critique à l’égard d’un système qui met même les grandes nations à rude épreuve.
Sur le plan personnel, le processus de sélection s’est déroulé sans heurts pour Tumler. «Pour moi, tout était parfaitement en ordre», explique-t-il. Et pour cause, il avait déjà obtenu les résultats nécessaires avant Noël, en Amérique du Nord. Que Swiss-Ski ait attendu la fin du week-end de Kitzbühel pour trancher lui paraît justifié: «Je trouve cela équitable. Les épreuves de vitesse et les épreuves techniques ont été traitées de manière relativement équilibrée.»
Problème de luxe en Suisse, frustration à l’étranger
La Suisse a pu attribuer onze places chez les hommes, ce qui n’a toutefois pas suffi, notamment au vu de la non-sélection du talent Alessio Miggiano. La réalité est encore bien plus sévère pour d’autres nations. La France, par exemple, ne peut envoyer que sept hommes, avec des conséquences lourdes. Des cadres du circuit mondial comme Alexis Pinturault ou Victor Muffat-Jeandet restent à la maison malgré leur niveau de classe mondiale.
Tumler parle de la Suisse comme d’un cas particulier: «Chez nous, c’est presque une chance. Un problème de luxe.» Il concède toutefois: «C’est dommage que certains athlètes ne puissent pas y participer. La concurrence était extrêmement élevée.»
Le skieur se montre particulièrement critique concernant la répartition internationale des quotas. «Nous avons récemment discuté du fait que les Français ne peuvent envoyer qu’un seul spécialiste du géant», explique-t-il. «Il y a des candidats potentiels à une médaille qui ne pourront pas participer. C’est clairement problématique.»
«La proportion n’est pas tout à fait juste»
Tumler appelle à une réflexion de fond, avant tout au nom de la qualité sportive. «Je serais plutôt favorable à une ouverture», affirme-t-il sans détour. Sa proposition est claire: «Les trente meilleurs skieurs du monde devraient avoir la possibilité de participer aux Jeux.» Selon le Grison, les quotas nationaux devraient être appliqués de manière moins rigide.
Un exemple illustre selon lui parfaitement le dilemme: «Je trouve dommage que le Brésil puisse, par exemple, aligner trois athlètes, alors qu’une nation aussi forte que la France ne peut en envoyer que sept ou huit», explique Tumler. «La proportion ne me semble pas tout à fait juste. Il y aurait certainement des ajustements à apporter.»
Le débat est désormais lancé, y compris au niveau international, où les quotas par nation font aussi l’objet de critiques. Et celles-ci se feront d’autant plus entendre à mesure que l’échéance olympique se rapproche.