Analyse de la Nati
Des gagnants, des perdants et une énigme qui demeure

Même s'il n'y a pas eu de miracle face à la Finlande, la Suisse a laissé une bonne impression lors de ces Jeux olympiques 2026. Et elle est en droit de se plaindre des blessés. Tour d'horizon.
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Photo: keystone-sda.ch
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Dino Kessler

Patrick Fischer

Après la performance olympique de la Nati, une question s’impose: Pourquoi cet entraîneur s’en va-t-il? Parce que dix ans suffisent? Patrick Fischer a tiré le maximum de ce tournoi où s'affrontaient les meilleures équipes, jusqu’à ce que le ciel nous tombe sur la tête face à la Finlande. Il incarne la Suisse avec charisme, humour et, si nécessaire, une rudesse assumée. On le suit, parce qu’on croit en son énergie et en son enthousiasme. À Milan, il n’a pas décroché de médaille, mais il aura l’occasion de conclure en beauté lors des Championnats du monde de hockey sur glace 2026, à domicile, en mai prochain.

Leonardo Genoni

Il aura fallu un tournoi olympique pour que les Nord-Américains s’intéressent à notre gardien national. Pourquoi n’a-t-il jamais été un joueur de NHL? «Il faut leur poser la question», rétorque sèchement le portier de 38 ans. Lors du quart de finale, il a gardé son but inviolé jusqu’à la 54e minute, avant de ne rien pouvoir faire.

Timo Meier

Les chiffres parlent: trois buts et quatre assists. Meilleur compteur suisse du tournoi. Quand Timp Meier est sur la glace, il se passe presque toujours quelque chose. Contre le Canada, il a même mis Connor McDavid à terre. Face à la République tchèque, il a tout balayé sur son passage. «L’impact physique est essentiel pour que j’atteigne mon meilleur niveau», explique-t-il.

Nino Niederreiter

Peut-on éprouver de la compassion pour une star de la NHL? Pas forcément, mais on peut. Sa lutte constante sur la glace, son engagement, sa recherche de puissance et de maîtrise ont presque fait mal à voir. Même son but contre la Finlande n’a pas tout débloqué. Souvent en retard, en difficulté pour contrôler les pucks, il n'est pas parvenu à imposer sa présence, même physiquement. Frustrant.

Philipp Kurashev

Il y a déjà eu des tournois où Philipp Kurashev s’est retrouvé en tribune, malgré son statut de joueur NHL. À Milan, tout juste remis d’une blessure à la main, l’attaquant des San Jose Sharks s’est racheté. Remplacer Kevin Fiala n’est pas seulement flatteur, la comparaison est inévitable. «Philipp l’a mérité», a souligné Patrick Fischer. Philipp Kurashev n’est pas Kevin Fiala, il est Philipp Kurashev. Et sa joie après le 1-0 contre l’Italie en disait long.

L'énigme

Fallait-il être plus tranchant en fin de match contre la Finlande? Devant l’écran, on criait: sortez le puck! Même une chandelle aurait suffi. Mais le dégagement n'est pas venu. Miro Heiskanen a tiré de loin, puis Jonas Siegenthaler a dévié, alors qu’il contrôlait pourtant la crosse de Artturi Lehkonen. Malchance ou manque de sang-froid? Quand le gardien adverse sort, les grandes équipes gardent la tête froide. Pourquoi pas cette fois avec la Suisse?

Kevin Fiala et Denis Malgin

Évoquer les blessures comme excuse est mal vu. Mais leur absence a pesé lourd, très lourd. Dans un tournoi comme celui-ci, impossible de remplacer des joueurs de ce calibre. L’équipe a compensé autant que possible. Reste cette question: avec Kevin Fiala et Denis Malgin en power-play contre la Finlande, jusqu’où la Suisse aurait-elle pu aller dans le tournoi?

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