À mesure que les minutes passaient et que Leonardo Genoni mettait son gant sur tous les pucks, tout le monde a commencé à se projeter dans les tribunes. C'était évidemment légitime. «En cas de victoire, ce serait où dans l'histoire du hockey suisse, cet exploit?» Haut. Très haut, même. Et c'est précisément pour cette raison que cette défaite après avoir pourtant mené 2-0 fait mal. L'ascenseur émotionnel a marqué durement les Suisses. «Le sport, c'est magnifique, précise Christoph Bertschy. Cela peut te procurer des émotions géniales et dans la foulée, te faire très mal.»
Ce d'autant plus que la sérénité prédominait depuis le deuxième but de Nino Niederreiter. «C'est précisément pour cela que cette issue nous fait très mal, précise Damien Riat. On a été bien dans le match presque toute la soirée et puis il y a eu ces deux buts... Je dois bien avouer que je ne trouve pas les mots en ce moment.» Comment lui en vouloir?
On lui confesse avoir parlé de «match presque parfait» après 50 minutes. «Parfait! On ne leur laissait pas grand-chose», poursuit l'attaquant du Lausanne HC. En début de soirée, c'était d'ailleurs lui qui avait marqué le premier but pour son équipe sur une passe parfaite de son coéquipier, Ken Jäger. «Ce qui est agaçant, c'est que nous n'avons pas su inscrire le 3-0 qui leur aurait fait terriblement mal. Contre l'Italie, cela avait mis fin au suspense.»
L'ailier No 9 du LHC a suffisamment d'expérience pour savoir que lorsque tu ne marques pas le 3-0, tu te mets sous pression. Ce n'est pas un hasard si le 2-0 est appelé «le pire score en hockey sur glace». En un coup de rein, Sebastian Aho n'a laissé aucune chance à un Leonardo Genoni à nouveau stratosphérique. La suite? Un canne malencontreuse de Jonas Siegenthaler qui a offert l'égalisation aux Finlandais. Les Suisses ne s'en sont pas relevés.
«Proche de la médaille»
«Ce qui m'énerve, c'est qu'à aucun moment ce 2-2 nous a fait douter, précise Damien Riat. Au contraire.» Et puis il y a eu le contre fatal. Une action qui a mis fin au rêves olympiques de Patrick Fischer et de ses joueurs. «Aujourd'hui, je suis énervé et très triste, a précisé le sélectionneur. Nous avons fait tellement de bonnes choses et au final on ramasse sur la tronche. C'est un sentiment très difficile.»
Le technicien perd une nouvelle rencontre couperet après le temps réglementaire. Comme lors de la dernière finale du Mondial à Stockholm. «On savait que nous étions très près de la médaille si nous gagnions cette rencontre. C'est brutal de voir que nous étions si proches de nous mêler à la lutte et que maintenant nous rentrons à la maison.» Avec des valises de regrets, évidemment.