Quel crève-cœur monumental qu'a subi l'équipe de Suisse lors de ce quart de finale des Jeux olympiques. La formation de Patrick Fischer est tout simplement passé tout proche d'éliminer un favori: la Finlande. Et, dans un premier temps, elle y mettait même la manière! n'importe comment! Après le succès suisse contre la Tchéquie, le sélectionneur national avait parlé de «victoire de la maturité». Cette rencontre pourra trouver sa place au rayon de la défaite des regrets.
Car face à une équipe avec 100% de joueurs venus de NHL (le Zurichois Mikko Lehtonen était surnuméraire), on ne peut pas manquer l'occasion d'enfoncer le clou lorsqu'elle se présente. Et elle s'est présentée, notamment au cœur d'un deuxième tiers-temps qui a vu Nico Hischier se procurer deux grosses occasions de but. À cet instant, il n'était point question de sortir des mots tels que «héroïque» ou «siège finlandais». Bien sûr, les Nordiques ont poussé pour, parfois, asphyxier les Helvètes. Comment aurait-il pu en être autrement? Après 40 minutes pourtant, les Suisses tenaient encore bon.
Le tir bloqué de Pius Suter
Car avant ces minutes pénibles autour de Leonardo Genoni - quel match! -, ce sont les Suisses qui ont pris les choses en main, après avoir laissé passer la tempête initiale avec courage. Pius Suter et son tir bloqué sur Miro Heiskanen (5e) mérite une mention à cet endroit du texte. Car c'est à partir de ce moment que l'on a commencé à se dire: «Alors peut-être?».
La suite? Une erreur de Jusse Saros parfaitement exploitée par Ken Jäger, qui trainait par là. Le Grison a transmis à son coéquipier lausannois, Damien Riat. Le sniper de la Vaudoise aréna s'est retrouvé comme dans un fauteuil. On pourrait presque parler de trône royal que n'aurait pas renié Louis XIV, tant il a eu du temps pour armer et marquer (0-1, 15e).
Nino Niederreiter, à la peine depuis le début du tournoi, a mis toutes ses forces dans un plomb de la ligne bleue. Le Grison a débloqué son compteur en logeant le puck hors de portée du gardien des Nashville Predators (16e, 0-2). C'est à cet instant qu'aurait dû commencer le siège finlandais face à des Suisses héroïques.
Leonardo Genoni fait le dos rond
Mais toujours pas. La maturité dont a fait preuve la troupe helvétique force un immense respect. Nombre de moments de panique durant l’entièreté du deuxième tiers-temps? Trois ou quatre. Miro Heiskanen, comme bon nombres de personnes suivant exclusivement la NHL, ne connaissait peut-être pas Leonardo Genoni. Mais «Leo» a su se montrer solide. Ou un poil chanceux sur un essai touchant du métal (39e).
Lors de l'ultime période, la Suisse a longtemps mis en échec les Finlandais. Problème? Une pénalité infligée à Janis Moser a bien failli faire s'effondrer s'effondrer le beau château de cartes construit pendant 47 minutes et des poussières. Mais Leonardo Genoni, là encore, tenait bon. Il n'a rien pu faire sur le but de Sebastian Aho (54e, 1-2). Un but contre son camp de Jonas Siegenthaler a mis fin aux espoirs helvétique de se qualifier dans les temps réglementaire (59e, 2-2). Durant la prolongation, Artturi Lehkonen a marqué le but décisif en contre pour mettre fin à l'aventure suisse. Cruel.