À qui appartient le ski-alpinisme ?
Un bras de fer se dessine autour de la plus jeune discipline olympique

Succès historique pour le Club Alpin Suisse! Grâce notamment à la fantastique Marianne Fatton, l'association a remporté ses premières médailles olympiques la semaine dernière. Mais le ski-alpinisme n'aurait-il pas aussi, ou même plutôt, sa place chez Swiss-Ski?
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Le ski-alpinisme a permis au Club alpin suisse d'obtenir ses premières médailles olympiques.
Photo: Harald Steiner/GEPA/freshfocus
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Benjamin Gwerder

Dix-sept des vingt-trois médailles remportées par la Suisse aux Jeux d’hiver de Milan et Cortina ont été conquises par des athlètes de Swiss-Ski. Deux autres – une en argent et une en or, décrochée par Marianne Fatton – sont à mettre au crédit du Club alpin suisse (CAS).

Mais au-delà du simple décompte, c’est surtout la manière dont ces médailles ont été gagnées qui a marqué les esprits. L’ambiance en montagne a séduit de nombreux fans, au point que certains l’ont jugée meilleure que lors des traditionnels «festivals» du ski suisse en alpin.

Le ski-alpinisme, une discipline pour Swiss-Ski?

Dès lors, une question s’impose: le ski-alpinisme ne relèverait-il pas davantage de Swiss-Ski? Il peut en effet surprendre que cette discipline ne soit pas rattachée à la fédération faîtière des sports de glisse, comme la plupart des disciplines pratiquées sur deux lattes. À la place, c’est le CAS – une institution riche en traditions, historiquement davantage tournée vers le sport de masse que vers la haute performance – qui a décroché les premières médailles olympiques de son histoire.

Comme Blick a pu l’apprendre, un changement de fédération a bel et bien été évoqué par le passé, sans jamais aboutir. «C’est une question d’histoire», explique Walter Reusser, chef du sport chez Swiss-Ski. «Nous avons discuté de la pertinence d’un rattachement à Swiss-Ski, mais nous n’allons pas arracher une discipline à une autre fédération.»

«À moyen terme, le ski-alpinisme restera au CAS»

Au CAS, cette situation particulière est pleinement assumée. Urs Stöcker, président de la direction du CAS, le confirme à Blick: «À moyen terme, le ski-alpinisme restera au CAS. Les structures ne diffèrent de toute façon pas énormément de celles de Swiss-Ski». Beaucoup d’éléments sont dictés par le système de promotion de Swiss Olympic. De plus, le CAS est ainsi la seule fédération suisse à être représentée aussi bien aux Jeux d’été qu’aux Jeux d’hiver, avec l’escalade sportive et le ski-alpinisme.»

Une question de part du gâteau

Ancien entraîneur en chef de l’équipe suisse de ski-alpinisme, André Müller connaît bien ces débats. Pour lui, le maintien du ski-alpinisme au CAS est logique: «Chez Swiss-Ski, d’autres disciplines obtiennent naturellement la plus grosse part du gâteau. Au CAS, nous sommes – avec l’escalade sportive – la seule discipline olympique. C’est un avantage clair: ici, nous avons plus de poids.»

Une collaboration malgré tout étroite

À Bormio, Swiss-Ski a néanmoins contribué, à petite échelle, aux succès du CAS. Les deux fédérations ont collaboré étroitement sur le plan logistique : Swiss-Ski a notamment apporté son soutien en matière de suivi GPS et de données météorologiques.

Des questions similaires se posent également à l’échelle internationale, entre la Fédération internationale de ski (FIS) et la Fédération internationale de ski-alpinisme (ISMF), alors que trois séries de médailles olympiques sont en jeu. Mais, comme en Suisse, de nombreux arguments plaident en faveur du maintien de l’indépendance du ski-alpinisme.

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