Son maillot va être retiré
Entre mobbing et finales, Joël Genazzi a tout vécu au LHC

Ce vendredi, Joël Genazzi va vivre un grand honneur: l'ancien joueur du LHC va voir son maillot être retiré. Entretien avec le No 79 en marge de ce match face à Bienne.
1/2
Joël Genazzi a porté durant 12 ans le maillot du LHC.
Photo: Pius Koller
Blick_Matthias_Davet.png
Matthias DavetJournaliste Blick

L'ambiance est détendue en ce mercredi matin au Spot Café. Même s'il s'est levé très tôt pour venir à la patinoire, comme tous les mercredis, Joël Genazzi est souriant, mais pince-sans-rire, comme à son habitude. L'ancien capitaine du Lausanne HC s'est longuement confié à quelques journalistes. Il faut dire que dix jours plus tard, soit ce vendredi lors du match face à Bienne, son maillot et son numéro seront définitivement accrochés sous le plafond de la Vaudoise aréna, aux côtés des 10 de Gérard Dubi, 16 de Claude Friederich, 21 de Beat Kindler, 39 de Cristobal Huet et 61 de Florian Conz.

«Ça signifie beaucoup, admet-il. Ma maman est très, très fière et mon père est devenu un grand fan de Lausanne après avoir été un tifosi d'Ambri toute sa vie. Les enfants de ma sœur ont toujours soutenu le LHC.» Par contre, Joël Genazzi avoue aussi sa déception. «J'ai toujours rêvé qu'une bannière flotte sous le toit, mais pour toute l'équipe, pas uniquement pour moi.» Ces deux finales perdues face à Zurich trottent encore et toujours dans la tête du No 79.

«Il faut parfois apprendre pour devenir meilleur»

Pourtant, ce résultat est fou quand on voit le chemin parcouru par le LHC depuis son arrivée. Lorsque «Gena» débarque à l'été 2013, il rejoint le néo-promu en provenance de Langnau… battu par les Vaudois lors du barrage. Il se souvient de cette période particulière: «J'avais souffert de deux commotions en trois mois et je n'étais vraiment pas bien.»

Il vivait aussi dans l'instabilité. «Le lendemain de la relégation, je n'avais plus de contrat, se souvient-il. Heureusement, mon agent m'a appelé pour me dire que Lausanne et Jan (ndlr: Alston) voulaient me recruter. Mais j'avoue, ce choix était égoïste.» Une décision qui, pourtant, allait changer sa carrière.

Car depuis cette année 2013, Joël Genazzi n'a plus changé d'adresse. Il a grandi, aux côtés du LHC. Lui aussi est passé par tous les états d'âme, entre les play-out, les play-off et même deux finales. Surtout, il a été l'un des rares à avoir vécu l'entierté de l'ère Petr Svoboda. Ce nom, comparable à celui de Voldemort lors de l'interview avec l'ancien Lion, n'a d'ailleurs jamais été prononcé sous une autre forme que «lui» ou «il». Philosophe, il ne regrette pas cette période. «Dans la vie, il faut parfois apprendre comment ne pas faire pour ensuite devenir meilleur.»

Octobre 2021, le départ est tout proche

Entre les deux hommes, tout n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. «Il est arrivé à l'été 2020 et, durant un an et demi, il a tenté de proposer mes services à tous les autres clubs, rappelle Joël Genazzi. Sauf qu'en Suisse, tu as le droit de dire non. Ma femme, ma belle-sœur et mon agent sont tous avocats. Il avait d'ailleurs beaucoup de respect pour moi à cause de cet entourage (sourire).»

Le point d'orgue du conflit arrive en octobre 2021. Joël Genazzi est suspendu pour quelques matches pour une histoire d'utilisation de téléphone. «Dès son arrivée, il y a eu du mobbing, souffle le No 79. On m'a un peu poussé hors du club et, à la fin, j'ai craqué.» Alors que tout était quasi fait avec Genève, Petr Svoboda lui propose tout à coup un nouveau contrat. «Je savais que ce n'était pas possible de gérer un club de cette manière, sourit-il. Qu'un jour, il allait partir et ça m'aurait fait chier de ne pas être là.» Finalement, c'est le Tchèque qui doit faire ses valises au début de l'année 2023. Le pari de Joël Genazzi a été le bon.

Des larmes à venir?

Surtout que la fin de son aventure au LHC a (presque) été un conte de fées. Les deux premières finales de l'histoire du club, mais sans parvenir à soulever le trophée. «Il y a eu beaucoup de moments forts, admet-il. La première saison, on s'est qualifié pour les play-off lors de la dernière journée. Il y a aussi eu les changements de patinoire, de nombreuses émotions, des challenges…» Joël Genazzi pourrait passer des heures à se remémorer des moments sous le maillot rouge et blanc.

Après douze ans de bons et loyaux services, Lausanne a donc décidé de lui faire le plus bel hommage, en retirant son maillot. Dix jours avant la cérémonie, pense-t-il déjà à ce moment avec émotions? «On essaie souvent de ne pas pleurer dans la vie, souligne-t-il. Mais depuis que mon fils est né, je me suis adouci. Même devant mes coéquipiers dans le vestiaire, j'ai pleuré une ou deux fois. Je ne voulais pas, mais c'est arrivé.» Autant dire que ce vendredi, pour la réception de Bienne, quelques larmes risquent de couler le long des joues de Joël Genazzi.

National League 25/26
Équipe
J.
DB.
PT.
1
HC Davos
HC Davos
47
62
105
2
HC Fribourg-Gottéron
HC Fribourg-Gottéron
48
44
91
3
ZSC Lions
ZSC Lions
47
28
83
4
HC Lugano
HC Lugano
47
33
82
5
Genève-Servette HC
Genève-Servette HC
47
0
77
6
Lausanne HC
Lausanne HC
47
20
77
7
Rapperswil-Jona Lakers
Rapperswil-Jona Lakers
47
-11
70
8
EV Zoug
EV Zoug
47
-18
67
9
SC Berne
SC Berne
47
-5
65
10
SCL Tigers
SCL Tigers
47
3
64
11
EHC Bienne
EHC Bienne
47
-21
61
12
EHC Kloten
EHC Kloten
47
-22
55
13
HC Ambri-Piotta
HC Ambri-Piotta
47
-43
54
14
HC Ajoie
HC Ajoie
48
-70
39
Playoffs
Barrages qualificatifs
Barrages de relégation
Articles les plus lus