«L'ambiance était géniale»
À Bienne, la finale est diffusée au cinéma

Depuis le début des play-off, les matches du HC Bienne sont diffusés dans le cinéma de la ville. Blick est allé prendre la température lors de l'acte I de la finale contre Genève-Servette. Ambiance sur place.
Publié: 15.04.2023 à 08:05 heures
La salle No 1 du Rex a fait le plein pour le premier acte de la finale de National League.
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Matthias DavetJournaliste Blick

Il est 18h15. Les deux premières personnes viennent d’arriver devant le cinéma Rex de Bienne. Pas de «John Wick 4» ou de «Super Mario Bros. le film» pour elles. Ce vendredi soir, elles sont venues voir l'acte I de la finale de National League entre Genève et Bienne.

Keanu Reeves ou Chris Pratt ont laissé leur place à Tanner Richard et Toni Rajala. La salle No 1 – «la plus grande» nous précise-t-on à la caisse – du Rex a fait le plein pour cette affiche. Les 379 sièges du cinéma ont trouvé preneurs et ce, bien avant la rencontre. Il était impossible d'acheter des tickets sur place.

Au Rex, on a le choix entre Bienne ou John Wick.

C'est finalement à 19h – diffusion du documentaire «Crows» oblige – que les premiers spectateurs peuvent pénétrer dans la salle. Placement libre imposé, certains viennent assez tôt pour prendre les places les plus stratégiques. C'est le cas de Christiane et Martine, assises à un endroit où il n'y a que deux sièges.

Les deux amies se présentent comme «des fans de sport en général». Tennis, athlétisme, football ou hockey sur glace, peu importe pour Christiane et Martine. «C'est l'occasion de soutenir notre équipe, explique la deuxième nommée. On n'a pas la possibilité d'aller à la patinoire et, quand j'ai vu que tous les billets étaient partis en 10 minutes, je me suis dit que ça ne faisait pas de sens d'essayer.» Et les Biennoises ne voulaient sans doute pas débourser 590 francs pour deux places debout.

De 118 à 379 places

Ce n'est pas la première fois que Christiane et Martine regardent un match du HC Bienne au cinéma. Elles étaient déjà présentes lors d'autres matches de play-off. «Et c'était une ambiance géniale. On vibre autrement», se remémore Christiane. «On fait à chaque fois deux matches», précise son amie Martine.

379 personnes avaient pris place dans les sièges du cinéma biennois.

Les deux compères sont reconnaissantes auprès d'Edna Epelbaum, directrice de Cinevital, la société qui gère le Rex à Bienne. «Je trouve très bien qu'elle fasse ça, chapeau à elle», s'exclame Martine. Depuis le début des play-off, les matches du HC Bienne sont diffusés dans le cinéma biennois. De la salle 2 et ses 118 places, on est rapidement passé à la pièce principale.

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En signe d'adieu, Christiane et Martine nous précisent, sourires aux lèvres, que les derniers titres du HC Bienne n'étaient pas diffusés au cinéma. Il est désormais temps de se descendre quelques rangs. Le match est dans 30 minutes et Antoine et Marco sont déjà aussi en place. Pour les deux amis, c'est une grande première.

Peu de but à Genève: Genève a été plus réaliste que Bienne et s’impose 2-1.(07:27)

«Est-ce qu'on va devoir se lever?»

«J'ai vu sur les réseaux sociaux et quitte à regarder un match, autant le faire en bonne compagnie», sourit Marco. C'est lui qui a invité son acolyte au Rex. «Nous ne sommes pas des inconditionnels, des aficionados, souligne d'emblée Antoine. Mais nous soutenons le HC Bienne car nous sommes certains que cette année, c'est la bonne.»

Marco (à g.) et Antoine sont venus pour la première fois.

Avant le début du match, Marco se pose toutefois une question importante: «Comment va-t-on se comporter en tant que supporters dans une salle de cinéma? Je suis curieux de voir comment ça va se passe. Est-ce qu'on va devoir se mettre debout?» Antoine, lui, s'imagine que ce sera «comme la première du 'Sacre du Printemps' de Stravinsky au théâtre des Champs-Élysées de Paris.» Ce qui est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands scandales de l'histoire de la musique a été accueilli avec quolibets et autres sifflets.

L'avantage d'habiter à côté

Mais rien de tout cela n'est à prévoir pour le moment. Il reste dix minutes avant le début du match et nous croisons Lionel et Estelle. C'est une première fois pour elle alors que lui est déjà venu deux fois en demi-finales, contre Zurich. «C'est l'enfer d'aller à la patinoire, lance Estelle. La dernière fois, on est arrivés un peu à la bourre et on n'a rien vu du match. Et comme on habite à côté du cinéma…» Une excuse parfaite pour venir passer son vendredi soir au Rex.

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Estelle et Lionel habitent à côté du cinéma.

«Je ne sais pas si je suis un vrai fan mais j'aime bien le HC Bienne, développe Lionel. Être ici, c'est une manière de supporter l'équipe.» Comme les 377 autres personnes présentes dans la salle (c'est donc sans compter votre humble serviteur), il va encourager de manière inconditionnelle les Seelandais. «Je pense que ça va être dantesque, promet Estelle. Le match est dans quelques minutes et on entend déjà les gens chanter. Ça va être comme dans la patinoire.»

Un bon Hitchcock

Le début du match approche et il est donc temps de regagner notre siège. Et effectivement, on a l'impression d'être situé dans le secteur places assises de la Tissot Arena. Les Genevois sont sifflés quand ils apparaissent à l'écran et les premiers «Hopp Biel» résonnent avant le début du match.

À la pause, certains en ont profité pour prendre l'air.

Sauf que le scénario du match empêche les presque 400 spectateurs du cinéma de s'enflammer. Le suspense est à son comble, comme devant un bon Hitchcock. Les acteurs se rendent coup sur coup mais ce sont finalement les Aigles qui ouvrent les hostilités. Des sifflets parcourent la salle No 1 du Rex mais ne parviennent pas jusqu'aux Vernets. Le 2-0 tombe quelques minutes plus tard et les spectateurs sont abattus.

Il faut attendre la fin du match pour que le volcan entre un peu en éruption. D'abord, sur l'annulation du 3-0 puis sur la réduction du score du HC Bienne. Le public – y compris Marco – se lève pour célébrer le but de Damien Brunner. Mais cela n'a pas suffi et la plupart des gens sont rentrés chez eux dès la sirène finale, alors que le générique n'avait même pas commencé.

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