«Je te mentirais si je te disais que l'on n'y pense pas.» Au micro, Nathan Marchon ne triche pas. Comme sur la glace. L'attaquant des Dragons avoue que son équipe ne joue pas l'esprit totalement libéré. Dans un coin de la tête, tout le monde le sait, Julien Sprunger joue sa dernière saison et, potentiellement, son dernier match. C'était déjà le cas lundi.
Une composante qui ajoute une bonne dose de pression sous les casques fribourgeois dans cette série face à Rapperswil. Un quart de finale dans lequel les Dragons sont partis favoris. Mais ce mercredi, c'est tout ou rien. «Je dirais que durant le match, on n'y pense pas forcément, poursuit l'ailier de Fribourg Gottéron. Pour lui, ça a dû être difficile, c'est sûr. Après la rencontre perdue samedi, c'est forcé d'y penser. Dans le lit, j'ai commencé à y penser.»
Mais l'attaquant tente de tourner ces montagnes russes émotionnelles en sa faveur. «On s'est dit juste qu'on ne voulait pas qu'il arrête ce soir, nous a-t-il précisé lundi soir après le match. On le fait pour l'équipe, mais forcément un peu pour Julien.»
«Ça te booste!»
En pensant à la rencontre de samedi et au magnifique tifo d'avant-match, Christoph Bertschy a encore les yeux qui brillent. «Je n'ai jamais vu quelque chose comme cela, précise-t-il. Tu entres sur la glace et tu es obligé de regarder tout autour de toi. C'est exceptionnel.» Mais le No 22 ne le voit pas cela d'un mauvais œil en ce qui concerne un surplus de pression: «Mais non! Ça te booste avant le coup d'envoi! Et pendant le match, je pense pouvoir jouer librement.»
Roger Rönnberg joue-t-il de ces émotions pour galvaniser son équipe ou pas? «J'essaie à tout prix de laisser toute cette discussion le plus loin possible du vestiaire, coupe-t-il de manière catégorique. L'équipe, à ce stade de la saison, ne peut pas être davantage connectée.»
Le coup de la bouteille d'eau
Plus tôt dans la série, le coach suédois avait utilisé une métaphore pour parler de la peine qu'avait son équipe à marquer des buts. Celle de la bouteille de ketchup récalcitrante sur laquelle il fallait continuer de taper avant que tout ne vienne d'un coup. Visiblement les contenants sont source d'inspiration pour Roger Rönnberg. «En play-off, les émotions sont déjà au maximum, précise-t-il. C'est comme une bouteille d'eau. Lorsqu'elle est pleine, elle est pleine. Si tu veux la remplir encore, ça déborde.»
Pense-t-il que la bouteille a débordé samedi lors de l'hommage à Julien Sprunger? «Oui, précise-t-il. Avant ce septième match, je vais faire en sorte de rappeler encore plus notre système et notre jeu pour être sûr que nous soyons le plus focalisés possible sur le match et rien d'autre.» La clé pour le coach? «Ne pas vouloir trop en faire, précise-t-il. Quand tu es trop dans l'émotion, tu arrêtes de jouer de manière structurée. Et lorsque tu perds ça, plus rien ne va. On l'a vu samedi.»
Même après avoir été mené 2-3 dans cette série, Christoph Bertschy n'a pas cessé d'y croire. «Samedi, nous étions tristes d'avoir perdu. Et on voyait que Julien l'était aussi. Mais nous nous sommes regroupés, nous sommes allés lui parler et lui avons dit que nous n'allions pas abandonner pour lui.» Sans trop en faire.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | HC Davos | 52 | 71 | 117 | |
2 | HC Fribourg-Gottéron | 52 | 46 | 100 | |
3 | Genève-Servette HC | 52 | 15 | 91 | |
4 | ZSC Lions | 52 | 32 | 91 | |
5 | HC Lugano | 52 | 30 | 89 | |
6 | Lausanne HC | 52 | 18 | 85 | |
7 | Rapperswil-Jona Lakers | 52 | -4 | 81 | |
8 | EV Zoug | 52 | -19 | 75 | |
9 | SC Berne | 52 | -10 | 68 | |
10 | EHC Bienne | 52 | -22 | 67 | |
11 | SCL Tigers | 52 | -7 | 64 | |
12 | EHC Kloten | 52 | -26 | 63 | |
13 | HC Ambri-Piotta | 52 | -49 | 59 | |
14 | HC Ajoie | 52 | -75 | 42 |


