Martin Filander quitte Bienne
Martin Steinegger: «On a constaté une absence d’évolution»

Le HC Bienne a tranché sans attendre: la stagnation sportive et l’absence de progrès ont conduit au limogeage de Martin Filander. Le directeur sportif Martin Steinegger explique les raisons de cette rupture et les attentes pour la suite.
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Martin Steinegger est à la recherche d'un entraîneur.
Photo: Pius Koller
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Marcel Allemann

Le EHC Bienne est réputé pour sa patience. Pourquoi l’avoir perdue cette fois-ci?
Martin Steinegger (directeur sportif du HC Bienne):Plusieurs éléments sont entrés en ligne de compte. Le principal, c’est que le développement de l’équipe stagnait. Nous ne constations plus aucun progrès, au contraire. Si l’on regarde les statistiques, la tendance est négative depuis le début de la saison. Nous avons eu le sentiment qu’un nouvel élan était nécessaire pour la suite de l’exercice.

Principalement en raison d’une situation inconfortable au classement?
Pas uniquement. Il y a le classement, bien sûr, mais aussi les points, les buts marqués, et bien d’autres indicateurs. Sur l’ensemble, on constatait une stagnation et une absence d’évolution.

Qui est Martin Steinegger?

Le Biennois Martin Steinegger, 53 ans, a disputé 1025 matchs de LNA entre 1990 et 2012 pour le HC Bienne et le CP Berne. Le légendaire défenseur a été sacré deux fois champion avec le club de la capitale, a disputé 219 matches internationaux et a participé avec l'équipe nationale à dix tournois mondiaux et aux Jeux olympiques de 2002 à Salt Lake City. Depuis 2012, «Stoney», comme tout le monde appelle Steinegger dans le milieu du hockey sur glace, est directeur sportif du HC Bienne.

Le Biennois Martin Steinegger, 53 ans, a disputé 1025 matchs de LNA entre 1990 et 2012 pour le HC Bienne et le CP Berne. Le légendaire défenseur a été sacré deux fois champion avec le club de la capitale, a disputé 219 matches internationaux et a participé avec l'équipe nationale à dix tournois mondiaux et aux Jeux olympiques de 2002 à Salt Lake City. Depuis 2012, «Stoney», comme tout le monde appelle Steinegger dans le milieu du hockey sur glace, est directeur sportif du HC Bienne.

Avant la saison, vous étiez pourtant convaincu par Martin Filander et vous aviez prolongé son contrat jusqu’en 2027. Comment cette conviction a-t-elle pu disparaître en cinq mois?
La saison passée a été très compliquée, notamment à cause du grand nombre de blessés. À mes yeux, le staff avait très bien géré ces difficultés. Nous étions évidemment déçus de ne pas avoir atteint les play-offs, mais le staff avait constamment cherché des solutions et en avait trouvé. Le développement des jeunes joueurs allait également dans le bon sens. Cela nous a donné l’espoir que Martin Filander était l’entraîneur avec lequel nous pouvions planifier sur le long terme, d’où la prolongation. Mais l’évolution a ensuite pris une autre direction. Les jeunes ont continué à très bien progresser, en revanche nous n’avons pas réussi à amener nos leaders à assumer pleinement le rôle qui leur était destiné sur la glace. Les attentes à leur égard sont plus élevées, et c’est finalement pour cette raison que nous nous retrouvons dans cette situation.

On a entendu dire que Martin Filander avait perdu une partie du vestiaire. Ce genre de chose ne se produit pas du jour au lendemain. Avez-vous tenté d’intervenir?
C’est toujours la même chose lorsque les résultats ne suivent pas. On dit alors que l’entraîneur a perdu une partie de l’équipe. Il est possible que certains joueurs ne se soient plus reconnus totalement dans le coach. Peut-être que des fissures sont apparues. Mais chaque joueur doit se regarder dans le miroir, répondre à cette question pour lui-même et en assumer la responsabilité. Dans mes échanges avec les joueurs, je ne l’ai pas perçu de cette manière. Je ne nie pas que la situation n’a pas toujours été simple, mais c’est le cas dans n’importe quel métier. Vous n’êtes sans doute pas toujours d’accord avec votre supérieur, moi non plus avec le mien, mais cela ne m’empêche pas de devoir fournir un bon travail.

Lors des deux derniers changements d’entraîneur en cours de saison, vous aviez vous-même pris le relais. Pourquoi ce n’est pas le cas aujourd’hui? Est-ce encore une option ou examinez-vous d’abord d’autres pistes?
Non, je ne suis fondamentalement pas une option. Je suis trop proche de l’équipe et les joueurs ont déjà suffisamment entendu ma voix. Le conseil d’administration et moi estimons qu’il faut une nouvelle voix et, plus largement, un renouveau. Je ne suis pas la meilleure solution pour la situation actuelle.

Bienne dispose d’un partenariat avec le EHC Olten, où entraîne notamment Christian Wohlwend, qui ne serait sans doute pas opposé à un retour en National League. Est-il une option dans ce cadre?
Pour l’instant, je ne commente aucun nom.

Le temps presse toutefois. Vous ne souhaitez sans doute pas attendre la pause olympique avant de présenter le nouvel entraîneur?
C’est exact. Mais nous n’avions rien préparé à l’avance. La décision finale de nous séparer de Martin Filander a été prise lundi matin, sans avoir quelqu’un sous la main. Nous devons d’abord voir qui est disponible. Il est clair que nous recherchons un entraîneur qui connaît la ligue, les adversaires et au moins partiellement nos joueurs. Nous n’avons plus le temps de laisser quelqu’un s’acclimater pendant deux semaines. Le nouvel entraîneur doit être immédiatement opérationnel. Nous espérons pouvoir le trouver d’ici au week-end, mais il faut aussi souligner que nos deux assistants, Mathias Tjärnqvist et Beat Forster, ont les compétences pour préparer l’équipe aux prochains matches.

Envisagez-vous une solution provisoire jusqu’à la fin de la saison ou êtes-vous prêts à vous engager sur le long terme?
Il y a toujours deux perspectives. En tant que direction du club, on préférerait qu’une personne vienne jusqu’à la fin de la saison, puis que l’on avise. Mais les bons entraîneurs ne sont pas forcément attirés par ce type de mission à court terme. Certes, il y a une opportunité, mais en onze matches, il est difficile de transformer profondément une équipe. Le risque d’y laisser des plumes en freine plus d’un. Nous partons donc plutôt sur un engagement au-delà de cette saison.

Dubé, Cereda, Wohlwend - ou un homme surprise?

Le directeur sportif Martin Steinegger a clairement défini le profil du futur entraîneur du HC Bienne dans une interview accordée à Blick. Celui-ci devra être immédiatement disponible, connaître la ligue, les adversaires ainsi que les joueurs. Un cahier des charges strict qui réduit considérablement le cercle des candidats potentiels.

Parmi les options les plus évidentes figurent l’ancien entraîneur de Fribourg Christian Dubé, l’ex-coach d’Ambri Luca Cereda, le dernier entraîneur de Berne Jussi Tapola, ainsi que, peut-être, Patrick Emond, passé auparavant par Fribourg et Genève-Servette. L’entraîneur-assistant de Fribourg et ancien coach intérimaire Lars Leuenberger semble en revanche entrer moins en ligne de compte. Déjà appelé à Bienne pour remplacer Antti Törmänen, alors malade, il n’avait pas laissé un souvenir unanimement positif.

L’ancien entraîneur de Davos et d’Ajoie Christian Wohlwend fait également partie des candidats. Son profil est d’autant plus intéressant qu’il est actuellement sous contrat avec l’équipe partenaire d’Olten, et que le club soleurois pourrait ne pas s’opposer à un départ. En Swiss League, d’autres pistes existent, même si elles apparaissent plus surprenantes. C’est le cas d’Anders Olsson, l’entraîneur à succès de l'HC Thurgovie, qui a déjà travaillé à Bienne comme assistant et y jouissait d’une excellente réputation.

Les frères Reto von Arx et Jan von Arx, auteurs d’un travail très remarqué à Coire avec de jeunes joueurs, correspondent également à un besoin identifié à Bienne. Enfin, l’ancien entraîneur de Lugano Luca Gianinazzi, actuellement en pleine progression à Viège, figure aussi sur la liste des profils observés. Une condition reste toutefois incontournable: que leurs clubs actuels acceptent de les libérer ou que leurs contrats comportent une clause de sortie valable pour la National League.

Christian Dube.
Claudio de Capitani/freshfocus

Le directeur sportif Martin Steinegger a clairement défini le profil du futur entraîneur du HC Bienne dans une interview accordée à Blick. Celui-ci devra être immédiatement disponible, connaître la ligue, les adversaires ainsi que les joueurs. Un cahier des charges strict qui réduit considérablement le cercle des candidats potentiels.

Parmi les options les plus évidentes figurent l’ancien entraîneur de Fribourg Christian Dubé, l’ex-coach d’Ambri Luca Cereda, le dernier entraîneur de Berne Jussi Tapola, ainsi que, peut-être, Patrick Emond, passé auparavant par Fribourg et Genève-Servette. L’entraîneur-assistant de Fribourg et ancien coach intérimaire Lars Leuenberger semble en revanche entrer moins en ligne de compte. Déjà appelé à Bienne pour remplacer Antti Törmänen, alors malade, il n’avait pas laissé un souvenir unanimement positif.

L’ancien entraîneur de Davos et d’Ajoie Christian Wohlwend fait également partie des candidats. Son profil est d’autant plus intéressant qu’il est actuellement sous contrat avec l’équipe partenaire d’Olten, et que le club soleurois pourrait ne pas s’opposer à un départ. En Swiss League, d’autres pistes existent, même si elles apparaissent plus surprenantes. C’est le cas d’Anders Olsson, l’entraîneur à succès de l'HC Thurgovie, qui a déjà travaillé à Bienne comme assistant et y jouissait d’une excellente réputation.

Les frères Reto von Arx et Jan von Arx, auteurs d’un travail très remarqué à Coire avec de jeunes joueurs, correspondent également à un besoin identifié à Bienne. Enfin, l’ancien entraîneur de Lugano Luca Gianinazzi, actuellement en pleine progression à Viège, figure aussi sur la liste des profils observés. Une condition reste toutefois incontournable: que leurs clubs actuels acceptent de les libérer ou que leurs contrats comportent une clause de sortie valable pour la National League.

Après l’échec avec le Suédois Martin Filander, puis auparavant avec le Finlandais Petri Matikainen, avez-vous fait une croix sur les entraîneurs nordiques?
Non, la nationalité n’a rien à voir là-dedans. L’essentiel, c’est que ça fonctionne. Et cela, on ne peut jamais le savoir à l’avance, qu’il s’agisse d’un entraîneur nordique ou canadien.

Que doit-il se passer pour que la saison du HC Bienne soit tout de même satisfaisante? Une qualification pour le play-in suffit-elle ou faut-il absolument viser les play-offs?
Avant la saison, nous avions déjà dit que nous nous voyions autour de la 8e place. Tout dépend de l’interprétation. La 8e place signifie en principe le play-in, mais on peut aussi y voir un accès indirect aux play-offs. Il est clair que l’objectif reste de disputer les play-offs, mais la première étape consiste à atteindre le play-in. Dès le départ, nous savions que la voie vers les play-offs passerait probablement par le play-in. Cela n’a pas changé.

La crainte des play-outs a-t-elle toutefois augmenté?
Absolument.

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