C’était une image gênante, il y a dix jours à Shanghai: quatre monoplaces clouées au stand au moment du départ. Les deux McLaren du champion du monde Lando Norris et d’Oscar Piastri, l’Audi de Gabriel Bortoleto et la Williams d’Alexander Albon incapables de s’élancer.
Le chaos à Hinwil
Chez Audi, la situation vire à l’instabilité. Déjà lors de l’ouverture de la saison en Australie, l’écurie n’avait pu aligner qu’une seule voiture, Nico Hülkenberg étant forfait. Entre-temps, la base de Hinwil a été secouée par un véritable séisme: le directeur d’équipe Jonathan Wheatley a quitté ses fonctions «pour des raisons personnelles».
Étonnamment, ce départ n’est même pas mentionné dans le communiqué officiel publié à Suzuka. Désormais, c’est le CEO Mattia Binotto qui prend la parole, cumulant aussi le rôle de chef d’équipe: «Nous avons encore plusieurs chantiers à régler au plus vite. Certains problèmes ne doivent plus se reproduire. Nous ne pouvons plus nous permettre de perdre du terrain.»
Il y a un an, les deux Sauber s’élançaient depuis les 16e et 17e positions. À l’arrivée, Hülkenberg terminait 16e, Bortoleto 19e, tous deux dans le même tour que le vainqueur Max Verstappen.
Suzuka, juge de paix
Comme l’ensemble du paddock, les pilotes se réjouissent de retrouver Suzuka. Avec Spa, aucun circuit ne propose un défi aussi exigeant que ce tracé mythique de 5,807 km.
L’an dernier, Verstappen avait signé la pole avant de s’imposer devant les deux McLaren. Un scénario qui, au vu de la hiérarchie actuelle, a peu de chances de se répéter dimanche.
Lando Norris déjà hors course?
Pour les bookmakers britanniques, la lutte pour le titre semble déjà pliée. George Russell est le grand favori (cote 1,5), devant son coéquipier Andrea Kimi Antonelli (3,7). Le duo Ferrari Charles Leclerc – Lewis Hamilton, tout comme Verstappen, est relégué au rang d’outsiders à 15 contre 1.
Plus brutal encore: les McLaren de Norris et Piastri affichent une cote de… 55 contre 1. Miser dix francs sur l’un d’eux rapporterait 550 francs en cas de sacre mondial.
Ferrari: départ canon, pneus fragiles
Malgré les critiques de plusieurs pilotes, la FIA ne compte pas modifier les règles avant Miami (3 mai).
Chez Ferrari, on campe sur ses positions. Le patron Frédéric Vasseur est clair: «Nous refusons toute modification. Un compromis a déjà été trouvé avec l’introduction du feu bleu avant le départ.» Désormais, ce signal permet aux pilotes de monter dans les tours avant l’extinction des feux.
Au Japon, la Scuderia devrait encore briller au départ, mettant la pression sur Mercedes. Mais un problème persiste: l’usure des pneus tendres, qui pénalise régulièrement les rouges en course.