Tout a commencé par des prévisions météorologiques une nouvelle fois erronées. La raison pour laquelle McLaren, champion du monde en titre, comme Audi, Cadillac et Carlos Sainz, a choisi de partir avec les pneus intermédiaires verts sur une piste à peine humide reste un mystère.
La sanction est tombée immédiatement: seul Sainz, neuvième avec sa Williams, a marqué des points. Son écurie a ainsi encore creusé l’écart sur Audi au championnat (7-2). Les sept pilotes partis en pneus intermédiaires ont dû repasser aux stands dès le premier tour, après deux départs avortés, afin de monter des slicks sur une piste quasiment sèche.
Et la folie d’Indianapolis
C’est précisément durant cette phase agitée que les 500 Miles d’Indianapolis, diffusés sur une autre chaîne de télévision, ont offert l’un des scénarios les plus fous de l’année aux États-Unis: le Suédois Felix Rosenqvist a battu l’Américain David Malukas de 0,23 seconde après 804 kilomètres de course. L’arrivée la plus serrée de l’histoire de la 110e édition de la mythique épreuve. La course d'Indianapolis expliquait d'ailleurs pourquoi le départ du Grand Prix de Formule 1 n’a été donné qu’à 22 heures, heure suisse.
Au Canada, plus de 100'000 spectateurs ont eux aussi assisté à un moment historique avec la quatrième victoire consécutive de Kimi Antonelli (19 ans) sur Mercedes. Depuis 1950, aucun pilote n’avait remporté ses quatre premières courses en Grand Prix.
Antonelli presque en larmes
«Je suis tellement fier de me tenir sur le podium à côté de ces deux champions», a déclaré Antonelli, presque intimidé, en regardant avec admiration Sir Lewis Hamilton (41 ans, sept titres mondiaux, 104 victoires) et Max Verstappen (28 ans, quatre titres, 71 victoires).
Hamilton l’a ensuite hissé sur ses épaules avant de déclarer plus tard: «Je crois que nous avons vu notre grand successeur». Puis il a ajouté en riant: «J’ai quand même plus de 22 ans de plus».
La meilleure performance de Ferrari
Le Britannique a répondu à ses déclarations spectaculaires («Je serai peut-être encore là dans cinq ans») par une course sensationnelle. Il a signé le meilleur résultat de Ferrari en Grand Prix cette saison et devancé son successeur au palmarès mondial, Verstappen, de six dixièmes. «Quand j’ai dépassé Max juste avant l’arrivée, j’ai presque perdu le contrôle de la Ferrari et j’ai failli me faire dessus.»
Cette victoire nette mettait presque Kimi Antonelli mal à l’aise: «J’aurais aimé me battre roue contre roue avec George jusqu’à la ligne d’arrivée. Je pense que le public aurait adoré».
Un superbe duel et un souvenir de 2016
Le duo Mercedes a largement mérité les applaudissements dans plusieurs situations délicates, au terme d’une course de très haut niveau. Mais peu avant la mi-course, le leader Russell a dû abandonner. Il a traversé la pelouse avant de sortir de sa voiture, furieux: casse moteur. Une panne rare chez Mercedes, qui pourrait même lui coûter le titre. Comme Hamilton en 2016 face à Rosberg après sa seule casse moteur de la saison, en Malaisie, lorsqu’il avait perdu le championnat du monde pour cinq points. «J’ai encore une fois tout fait juste et j’ai perdu. Mais le duel avec Kimi m’a rappelé mes meilleures années en karting», déclare Russell.
Même Max Verstappen, pourtant très critique envers le règlement, a trouvé matière à sourire à Montréal: «C’était une course sympa, avec de belles bagarres et bien sûr mon premier podium en 2026».
Reste à savoir si le Néerlandais pourra lancer une remontée depuis sa septième place au classement. Sa Red Bull reste encore loin du niveau affiché par Mercedes. Et Antonelli, qui continue de repousser toutes les limites, possède déjà 88 points d’avance.