Le risque vient de l'intérieur
Quand est-ce que ça va péter chez Mercedes?

George Russell traverse une période délicate chez Mercedes. Entre la montée en puissance d'Antonelli et la menace d'un accrochage interne, Toto Wolff reste en alerte.
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George Russell (à gauche) et Kimi Antonelli sont deux champions qui évoluent dans la même équipe.
Photo: Lukas Gorys
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Roger Benoit

La situation est particulièrement délicate pour George Russell. Le Britannique est confronté à deux problèmes qui commencent par la lettre M. Le premier concerne les mathématiques. L'insouciant Kimi Antonelli mène quatre victoires à une et possède déjà 43 points d'avance. Le second, plus préoccupant encore, touche au mental. Car en Formule 1, tout se joue aussi dans la tête.

C'est précisément dans ce domaine que Russell semble le plus vulnérable. Après 157 Grands Prix disputés et seulement six victoires, il paraît déjà fragilisé. Le Britannique a l'impression que Mercedes a succombé à l'enthousiasme mondial suscité par Antonelli. Pourtant, Toto Wolff est bien trop expérimenté pour laisser transparaître publiquement ses préférences ou ses intentions.

Le patron autrichien n'a d'ailleurs qu'une véritable inquiétude: éviter un accrochage entre ses deux pilotes. Pas un affrontement verbal, mais un contact entre les monoplaces portant les numéros 12 (Antonelli) et 63 (Russell). Une règle aussi vieille que la discipline elle-même: tout est permis, sauf se percuter.

Jusqu'à quand l'accident sera-t-il évité?

Les appels à la prudence n'avaient déjà rien changé à l'époque de Lewis Hamilton et Nico Rosberg, il y a plus de dix ans. Aujourd'hui encore, deux pilotes au tempérament bien affirmé se retrouvent dans le même garage. À Montréal, il y a dix jours, samedi comme dimanche, plusieurs situations ont frôlé l'incident. Quelques millimètres seulement ont parfois séparé les deux voitures. Une démonstration de maîtrise? Peut-être. Mais aussi une part de réussite, car l'accrochage n'était pas loin.

Pour l'heure, aucune consigne d'équipe n'est envisagée. Pourtant, à Monaco, sur ce circuit de 3337 mètres bordé de rails de sécurité, les risques restent élevés. L'an dernier, Mercedes avait vécu un véritable cauchemar entre accidents et problèmes mécaniques, quittant la Principauté aux 11e et 18e rangs grâce à Russell et Antonelli. Le seul week-end de la saison 2025 où l'écurie n'a marqué aucun point.

Ferrari favori pour la première fois?

Toto Wolff aborde donc ce rendez-vous avec une certaine nervosité. Même si Mercedes reste invaincu cette saison dans les courses comptant pour le championnat du monde, Ferrari apparaît pour la première fois comme le favori. Les nombreuses portions lentes du circuit et la moindre importance de la puissance moteur jouent en faveur de la Scuderia.

Quant à McLaren, champion du monde en titre, l'équipe a connu au Canada son deuxième week-end décevant de la saison en matière de points dans une course du championnat du monde après la Chine. En cause: un mauvais choix de pneus.

La polémique de la 1000e course

Les statistiques alimentent également les discussions. Et elles sont pourtant claires: dimanche, à Monaco, 60 ans après ses débuts dans la Principauté, McLaren disputera officiellement sa 999e course en Formule 1.

Les Britanniques ont toutefois décidé d'afficher le chiffre 1000 sur leurs monoplaces. Un anniversaire contesté. Leur calcul est simple: même si leurs deux voitures n'ont pas pris le départ du Grand Prix de Chine, l'écurie considère la participation au sprint du samedi à Shanghai (4e place pour Norris, 6e pour Piastri) comme une participation officielle au championnat du monde.

L'an dernier, les deux McLaren-Mercedes étaient montées sur le podium à Monaco, grâce à la victoire de Norris et à la troisième place de Piastri. L'écurie avait ainsi renoué avec le succès dans la Principauté pour la première fois depuis le triomphe de Lewis Hamilton, 17 ans plus tôt.

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