Un véritable cauchemar
La descente aux enfers continue pour les Girondins

L'histoire des Girondins de Bordeaux, six fois champions de France, s'assombrit après l'interdiction de jouer dans les championnats nationaux, une décision confirmée vendredi par le tribunal administratif de Paris.
Gérard Lopez a coulé les Girondins de Bordeaux.
Photo: AFP

Le tribunal administratif de Paris a confirmé vendredi l'interdiction des Girondins de Bordeaux de participer aux championnats nationaux, prononcée en juillet par les instances du sport français en raison des dérives financières du club. Cette décision enterre un peu plus ses chances de sauvetage financier.

Le tribunal administratif, dernière voie juridique possible pour éviter la rétrogradation en Régional 1 (6e échelon), a écarté les arguments de «viabilité financière nouvelle», avancée jeudi à l'audience par les avocats du nouveau propriétaire du club surendetté et racheté fin juillet par le fonds Sparta Capital.

Les Girondins, sextuples champions de France, risquent une liquidation judiciaire en cas de retrait de leur repreneur.

Ce fonds britannique, détenu par trois financiers français, avait racheté pour un euro symbolique le club girondin à l'homme d'affaires hispano-luxembourgeois Gerard Lopez fin juillet. Il avait consigné 10,6 millions d'euros à la Caisse des dépôts, soit le montant manquant aux comptes de club qui avait provoqué sa relégation par la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), confirmée en appel, quelques jours avant le rachat.

Cette décision n'avait pas été remise en cause par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), saisi a posteriori par le club.

D'après le tribunal, «le juge des référés a d'abord relevé que selon les textes applicables, la DNCG ne peut prendre en compte les documents ou les engagements dont les clubs se prévalent que s'ils sont dûment concrétisés à la date de l'audition devant la commission d'appel».

En cas de maintien en National 1, le repreneur disposait également de 10 autres millions d'euros en banque pour renflouer le club et promettait d'y ajouter 20 millions pour «éponger les dettes», selon ses représentants. Mais à l'inverse, «s'il est maintenu dans cette division (Régional 1), cela entrainerait la fin du projet de reprise et donc sa liquidation», ont menacé les avocats de Sparta Capital.

Descente aux enfers

Dans ce scenario noir, le club deviendrait alors une structure associative, dirigée aujourd'hui par Jean-Louis Triaud, le président des Girondins de 1996 à 2017. «On peut fonctionner avec l'association durant une saison. Il n'y a pas besoin d'agir dans l'urgence», pour recréer une structure professionnelle, a assuré Jean-Louis Triaud mardi dans les colonnes de Sud-Ouest.

Club centenaire sacré six fois champion de France, les Girondins de Bordeaux ont connu une descente aux enfers ces dernières années sur fonds de difficultés sportives et financières. Relégué sportivement en Ligue 2 en 2022, le club au scapulaire a ensuite été placé en redressement judiciaire en 2024, abandonnant au passage son statut professionnel et son très réputé centre de formation.

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