Vers le haut ou vers le bas?
Servette lance «sa semaine de vérité» avec la réception du FC Sion

Sion à la maison, Winterthour à l'extérieur, Zurich à domicile! Si le Servette FC prend entre sept et neuf points, il pourra encore croire au top 6. Sinon, il sera condamné à vivre une fin de saison dans l'obscurité. Jocelyn Gourvennec croit à une série positive.
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Steve Rouiller, buteur la semaine passée face à Saint-Gall.
Photo: keystone-sda.ch
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

«J'ai dit aux joueurs que c'était la semaine de vérité, tout simplement. C'est maintenant que ça se joue. Les trois prochains matches vont décider si l'on peut être dans le bon wagon ou si l'on va au contraire devoir regarder derrière.» Le message transmis par Jocelyn Gourvennec à son groupe est limpide: Servette reçoit Sion ce samedi à 20h30, se déplace à Winterthour puis accueille Zurich, le tout en l'espace de sept jours. Et le coach grenat croit encore au top 6. «Lucerne était largué, puis a fait une série positive. Nous aussi, on peut le faire. On peut transformer en victoires des prestations positives, mais qui aujourd'hui ne paient pas, ce qui est notre cas», enchaîne-t-il.

La revanche du 3-3 de fin janvier

«On est devenus une équipe qui ne perd plus, mais je veux qu'on devienne une équipe qui gagne. Il n'y a pas grand chose entre les deux, mais la différence, ce sont des points et on en a besoin. On est bien plus cohérents aujourd'hui qu'il y a quelques mois, on a construit quelque chose, mais le prochain palier, c'est d'arracher les victoires, de mettre un peu plus de mental pour y arriver. C'est ce qui nous manque aujourd'hui», explique encore le technicien français à la veille de défier le FC Sion, un petit mois après le très spectaculaire 3-3 entre les deux équipes à la Praille, avec cette égalisation dans les arrêts de jeu de Winsley Boteli, l'attaquant genevois du club valaisan, qui avait d'ailleurs chambré les supporters grenat de façon incompréhensible après son but.

«Il y a un petit sentiment de revanche sportive par rapport à ce match où on a laissé échapper deux points dans les toutes dernières secondes», reconnaît sans peine Jocelyn Gourvennec, qui n'aura pas besoin de motiver ses joueurs. Offensivement, il peut compter sur un groupe enfin au complet, avec les retours de blessure de Florian Ayé et de Jérémy Guillemenot. Il peut donc composer son attaque à sa guise, y compris avec le nouveau venu Junior Kadiel et Ablie Jallow, de retour de suspension. L'attaque genevoise commence à avoir une certaine allure, d'ailleurs, en tout cas sur le papier, avec tous les postes désormais (et enfin) doublés.

A cinq ou à quatre derrière?

Servette le sait cependant, il doit gagner en solidité défensive pour espérer quelque chose dans ce match et pourra compter sur le retour de suspension de Marco Burch ce samedi, même si le renfort défensif hivernal est loin d'être un roc défensif pour l'instant. Tout comme Houboulang Mendes sur le côté, d'ailleurs. Le SFC prend trop de buts, c'est un fait, et Jocelyn Gourvennec pourrait être amené à repasser à trois défenseurs centraux ce samedi. Tout est ouvert et les options sont nombreuses, malgré le forfait de Dylan Bronn. Une défense à trois composée de Marco Burch, Steve Rouiller et Yoan Severin (ou Bradley Mazikou) est une option crédible, tout comme une ligne de quatre. 

Jocelyn Gourvennec espère voir son équipe enfin récompensée de ses efforts.
Photo: keystone-sda.ch

A cinq ou à quatre, le constat de la fragilité, en interne, est limpide. «Tu auras des résultats en partant de la constance. Et dans les résultats, il faut une solidité défensive, que ce soit individuellement ou collectivement», assène le capitaine Steve Rouiller. Le défenseur central ne se cache pas: «C’est vrai qu’on a pris trop de buts. Surtout sur des erreurs individuelles. Forcément, ce sont des buts évitables.»

Des débuts de match compliqués

Les Grenat en ont conscience. Impossible de tout anticiper, mais certaines séquences reviennent trop souvent, notamment ces entames de match compliquées qui les ont trop souvent mis en difficulté ces derniers mois. Et encore le week-end dernier contre Saint-Gall, avant l'égalisation rapide de ce même Steve Rouiller d'un geste d'avant-centre. «On sait très bien que les débuts de match ont été compliqués dernièrement. On a beau se dire qu’il faut bien commencer, parfois le jeu décide autrement. On ne peut pas tout gérer. Mais on a conscience qu’il faut retrouver cette solidité», insiste-t-il.

Car le sentiment qui domine à la sortie des matches est souvent le même: celui de mériter mieux et d'être mal payés. «Chaque fois qu’on sort d’un match, on est frustrés. On a la sensation d’être proches d’un bon résultat et en même temps, peut-être qu’on n’a pas réussi à tout mettre en œuvre pour le faire.» Comme son entraîneur, Steve Rouiller ne parle pas uniquement de réussite, mais d’efficacité dans les deux surfaces, ce petit quelque chose qui fait basculer les rencontres. «On voit qu’il y a du mieux en ce début d’année 2026, mais on stagne quand même. Il faut croire qu’il manque quelque chose.»

Deux victoires à la Praille cette saison...

Le rendez-vous de samedi face à Sion pourrait servir de déclic. «C’est le genre de matches toujours intéressants à jouer. Il y a un mois ici, il y avait eu du spectacle, même si ce but à la dernière minute nous avait fait mal», se souvient le capitaine.

À domicile, où le bilan est jugé «assez dérisoire» cette saison avec deux petites victoires, l’occasion est belle de lancer enfin une série. «On attend plus de nous-mêmes. Demain, c’est un match ultra important. Je ne dirais pas décisif, mais pour la suite du championnat, ça peut nous lancer sur quelque chose.» D’autant qu'on l'a dit, deux rencontres rapprochées suivront à Winterthour et contre Zurich. «Ce serait idéal pour enclencher une dynamique.»

Vitorino Hilton, un exemple à suivre pour Steve Rouiller

A noter que le coup d'envoi de cette rencontre sera donné par un certain Vitorino Hilton, dont la première expérience en Europe a eu lieu à Servette, entre 2001 et 2004. Le Brésilien y a posé les bases de sa très jolie carrière, laquelle l'a amené à Marseille et à Montpellier, où il a joué jusqu'à... 43 ans! De quoi inspirer Steve Rouiller et ses 35 ans? «Je suis sous contrat encore deux ans avec Servette et je me sens très bien», a souri le Valaisan, qui ne se projette évidemment pas aussi loin. Fait étonnant, Steve Rouiller et Vitorino Hilton se connaissent personnellement. «Oui, on est en relation depuis un certain temps. Forcément, j'ai suivi sa carrière, sa longévité est remarquable. C'est un exemple à suivre, surtout qu'il jouait à mon poste. C'est un exemple.»

La fraîcheur de Steve Rouiller à haut niveau

Lui a-t-il demandé des conseils pour devenir un quadragénaire ambitieux et compétitif? «La réponse, on la connaît. L'hygiène de vie et le professionnalisme, c'est tout. Il n'y a pas de miracle. Il a été un joueur irréprochable sur le terrain et en dehors. Et puis, il faut garder la passion. Tant qu'elle est présente, tu peux durer. Le jour où elle n'est plus là, c'est l'heure d'arrêter.» Le fait que lui, Steve Rouiller, ait découvert l'élite plus tard que d'autres après avoir dû partir dans le monde amateur, à Monthey, lui confère d'ailleurs une certaine fraîcheur par rapport à d'autres qui ont débuté en Super League à 18 ans. «Peut-être. Mais j'ai quand même toujours été dans ce monde-là», tempère-t-il, tout en voulant faire continuer ce beau voyage le plus longtemps possible.

Super League 25/26
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Thoune
FC Thoune
26
32
61
2
FC St-Gall
FC St-Gall
26
19
47
3
FC Lugano
FC Lugano
26
12
46
4
FC Sion
FC Sion
26
9
40
5
FC Bâle
FC Bâle
26
5
40
6
Young Boys
Young Boys
26
0
36
7
FC Lucerne
FC Lucerne
26
3
33
8
FC Zurich
FC Zurich
26
-11
31
9
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
26
-3
30
10
Servette FC
Servette FC
26
-7
28
11
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
26
-13
21
12
FC Winterthour
FC Winterthour
26
-46
14
Tour final
Tour de relégation
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