Le constat peut paraître paradoxal, mais le Servette FC est devenu imprévisible pour l'adversaire, alors même qu'il a trouvé son schéma tactique préférentiel depuis quatre matches et qu'il n'en a pas changé. Le SFC de Jocelyn Gourvennec joue en effet désormais en 4-2-3-1, un schéma qui lui a permis de battre Grasshopper, Lucerne et Winterthour à la Praille, ainsi que d'aller chercher un point sur la pelouse d'YB... tout en marquant 14 buts lors de ces quatre rencontres!
Alors même que ce SFC est désormais ordonné, le voilà qui sème le désordre dans les défenses adverses. Le danger peut venir de tous les côtés, y compris sur coup de pied arrêté, ce qui souligne les progrès effectués depuis les débuts de l'entraîneur français, après l'été.
«Ce processus a pris des semaines, voire des mois»
Quel regard porte-t-il justement sur cette évolution? «Il y a eu plusieurs étapes, cela ne s'est pas fait en un coup. On aurait tous aimé que ça vienne plus tôt, moi le premier, mais il y a des paliers à franchir. Au début, le travail du staff a été de mettre en place un jeu de position, et ce processus a pris des semaines, voire des mois. Il fallait qu'il soit figé pour que les automatismes soient compris et assimilés par les joueurs. Quand on a franchi ce cap-là, qu'on a trouvé ce système de base, qui peut avoir des variantes, on a pu développer un peu plus de liberté», explique Jocelyn Gourvennec.
Désormais, les joueurs ont un cadre, selon les convictions de jeu de Jocelyn Gourvennec, et sont libres de faire parler leur créativité à l'intérieur de ce cadre. «Et ce qui est plaisant, c'est que les joueurs qui entrent en jeu se mettent à niveau. Désormais, nous avons des habitudes de jeu, mais elles ne sont pas figées, elles permettent de surprendre les adversaires. Nos deux excentrés sont capables de rentrer à l'intérieur, mais aussi de déborder. Cela les rend imprévisibles. On peut aussi permuter en plein match, par exemple entre Mica Stevanovic et Malek Ishuayed, et ce mouvement crée du déséquilibre chez l'adversaire», détaille le Breton, qui ne craint rien de plus que l'immobilisme.
«Si vous jouez simplement dans votre système, sans mouvement, l'adversaire s'adapte et se cale, explique-t-il. Désormais, on arrive à changer les positions, vous pouvez voir Florian Ayé décrocher, Bradley Mazikou prendre des espaces au milieu. Ces changements de position créent l'incertitude et ce sont des choses qu'on travaille.»
L''intelligence des joueurs au coeur des progrès
Et puis, au coeur de cette évolution collective, il y a bien sûr la qualité individuelle des joueurs. «Il n'y en a pas un en Super League qui se déplace comme Mica Stevanovic», assure Jocelyn Gourvennec, qui est également séduit par le profil de Junior Kadile, son renfort spectaculaire de l'hiver. «Il a des appuis diaboliques qui le rendent imprévisible. Il peut tout faire et cela fait de lui un joueur face auquel il est difficile d'anticiper», explique le coach.
Le 4-2-3-1 qui apporte tant de satisfactions depuis un mois sera-t-il reconduit ce dimanche au Letzigrund face à GC? Réponse dans quelques heures, mais il y a fort à parier que ce sera le cas. Reste à voir si cette belle mécanique désormais bien huilée résistera face à un bloc défensif plus dense que ceux rencontrés récemment. Il s'agit là, sans doute, du prochain palier à franchir pour ce SFC en progrès constant.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Thoune | 35 | 35 | 74 | |
2 | FC St-Gall | 34 | 25 | 63 | |
3 | FC Lugano | 34 | 13 | 60 | |
4 | FC Bâle | 35 | 6 | 56 | |
5 | FC Sion | 34 | 18 | 55 | |
6 | Young Boys | 34 | 4 | 48 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | FC Lucerne | 35 | 6 | 46 | |
2 | Servette FC | 34 | 2 | 43 | |
3 | FC Lausanne-Sport | 35 | -9 | 42 | |
4 | FC Zurich | 35 | -21 | 35 | |
5 | Grasshopper Club Zurich | 34 | -26 | 27 | |
6 | FC Winterthour | 35 | -53 | 20 |

