Du béton pas cher et efficace
Les cinq raisons pour lesquelles Sion a la meilleure défense de Super League

Le FC Sion a encaissé 40 buts en 38 matches de Super League cette saison, ce qui en fait la meilleure défense du pays, tout en étant 100% helvétique. La preuve que la nouvelle philosophie du club valaisan est non seulement «bio», mais aussi efficace.
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Barthélémy Constantin parle volontiers de «recrutement bio» pour illustrer la nouvelle philosophie du FC Sion, loin des coups foireux à la Wylan Cyprien, Anton Miranchuk ou Mario Balotelli, pour ne citer que les trois échecs les plus récents. La preuve: sa défense, la meilleure de Super League cette saison avec 40 buts encaissés en 38 matches (Lugano en a reçu 42), est 100% suisse et ne lui a pas coûté cher. Oui, il a fallu payer quelques centaines de milliers de francs à Hull City pour racheter le contrat d'Anthony Racioppi, mais les arrivées de Numa Lavanchy, Kreshnik Hajrizi, Jan Kronig et Nias Hefti se sont faites sans débourser le moindre franc. Et leurs salaires, s'ils sont respectables, n'ont rien à voir avec ce qui pouvait se pratiquer à Sion dans un passé encore récent. Mais si la défense valaisanne est aussi performante, ce n'est bien sûr pas en raison de l'uniformité de son passeport. Voici les cinq raisons qui ont permis à l'équipe de Dideir Tholot d'être aussi hermétique.

Un très bon gardien

Anthony Racioppi a réussi quinze blanchissages en 38 matches de Super League cette saison.
Photo: Pascal Muller/freshfocus

Elu meilleur gardien de Super League lors du gala de la SAFP, mais aussi régulièrement par les votants sur les comptes de la SFL, Anthony Racioppi a pleinement réussi son retour en Suisse. Le Genevois a réussi quinze blanchissage et surtout diffusé une grande impression de sérénité depuis la toute première journée à Zurich. Très fort sur sa ligne, toujours aussi convaincant au pied, il sait également s'imposer dans les airs. Il a même gommé ses erreurs de concentration, même s'il a effectué deux ou trois boulettes. Il a cependant su bien réagir à chaque fois. Il a une grande importance dans le succès défensif du FC Sion cette saison.

Des défenseurs qui ont progressé individuellement

Jan Kronig et Kreshnik Hajrizi, une défense centrale en béton.
Photo: Claudio de Capitani/freshfocus

Au début de la saison, seul le latéral droit Numa Lavanchy pouvait dire sans trembler qu'il était un défenseur accompli et confirmé de Super League, même si sa modestie en aurait souffert. Kreshnik Hajrizi avait réussi quelques bons matches avec Lugano, mais avait encore une grande marge de progression, notamment dans la gestion de l'agressivité. Jan Kronig et Nias Hefti avaient eux fait leurs preuves en Challenge League, pas à l'étage du dessus. Or, voilà que dix mois plus tard, ces quatre hommes forment la meilleure défense de Super League. Si Numa Lavanchy est resté le même, et maintient son niveau athlétique à 32 ans, la progression de ses trois coéquipiers est bien réelle. A l'été 2025, les Constantin discutaient avec Ricardo Rodriguez pour le poste de latéral gauche, et l'auraient engagé s'il avait dit oui. Peut-être que l'international suisse aurait été performant en Valais et il serait irrespectueux de penser le contraire, mais il est tout aussi indéniable que l'éclosion de Nias Hefti aurait été freinée. Et que dire de Jan Kronig? Plutôt que de se plaindre de ne pas jouer, le Haut-Valaisan s'est entraîné individuellement durant l'été 2025 pour prouver à Didier Tholot qu'il n'avait pas besoin de chercher un nouveau défenseur central. Ses efforts ont payé.

De la stabilité, enfin

La défense du FC Sion se connaît désormais par coeur.
Photo: Claudio de Capitani/freshfocus

Un gardien et quatre défenseurs qui jouent chaque minute de chaque match, hors suspensions. La défense du FC Sion a eu la chance (ou la compétence) d'avoir été épargnée par les blessures cette saison et la nouvelle philosophie du club valaisan a été payante. Pas besoin d'aller chercher des étrangers de deuxième zone et de les surpayer, sous prétexte qu'ils ont joué 40 matches en Championship ou 20 en Ligue 1. Sion a misé sur des talents locaux et les a laissés travailler ensemble sur la durée. Qu'il est loin le temps où une contre-performance voyait le joueur concerné être fustigé dans la presse, puis envoyé en M21 dans la foulée... Le gardien et les cinq défenseurs ont acquis des automatismes et les paires fonctionnent bien. Numa Lavanchy et Kreshnik Hajrizi, les deux francophones, gèrent le côté droit. Les deux Alémaniques Jan Kronig et Nias Hefti verrouillent le flanc gauche. Et les deux défenseurs centraux ont fait toutes leurs classes ensemble à YB et se connaissent parfaitement. Et de toute façon, tous les défenseurs parlent ou comprennent plusieurs langues. La communication est au top et ce n'est pas du tout un détail.

Une équipe qui défend ensemble

Rilind Nivokazi, un avant-centre qui marque... et qui défend.
Photo: Keystone

Didier Tholot a mis en place un onze qui défend, jusqu'à la pointe de l'attaque. En Challenge League, il s'appuyait énormément sur Dejan Sorgic comme avant-centre et appréciait sa détermination au pressing, en plus de ses buts. Même chose en Super League: Rilind Nivokazi marque beaucoup (13 buts en championnat), mais il défend aussi énormément et c'est aussi ce qui explique pourquoi son entraîneur le préfère à Winsley Boteli, lequel a encore des progrès à faire dans le repli défensif. Sur les côtés aussi, Didier Tholot exige de ses joueurs qu'ils bossent pour le collectif. Théo Berdayes incarne parfaitement cet état d'esprit, par exemple. Et bien sûr, le rôle des deux milieux défensifs ne doit pas être minimisé: Ali Kabacalman et Baltazar apportent énormément d'équilibre au jeu valaisan. Sion a plus le ballon que l'année dernière et affiche donc plus de maîtrise. Et l'agressivité du Brésilien à la récupération protège aussi sa charnière centrale et filtre de nombreuses attaques. Sion est redevenu un collectif qui attaque et défend ensemble.

Tourbillon est redevenu imprenable

Le FC Sion ne perd plus à Tourbillon: quatorze matches sans défaite, série en cours.
Photo: keystone-sda.ch

Quatorze matches sans défaite! Si le FC Sion est devenu aussi hermétique en général, il le doit à un état d'esprit retrouvé à Tourbillon, où les trois points ne sont désormais plus garantis pour l'adversaire, comme lors de la saison de la relégation... Les forteresses qui veillent sur le stade ont repris toute leur signification cette saison après un début de saison qui semblait pourtant compliqué à domicile avec des défaites face à Bâle, Servette et Thoune. Mais depuis là, Sion a retrouvé une assise défensive dans son stade et y est devenu invincible. Forcément, à l'heure du bilan global, ça compte.

Super League 24/25 - Championship Round
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Thoune
FC Thoune
38
28
75
2
FC St-Gall
FC St-Gall
38
25
70
3
FC Lugano
FC Lugano
38
17
67
4
FC Sion
FC Sion
38
23
63
5
FC Bâle
FC Bâle
38
-3
56
6
Young Boys
Young Boys
38
11
55
Qualifications pour la Ligue des Champions
Qualification Ligue Europa de l'UEFA
Qualification pour la Ligue Conférence
Super League 24/25 - Relégation
Équipe
J.
DB.
PT.
1
FC Lucerne
FC Lucerne
38
10
53
2
Servette FC
Servette FC
38
8
53
3
FC Lausanne-Sport
FC Lausanne-Sport
38
-14
42
4
FC Zurich
FC Zurich
38
-23
38
5
Grasshopper Club Zurich
Grasshopper Club Zurich
38
-26
33
6
FC Winterthour
FC Winterthour
38
-56
23
Barrages de relégation
Relégation
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