«Le strict minimum, rien de plus»
Les Algériens sont toujours très critiques envers Vladimir Petkovic

Bien que Vladimir Petkovic soit en quart de finale de la Coupe d'Afrique des Nations avec l'Algérie, les critiques ne faiblissent pas. Les supporters et les médias critiquent sa manière de jouer et ont toujours du mal avec le style de l'ancien entraîneur de la Nati.
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Vladimir Petkovic est à la Coupe d'Afrique des Nations avec l'Algérie.
Photo: keystone-sda.ch
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Björn Lindroos

En apparence, tout va bien pour l’Algérie et son sélectionneur Vladimir Petkovic. L’équipe de l’ancien coach de la Nati a atteint les quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations et s’est qualifiée pour la Coupe du monde.

Et pourtant, au pays des Fennecs, la conviction n’est pas totale. La méthode Petkovic continue de susciter des réserves — et parfois de l’agacement.

Les reproches sont récurrents: un manque de passion, sur le banc comme après les matches, et un style de jeu jugé trop pragmatique, voire minimaliste. «Il fait le strict minimum. Rien de plus», glisse un journaliste sportif algérien dans les colonnes de la NZZ. «Il s’appuie sur des joueurs expérimentés, avec des noms et des CV. Cela suffit pour obtenir des résultats corrects, mais pas davantage.»
Un autre renchérit: «L’équipe convainc rarement ces derniers temps. Nous marquons des buts, c’est vrai, mais nous en encaissons beaucoup trop.»

Des débuts tendus avec Riyad Mahrez

Le mandat de Vladimir Petkovic, entamé en février 2024 après la désastreuse CAN en Côte d’Ivoire (élimination à la dernière place du groupe), n’a d’ailleurs pas commencé sous les meilleurs auspices. Très vite, le Tessinois s’est retrouvé en conflit avec la plus grande star du pays: Riyad Mahrez.

L’ancien entraîneur de la Nati avait laissé l’ex-vedette de Premier League à la maison, invoquant une blessure. Une version aussitôt contestée par le principal intéressé, qui affirmait n’avoir «reçu aucun appel de l’entraîneur ni de la fédération». Difficile d’imaginer un début de mandat plus délicat que de se fâcher avec son capitaine emblématique.

Un air de déjà-vu helvétique

Cet épisode appartient toutefois au passé. Vladimir Petkovic a reconnu son erreur et, depuis, la relation s’est apaisée. Mieux: Riyad Mahrez, vainqueur de la Champions League avec Manchester City et quintuple champion d’Angleterre (Leicester et City), salue aujourd’hui le travail de son sélectionneur. «Nous avons progressé dans le jeu», a-t-il récemment déclaré, remerciant son coach à coups de buts décisifs. Jaouen Hadjam, latéral gauche de Young Boys, saluait lui aussi le travail du sélectionneur avant la CAN. «Il fait du bon travail avec son staff.»

Mais en Algérie, le malaise persiste. Médias et supporters peinent à s’identifier à Vladimir Petkovic et réclament davantage d’émotions. Une situation qui rappelle étrangement son passage en Suisse. Malgré la meilleure moyenne de points de l’histoire de la Nati, il n’a jamais réussi à devenir un véritable chouchou du public.

Vladimir Petkovic réclame du soutien

Aujourd’hui, le scénario se répète. «Il n’embarque pas les gens avec lui. Comment peut-il motiver une équipe comme celle-là?», s’interroge un journaliste algérien. Conscient des doutes, Vladimir Petkovic avait réclamé davantage de soutien avant le début de la Coupe d’Afrique, estimant que c’était une condition indispensable au succès. Il a même appris le français afin d’améliorer sa communication, lui qui le parlait très peu lorsqu'il entraînait la Nati. «Il apprend le français pour faciliter son intégration», saluait Hadjam début décembre.

Samedi (17h), l’Algérie affrontera le Nigeria en quart de finale de la CAN. L’occasion, pour Vladimir Petkovic, de répondre sur le terrain. Et de prouver qu’il peut offrir plus que «le minimum». En cas de victoire, le mal-aimé pourrait bien se transformer, le temps d’un exploit, en héros national.

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