«On a eu la maîtrise du jeu, mais bien sûr qu'on aurait aimé s'imposer plus largement que 2-0». En une phrase, Iman Beney a résumé le sentiment général, mardi soir à la Tuilière. La Nati n'a absolument jamais été mise en difficulté durant cette rencontre qualificative pour le Mondial 2017, le premier tir cadré nord-irlandais intervenant dans les arrêts de jeu, sans aucun danger pour Livia Peng. Mais le score aurait dû être plus large au vu de la domination suisse, bien trop stérile pour que Rafel Navarro puisse être satisfait de ce premier match officiel depuis qu'il a repris les rênes de la sélection.
Vingt bonnes premières minutes
«Je suis satisfait à 70%», a déclaré le nouveau sélectionneur, qui a bien aimé le début de match de son équipe, pas trop la suite. «Nous avons bien entamé la rencontre, le rythme était bon pendant les vingt premières minutes. Mais ensuite, après notre but, c'était moins bon. Nous avons pris des décisions qui n'étaient pas les meilleures et nous avons effectué des erreurs qui auraient pu coûter cher face à un autre adversaire», a-t-il relevé avec justesse.
Les Suissesses ont en effet monopolisé le ballon, mais n'ont pas toujours su quoi en faire, à l'image de Sydney Schertenleib, alignée à mi-terrain, un poste où le sélectionneur souhaite l’installer durablement . La joueuse du FC Barcelone a du talent, c'est indéniable, mais elle n'a pas encore aujourd'hui la maturité nécessaire pour réellement avoir de l'influence dans ce type de matches qui demandent de la patience et de la justesse dans les petits espaces. A 19 ans, elle a encore largement le temps de progresser et les rencontres de ce type doivent lui servir pour grandir encore.
Svenja Fölmli a marqué des points
La Suisse a donc buté de la 23e minute et le but de Riola Xhemaili jusqu'à la 90e et au but de Svenja Fölmli, auteure d'une bonne entrée. L'avant-centre a apporté tout ce qui avait manqué à Aurélie Csillag jusque-là: de la mobilité et de la justesse dans le dernier geste.
A-t-elle marqué des points par rapport à sa concurrente et peut-elle espérer débuter à Malte samedi? «Tout est possible. Svenja a fait une bonne entrée, elle nous apporte de la qualité dans les seize mètres adverses. Aurélie est plutôt une joueuse qui peut nous aider dans la profondeur. Aujourd'hui, Aurélie a beaucoup travaillé, j'ai aimé son match dans le don de soi, mais c'est vrai que le contexte a rendu son match plus compliqué», a répondu Rafel Navarro en toute sincérité.
Globalement, le Catalan a apprécié le rendement des joueuses entrées en cours de jeu (Svenja Fölmli, Alisha Lehmann, Leila Wandeler, Noemi Ivelj, Lia Kamber). Au point de regretter des changements tardifs, puisqu'ils sont tous intervenus après la 70e? Peut-être un peu, mais il n'a pas voulu le dire ainsi. «Je ne peux pas être satisfait à 100% de ce match, mais un enseignement positif est que nous avons joué de manière plus agressive que lors des deux premiers matches que j'ai dirigé», s'est-il réjoui. La possession de balle, qui a semblé par moments frôler avec le 90% sans exagérer le moins du monde, a été le grand point positif de la soirée. «La précision n'était pas la meilleure, c'est vrai, mais les joueuses ont mis en pratique ce que l'on avait demandé.»
Pas assez de tirs de loin
A une exception notable près: les tirs de loin. «C'est vrai», a-t-il souri, faisant référence à ses premiers cours d'entraîneur. «Une des premières choses que l'on apprend, c'est que pour contrer un bloc bas, une possibilité est de tirer de loin. Ce doit être le module 3 ou 4. Bien sûr qu'on l'a demandé aux joueuses dans la préparation de cette rencontre, que ce soit avant le match ou encore à la pause. Mais sur le terrain, ce sont elles qui décident.» Ana-Maria Crnogorcevic, notamment, aurait pu tenter sa chance à plusieurs reprises, mais a constamment cherché le décalage.
Le match de samedi à Malte sera sans aucun doute l'occasion de travailler l'animation offensive face à un adversaire qui s'annonce encore moins redoutable que l'Irlande du Nord. «On veut marquer autant de buts que possible», prévient Iman Beney, laquelle est la seule joueuse offensive à créditer d'un vrai bon match ce mardi.
