Objectif Brésil 2027!
Le dernier grand défi d'Ana-Maria Crnogorcevic

A 35 ans, la recordwoman des sélections et des buts avec la Nati veut finir en beauté: elle rêve que son dernier match ait lieu à l'été 2027 lors de la Coupe du monde au Brésil. Le chemin -compliqué- débute ce mardi à Lausanne face à l'Irlande du Nord (19h).
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La Bernoise de 35 ans est la recordman des sélections et des buts avec la Nati.
Photo: Getty Images
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

«Oui.» C'est tout? «Oui.» A la question de savoir si se qualifier pour la Coupe du monde 2027 représente son dernier défi avec la Nati, Ana-Maria Crnogorcevic répond sans trembler. Avant d'éclater de rire, consciente de la froideur de sa réaction. «Bien sûr qu'après ce sera fini», concède celle qui a débuté à l'été 2009 avec la Nati et a participé à deux Coupes du monde et à trois Euros, toujours dans un rôle de leader.

En signant à Strasbourg, elle s'est rapprochée de la maison

Avec 176 sélections et 74 buts, la Bernoise de 35 ans détient le record dans les deux catégories les plus importantes du football suisse féminin et son impact sur le jeu est sans égal, elle qui peut évoluer aussi bien en attaque qu'en défense et a toujours fait de l'équipe nationale une priorité, même lorsqu'elle évoluait aux Etats-Unis, que ce soit à Portland ou à Seattle. «Mais j'avoue que c'est quand même plus agréable aujourd'hui à Strasbourg avec le décalage horaire», sourit-elle encore, contente de s'être rapprochée de la maison. En quelques heures, la voilà dans son Oberland adoré pour y passer quelques jours, elle qui n'exclut pas de revenir y jouer au terme de son contrat avec le club alsacien à l'été 2027. 

«On verra. Mon coeur est rouge et blanc. Mais je ne fais pas de plan. Je suis totalement concentrée sur Strasbourg, un club où je me sens très bien même si je dois améliorer mon français. Je suis à la peine de ce côté-là», concède-t-elle, très heureuse d'avoir déjà emménagé dans son appartement et d'avoir trouvé son rythme.

Un relais du sélectionneur sur le terrain

Avec la Nati aussi, tout semble bien se passer. Mieux en tout cas qu'avec Pia Sundhage envers laquelle elle s'était montrée assez critique les derniers mois. La page est tournée et c'est désormais à Rafel Navarro que revient la responsabilité de mener la Nati au Brésil en 2027, ce qui ne sera pas simple au vu du format des qualifications. Ana-Maria Crnogorcevic ne s'en cache pas, elle a aussi un rôle à jouer en tant que relais du sélectionneur lors des entraînements, elle qui a travaillé avec lui durant quatre ans au FC Barcelone. Le Catalan y occupait le rôle d'adjoint et la joueuse connaît parfaitement ses méthodes.

La Bernoise sert de relais au sélectionneur Rafel Navarro sur le terrain.
Photo: keystone-sda.ch

«C'est un avantage, oui, et je peux parfois expliquer certaines choses à mes coéquipières pour gagner du temps. Je connais les systèmes et les exercices, c'est important», explique celle qui conserve un rôle central en équipe de Suisse même si elle ne dispute plus chaque minute de chaque match. «Elle est très professionnelle et a une mentalité de compétitrice. Elle veut toujours gagner», se réjouit Rafel Navarro, qui assure ne pas vouloir compter sur elle que pour les coups de pied arrêtés, l'une de ses grandes qualités grâce à sa taille.

Si l'heure de la retraite approche, pas question pour autant d'y penser avant l'heure. «Je suis très excitée à l'approche du match de mardi et du début de ces qualifications. C'est tout ce qui importe. Nous avons un objectif clair: terminer en tête du groupe et accéder aux barrages.» Il y aura ensuite deux matches à remporter, voire même plus, pour prendre l'avion pour le Brésil. Et offrir à Ana-Maria Crnogorcevic une fin de rêve en équipe nationale. Personne ne le mérite plus qu'elle.


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