Le bus de Wolfsburg attend déjà, le moteur est allumé, le chauffeur a le pied gauche qui ne demande qu'à embrayer, mais Smilla Vallotto, fidèle à elle-même, prend le temps de s'arrêter quelques minutes, en exclusivité pour Blick, pour débriefer ses débuts sous le maillot du Vfl Wolfsburg. La Genevoise a rejoint les Louves cet été, quittant son club suédois de Hammarby pour, de son propre aveu, «franchir un palier» dans l'un des meilleurs championnats du monde, la Bundesliga.
Là pour montrer ses qualités
C'est vrai, ce samedi à Karlsruhe, sa nouvelle équipe et elle se sont inclinées face au Bayern lors de la Supercoupe (2-4) et la milieu de terrain de la Nati n'a disputé que six minutes, les dernières. Mais elle aspire très vite à plus au sein d'un collectif qui a fortement bougé cet été. Smilla Vallotto le sait, elle devrait avoir très vite à jouer un rôle en vue avec Wolfsburg et pouvoir montrer ses énormes qualités, celles qui ont fait de cette dynamique milieu de terrain de 22 ans l'une des leaders de l'équipe de Suisse, déjà.
«C'est pour cela que je suis venue ici. Je veux devenir une meilleure joueuse, m'affirmer dans ce collectif au niveau très élevé», indique-t-elle, déçue de ne pas avoir pu commencer par un titre, mais consciente qu'elle n'en est qu'au début de son aventure, elle qui a signé pour trois ans avec les Louves. «C'est différent de ce que j'ai connu, évidemment, mais je me sens déjà de plus en plus à l'aise dans l'équipe. J'espère jouer plus les prochains matches, c'est clair», admet-elle sans rechigner.
Après des vacances qui ont permis de tourner la page de cet été rempli d'émotions avec la Nati, il a été temps de se remettre au travail. «J'ai pu bien couper. On est parties à Ibiza avec les filles, puis je suis allée à Genève et en Norvège. Je me suis bien reposée après l'Euro, il le fallait, c'était une expérience intense», explique Smilla Vallotto, dont la légendaire franchise a déjà fait parler d'elle en Allemagne.
La spontanéité, sa grande force
Spontanée, la Genevoise dit toujours ce qu'elle pense avec énormément de franc-parler et, pendant l'Euro, elle n'a pas hésité à dire qu'elle espérait que Géraldine Reuteler parte pour un «plus grand club» que Francfort, ce qui lui a valu quelques tacles plus ou moins sympathiques sur les réseaux sociaux, certains fans de l'Eintracht peinant à accepter ce jugement de valeur de la part d'une joueuse ne connaissant pas la Bundesliga. Ainsi est Smilla Vallotto, caractère bien affirmé et liberté de parole revendiquée.
Si elle ne parle pas (encore...) allemand, cette surdouée des langues (elle en parle cinq couramment: le norvégien, le suédois, le français, l'anglais et l'espagnol) le comprend déjà un peu. «Mon intégration se passe bien, j'ai pu profiter du camp d'entraînement pour apprendre à connaître un peu mieux le coach et les filles. Et pour ce qui est du football, il y a énormément de qualités dans cette équipe. Je le savais bien sûr et je l'ai ressenti à l'entraînement dès le premier jour. Je vais prendre le rythme.»
Wolfsburg, pas un haut lieu du tourisme? Pas grave
Si Wolfsburg n'est pas le premier nom de ville qui vient à l'esprit lorsqu'est évoqué le charme des cités allemandes, la Genevoise s'en moque pas mal. «Je suis là pour jouer au football, progresser. C'est ce que je veux faire.» Pour s'acclimater, elle a pu sur le soutien de sa maman, Kjersti, laquelle est venue l'aider pour le déménagement. «L'avoir avec moi, c'est toujours bien.» La tornade Smilla Vallotto est prête à déferler sur l'Allemagne après avoir déjà conquis la Suède et, bien sûr, la Suisse.