Des inspirations payantes
Rafel Navarro a su apporter les corrections nécessaires pour faire gagner la Nati

Dominatrice mais stérile en première période face à la Turquie ce mardi, la Suisse a pu bénéficier des ajustements tactiques du sélectionneur Rafel Navarro pour prendre l'avantage et s'imposer 3-1 au final. Ce succès est important sur la route de la Coupe du monde.
Viola Calligaris a inscrit le 3-1 pour la Nati en fin de match.
Photo: keystone-sda.ch
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Tim GuilleminResponsable du pôle Sport

Aurélie Csillag a dévoilé une partie de la vie intime du vestiaire, ce mardi après son doublé face à la Turquie: Rafel Navarro aurait tapé, littéralement, du poing sur la table à la pause, mécontent du visage montré par son équipe. «Moi?», s'est amusé le sélectionneur en conférence de presse, confirmant dans un sourire les informations de son avant-centre.

«J'ai surtout essayé de rester positif. Mais c'est vrai que je n'étais pas content après quarante-cinq minutes», a expliqué le Catalan, lequel a surtout su garder la tête froide pour apporter les corrections tactiques nécessaires pour que son équipe s'impose dans cette partie (3-1, score final).

L'influence de Rafel Navarro sur le résultat final

La Nati dominait en effet la Turquie, mais avait concédé plusieurs situations chaudes et, sans un peu de réussite et sans un arrêt fou de Livia Peng à la 17e, la Suisse aurait pu se retrouver menée au score dans ce match important en vue de la qualification à la Coupe du monde 2027. Le score de 0-0 laissait cependant tout ouvert et Rafel Navarro a alors usé de son influence.

Le sélectionneur national a attentivement observé les débats et apporté les corrections nécessaires à la pause.
Photo: keystone-sda.ch

«C'est normal, non? Et c'est pour ça qu'on travaille. Comme je l'ai dit, c'était important de rester positif et de proposer quelque chose aux joueuses. Et si on change des choses à la pause, c'est aussi parce que les choix au départ n'étaient pas les bons», a-t-il relevé.

Iman Beney change de côté, un choix payant

Dans le détail, le Catalan a modifié la structure de son équipe à la relance, passant de trois joueuses à deux dans la première phase de construction, a introduit Ana-Maria Crnogorcevic au poste de latérale gauche, recentrant Noëlle Maritz, et a fait passer Iman Beney de l'aile gauche à l'aile droite en attaque. Autant d'intuitions payantes.

La Valaisanne de 19 ans a d'ailleurs donné raison tout de suite à son entraîneur, en se procurant une magnifique occasion à la 46e (tir dévié en corner), puis en offrant une passe décisive parfaite à Aurélie Csillag d'un centre à ras de terre, venu de la droite, donc. «Bien sûr qu'un coach est toujours content quand ça fonctionne ainsi», a souri Rafel Navarro, content de son coup.

Aurélie Csillag: «Je savais qu'on allait gagner»

«Les joueuses ont gagné en confiance grâce à ce bon début de deuxième période», a-t-il relevé, et même l'égalisation turque à la 51e n'est pas venu briser ce bel élan collectif. «Sincèrement, quand la Turquie a égalisé, on n'a pas eu peur. Je savais qu'on allait gagner», a relevé Aurélie Csillag. «La deuxième période était bien meilleure dans le contenu», s'est réjoui son sélectionneur.

La Suisse s'est donc imposée de manière méritée et pris la première place du groupe avec cette troisième victoire en trois matches. Et la Nati a pris un vrai avantage psychologique sur la Turquie avant le match retour, samedi à Sinop.

«Nous devrons montrer un meilleur visage d'entrée samedi»

«Nous verrons ce qui nous attend samedi, mais je ne pense pas que la Turquie présentera un visage radicalement différent. C'est une bonne équipe, qui va nous tester comme elle l'a fait ce soir. Si nous jouons de manière lente, si nous ne mettons pas de rythme, si nous manquons de précision, alors nous serons en difficulté. Nous devrons montrer un meilleur visage et ce dès le début du match, pas uniquement après la pause», a prévenu Rafel Navarro, lequel a pu compter sur une Sydney Schertenleib de gala ce mardi. Des dribbles de génie, des passes précises et tranchantes, et un impact physique impressionnant: la milieu de terrain a joué un cran au dessus de tout le monde par moments.

«C'était la meilleure joueuse sur le terrain», a-t-il confirmé. «Elle a un grand talent et elle a énormément envie d'aider l'équipe. Ce que je lui répète, c'est qu'elle n'a pas à se mettre la pression. Elle veut toujours être la meilleure, mais elle n'a pas à sauver la patrie. Elle est jeune, elle a du temps pour progresser.» Sa prestation de ce soir, en tout cas, donne envie de voir la suite.

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