Deux fois titulaire en Premier League avec Manchester United en 2025 (contre Brentford et Wolverhampton) sous la direction de Ruben Amorim, Tyler Fredricson a quitté les Red Devils cet été et s'est engagé pour trois ans avec le Lausanne-Sport. Le défenseur central de 21 ans, international anglais M17 et M18, pourrait disputer ses premières minutes ce vendredi en Coupe de Suisse face au FC Kosova Neuchâtel (20h15 à la Tuilière). L'occasion pour Blick d'aller interviewer ce jeune homme à la sortie de l'entraînement cette semaine et de découvrir ce qu'il pense de sa nouvelle vie, lui qui n'avait jamais quitté Manchester jusqu'à cet été.
Tyler, quelles sont les premières impressions d'un jeune Anglais qui arrive à Lausanne?
Pas mal du tout! Franchement, je suis très heureux d'être ici, même si je suis encore en train de m'adapter à mon nouvel environnement. C'est tout nouveau pour moi, c'est ma première expérience à l'étranger. Un nouveau pays, une nouvelle langue... Mais j'apprécie beaucoup et j'ai simplement hâte d'aller sur le terrain et de jouer devant les fans.
Déjà vendredi contre Kosova? Ca semble être l'occasion idéale pour te faire débuter...
J'espère! On verra ce que le coach décide. C'est un match de Coupe, victoire obligatoire. Je suis prêt si l'entraîneur fait appel à moi.
La ville de Lausanne te plaît? Tu as déjà repéré des endroits?
Ce qui me fascine, je peux déjà te dire, ce sont les points de vue. Le lac vu d'en haut... Magnifique!
Pourquoi as-tu décidé de venir ici? Tu étais en contact avec le Celtic l'hiver dernier, selon plusieurs journaux. C'est nouveau pour nous en Suisse de voir arriver de jeunes Anglais venus de grands clubs comme Nathan Butler-Oyedeji la saison dernière, toi cet été...
Je pense que la Suisse offre beaucoup de points positifs à des joueurs de notre profil. C'est un bon championnat, où tu peux montrer tes qualités, tout en étant exigeant et très professionnel. J'ai vu les parcours de plusieurs joueurs qui sont passés par la Suisse et c'est motivant. Les contacts ont eu lieu via Manchester United et le partenariat avec Lausanne, bien sûr. Mais ce n'était que la première étape, ce n'était pas automatique. J'ai été très attentif à ce qui m'était proposé et j'ai estimé que cela correspondait exactement à ce dont j'avais besoin à ce moment de ma carrière. Stéphane Henchoz et Tony Chauvat m'ont présenté le projet et j'ai aimé ce qu'ils m'ont dit sur la direction que le club souhaitait prendre.
Si je résume en une phrase: un championnat qui te permette de lancer ta carrière professionnelle. Un peu comme ce qu'a fait Nathan la saison dernière, on y revient.
Oui. Beaucoup de joueurs décident de rester au Royaume-Uni, que ce soit en Angleterre ou en Ecosse, comme tu l'as dit. Mais je pense que Lausanne me correspond parfaitement, c'est un bon chemin pour moi. J'étais vraiment curieux de découvrir une nouvelle culture et de pouvoir m'exprimer sur le marché européen, tout en me développant.
Tu prends déjà des cours de français?
Oui, ce n'est pas fameux pour l'instant, mais j'espère m'améliorer bientôt (rires).
Tu sais dire quoi?
Bonjour, ça va?
Il y a encore une marge de progression, mais les bases sont là!
Les gars sont super dans le vestiaire, beaucoup parlent très bien anglais. Mais je ne dois pas tomber dans la facilité, je veux vraiment apprendre le français, en tout cas pouvoir comprendre et m'exprimer un peu. Mes coéquipiers sont top, vraiment, je suis tombé dans un bon groupe, je le vois déjà.
Tu viens d'un des plus grands clubs du monde et tu arrives à Lausanne. Je vais utiliser un mot fort, mais ne le prends pas mal: n'y a-t-il pas un risque que tu le vives comme un déclassement? Vraiment, cette question n'est pas malpolie, mais le contraste existe tout de même.
Je pense que c'est simplement un défi d'une autre nature. Manchester United est l'un des plus grands clubs du monde, tu as raison. Il y a une pression immense, tout ce qui entoure le club est massif. Cet environnement-là, tu ne peux pas le retrouver ailleurs. Lausanne, pour moi, c'est une excellente opportunité de venir jouer régulièrement, si je suis performant, de progresser et de construire ma carrière, ce que je n'ai pas vraiment eu l'occasion de faire à Manchester United. C'était précisément ce que je recherchais. C'est différent, et je comprends ta question, mais c'est très excitant. Je suis vraiment impatient de relever ce défi.
Tu viens du Cheshire, c'est ça? Tu as toujours été supporter de Manchester United?
Well.. en fait, j'ai grandi en étant supporter de Manchester City! Mais évidemment, après avoir passé autant de temps à Manchester United, ce club a pris une place particulière dans mon coeur.
Tu avais quel âge quand tu es arrivé à Manchester United? Ca s'est fait comment?
9 ou 10 ans. Je jouais dans mon club local, j'ai été repéré, tout simplement.
Et alors, quand Manchester United appelle, on réagit comment?
C'était évidemment incroyable! Quand tu es petit, tu entends parler autour de toi de certains enfants qui intègrent différentes académies, mais c'est un peu abstrait. Alors, quand Manchester United vient te chercher, c'est... vraiment spécial.
Et jouer à Old Trafford? Tu arrives à m'expliquer le sentiment qui t'habite quand tu entres sur le terrain et qu'il y a 80'000 personnes dans les tribunes?
En fait, c'est un peu un mélange de nervosité et d'excitation. Le stade est toujours plein, il n'y a pas de petit match à Old Trafford. Le moment où je suis entré dans le stade pour jouer, ce sont des minutes que je n'oublierai jamais.
Quels joueurs t'ont le mieux accompagné?
Beaucoup ont été très bienveillants avec moi. Mais je vais citer en particulier Harry Maguire et Jonny Evans. Ils m'ont tout de suite intégré au groupe des défenseurs, appelons-le ainsi. Ils m'ont donné beaucoup de conseils. Jonny a ensuite intégré le staff et était notamment en charge du développement des jeunes, donc j'ai pas mal travaillé avec lui.
Ici, tu as deux défenseurs centraux très solides qui sont titulaires, Kevin Mouanga et Karim Sow. Tu penses pouvoir te faire ta place?
C'est normal d'avoir de la concurrence, tu dois t'en servir pour élever ton niveau. Je vais me battre pour me faire ma place chaque semaine, comme tous les joueurs. Et l'entraîneur décidera.
Tu as toujours été défenseur central?
Depuis que je suis très jeune, oui. Quand j'étais vraiment petit, j'étais milieu de terrain, mais c'était au tout début.
Que serait une saison réussie pour toi? Qu'est-ce qu'il faudrait pour qu'en mai on se retrouve assis ici les deux et que tu me dises: «Ok, je suis content!»?
Je ne peux pas répondre à cette question de manière individuelle.
Ah non?
Evidemment, j'ai envie de jouer le plus souvent possible et de réaliser de bonnes performances à chaque match. Mais tout dépend de l'équipe. Donc pour que je sois content à la fin de la saison, il faut qu'on ait fait un bon championnat. Nous avons des ambitions, nous avons confiance en nous et on veut être performants. Donc voilà, je te réponds: une saison réussie pour moi, c'est une saison réussie pour l'équipe et moi.

