L'image qui restera de ce quart de finale irrespirable entre la Suisse et l'Argentine aurait pu être ce but merveilleux de Julian Alvarez à la 111e, qui a donné la victoire à l'Albiceleste. Dans un monde idéal, il le serait. La pureté de la frappe de l'avant-centre argentin était telle qu'aucun gardien au monde n'aurait pu l'enlever de sa lucarne et les champions du monde ont fait parler leur talent sur cette action individuelle d'une qualité époustouflante.
Mais voilà, Kansas City restera aussi dans l'histoire de la Nati comme le lieu d'une scène étonnante, qui laissera un énorme sentiment de frustration aux joueurs, au staff et aux supporters, cette expulsion de Breel Embolo à la 70e pour un deuxième carton jaune infligé par la VAR pour une simulation indéniable de l'attaquant suisse, mais dont le déroulement a fait enrager les joueurs, le staff et les supporters de la Nati. Prendront-ils un peu de recul une fois les émotions retombées? La décision de M. Joao Pinheiro sera-t-elle commentée? La FIFA le confortera-t-il dans son processus de prise de décision?
Le simple fait que cette question se pose vient un peu ternir l'éclat de ce quart de finale, car la Suisse se trouvait dans un temps fort absolu en cette 70e minute: elle venait de se créer quatre occasions nettes et, surtout, d'égaliser par Dan Ndoye. L'Argentine, championne du monde, tremblait et commençait à se dire qu'Atlanta, lieu de la demi-finale, était décidément bien loin. Mais voilà, Breel Embolo a plongé, a reçu ce carton rouge dans la foulée et la Nati a ensuite résisté de manière héroïque jusqu'à cette deuxième prolongation et cette funeste 111e minute. Lautaro Martinez a encore eu le temps d'inscrire le 3-1 à la 120e, mais tout était déjà consommé.
Leo Messi encore décisif
L'Argentine a ouvert la marque sur un coup de pied arrêté, décidément pas une spécialité suisse dans cette Coupe du monde. Avec Leo Messi à la baguette, tout est plus simple, mais Djibril Sow aurait pu, et surtout dû, défendre avec plus d'agressivité face à Alexis MacAllister, buteur de la tête (10e, 0-1). L'Argentine, poussée par 60'000 fans tous de bleu ciel vêtus, entrait parfaitement dans son match et se mettait en confiance.
Et la Suisse? Devant son petit carré de 1000 courageux fans, beaucoup de passes ratées, pas mal d'imprécisions, et le sentiment, surtout, que cette équipe pouvait faire mieux durant cette première période assez fade. Et qu'elle pouvait surtout faire plus, bien plus. Même avec la stratégie plutôt défensive choisie d'entrée de jeu par Murat Yakin, la même que celle adoptée face à la Colombie, la Nati se montrait trop peu tranchante dans ses courses pour espérer faire mal à une défense argentine trop peu sollicitée pour savoir si elle pouvait craquer.
Une Nati trop timide en première période
Et la seule fois où la Suisse a trouvé un peu de profondeur, grâce à une sublime ouverture de Dan Ndoye pour Breel Embolo à la 31e, le très attentif Emiliano Martinez avait tout vu, tout anticipé, tout compris. Dommage, parce que si le gardien argentin avait été un tout petit peu moins réveillé sur ce coup-là, alors l'avant-centre suisse aurait pu se présenter seul face à lui. 1-0 à la pause pour l'Argentine, grâce à ce coup de tête d'Alexis MacAllister et la Suisse, trop peu dangereuse, ne pouvait pas se plaindre d'une quelconque injustice.
La Nati conquérante après la pause, Dan Ndoye égalise!
Murat Yakin, privé de son joyau Johan Manzambi, touché au genou, n'a pas fait débuter Ruben Vargas, largement diminué (il est entré à la 113e), et n'a cette fois procédé à aucun changement à la pause, contrairement au match face à la Colombie. Mais la Suisse a changé de visage dès le retour des vestiaires, se montrant beaucoup plus conquérante, avec les mêmes onze joueurs pourtant. Dan Ndoye, bien servi par Breel Embolo, a d'abord fait passer une immense frayeur auprès des 60'000 fans argentins, manquant une occasion en or, mais l'arbitre-assistant avait levé son hors-jeu au départ de l'action (50e).
La Suisse était cependant, et de loin, la meilleure équipe alors qu'arrivait l'heure de jeu. Breel Embolo, Granit Xhaka, Dan Ndoye: tous inquiétaient Dibu Martinez à des degrés divers, jusqu'à l'égalisation tout à fait méritée de l'ailier vaudois à la 67e après un magnifique travail préparatoire de Ricardo Rodriguez. 1-1, qui plus est dans un temps fort suisse! Le match avait-il changé de camp?
La Suisse se remettait en effet à rêver très fort, que ce soit à Kansas City ou dans toutes les buvettes, cantines et bars du pays, sur tout le territoire. L'Argentine, bousculée, était à portée de griffes de cette épatante Nati.
Faute de Leandro Paredes? L'arbitre dit oui, la VAR dit non
Et puis est arrivé le tournant du match, celui qui risque de faire parler des heures, des jours et dont on se rappellera dans plusieurs années, là aussi dans tout le pays: l'expulsion de Breel Embolo à la 70e pour un deuxième carton jaune, consécutif à une simulation. L'arbitre s'était laissé abuser dans un premier temps, donnant jaune à Leandro Paredes, avant d'être appelé par la VAR. Le résultat? L'Argentin était blanchi, l'avant-centre suisse exclu, lui qui avait déjà reçu un jaune en première période. Etait-ce correct d'un point de vue réglementaire et technique? La réponse à cette question va être passionnante à décortiquer dans les heures et jours à venir, mais, pour la fin du match, la donne était claire: la Suisse à dix contre onze face à l'Argentine de Lionel Messi!
La Nati a alors bien failli prendre l'eau, dans la fin du temps réglementaire et au début des prolongations, mais elle a commencé par tenir bon, protégée par un très grand Gregor Kobel. Jusqu'à cette 111e minute et ce but merveilleux de Julian Alvarez. Rideau, la Coupe du monde est finie. Merci messieurs, le voyage était beau. La fin est amère, comme toutes les fins, mais elle ne doit pas faire oublier le reste. Les larmes sont éternelles. La fierté aussi.
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Mexique | 3 | 6 | 9 | |
2 | Afrique du Sud | 3 | -1 | 4 | |
3 | République de Corée | 3 | -1 | 3 | |
4 | République Tchèque | 3 | -4 | 1 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Suisse | 3 | 4 | 7 | |
2 | Canada | 3 | 5 | 4 | |
3 | Bosnie-Herzégovine | 3 | -1 | 4 | |
4 | Qatar | 3 | -8 | 1 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Brésil | 3 | 6 | 7 | |
2 | Maroc | 3 | 3 | 7 | |
3 | Écosse | 3 | -3 | 3 | |
4 | Haïti | 3 | -6 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Etats-Unis | 3 | 4 | 6 | |
2 | Australie | 3 | 0 | 4 | |
3 | Paraguay | 3 | -2 | 4 | |
4 | Turquie | 3 | -2 | 3 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Allemagne | 3 | 6 | 6 | |
2 | Côte d´Ivoire | 3 | 2 | 6 | |
3 | Equateur | 3 | 0 | 4 | |
4 | Curaçao | 3 | -8 | 1 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Pays-Bas | 3 | 6 | 7 | |
2 | Japon | 3 | 4 | 5 | |
3 | Suède | 3 | 0 | 4 | |
4 | Tunisie | 3 | -10 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Belgique | 3 | 4 | 5 | |
2 | Egypte | 3 | 2 | 5 | |
3 | Iran | 3 | 0 | 3 | |
4 | Nouvelle-Zélande | 3 | -6 | 1 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Espagne | 3 | 5 | 7 | |
2 | Cap Vert | 3 | 0 | 3 | |
3 | Uruguay | 3 | -1 | 2 | |
4 | Arabie Saoudite | 3 | -4 | 2 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | France | 3 | 8 | 9 | |
2 | Norvège | 3 | 1 | 6 | |
3 | Sénégal | 3 | 2 | 3 | |
4 | Irak | 3 | -11 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Argentine | 3 | 7 | 9 | |
2 | Autriche | 3 | 0 | 4 | |
3 | Algérie | 3 | -2 | 4 | |
4 | Jordanie | 3 | -5 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Colombie | 3 | 3 | 7 | |
2 | Portugal | 3 | 5 | 5 | |
3 | République Démocratique du Congo | 3 | 1 | 4 | |
4 | Ouzbékistan | 3 | -9 | 0 |
Équipe | J. | DB. | PT. | ||
|---|---|---|---|---|---|
1 | Angleterre | 3 | 4 | 7 | |
2 | Croatie | 3 | 0 | 6 | |
3 | Ghana | 3 | 0 | 4 | |
4 | Panama | 3 | -4 | 0 |


