L'équipe de Suisse va disputer sa 13e Coupe du monde l'été prochain, en débutant par une phase de groupe abordable en compagnie du Canada, du Qatar et de la Bosnie-Herzégovine. Avec quels joueurs? Murat Yakin peut en mettre 26 au maximum dans l'avion et doit donner sa liste au plus tard le 30 mai, à trois jours du grand départ pour San Diego, le camp de base de la Nati en Californie.
En novembre dernier, Blick avait dressé une liste de 62 noms et ils sont 65 aujourd'hui. Deux joueurs du FC Thoune sont désormais dans le viseur (à bonne distance), tout comme le latéral brésilien aux origines suisses Nicolas Bosshardt. Voici le tour d'horizon complet des internationaux suisses, avec des noms ayant grimpé d'une catégorie, comme Joël Monteiro, ou ayant régressé, comme Cameron Puertas, bien malgré lui.
Ils sont sûrs d'être dans l'avion (18)
Au but, pas de surprise: Gregor Kobel est le titulaire, Yvon Mvogo le remplaçant. La hiérarchie est claire, transparente et acceptée par tout le monde.
En défense centrale, Manuel Akanji et Nico Elvedi sont deux titulaires indiscutables. Sur les côtés, Ricardo Rodriguez, Silvan Widmer et Miro Muheim ont leur place bien au chaud dans la liste, et sur le terrain en ce qui concerne les deux premiers.
Faut-il le classer parmi les défenseurs ou les milieux de terrain? Toujours est-il que Denis Zakaria sera du voyage aux Etats-Unis et au Canada. Le Genevois peut même évoluer latéral droit dans une défense à quatre, selon Murat Yakin, qui a très envie de lui faire une place sur le terrain. Le plus probable étant toutefois qu'il joue si la Suisse évolue à trois défenseurs centraux, comme en début de match en Norvège ou chaque semaine avec l'AS Monaco.
Au milieu, pas de mystère: Granit Xhaka, Remo Freuler et Fabian Rieder seront du voyage quoi qu'il arrive.
Vincent Sierro, Michel Aebischer et Ardon Jashari sont eux tous trois assurés de prendre place dans l'avion, leur statut étant également très clair. Ardon Jashari est le remplaçant poste pour poste de Granit Xhaka, tandis que Vincent Sierro est lui plutôt destiné à remplacer Remo Freuler. Mais évidemment, les deux hommes sont intelligents et polyvalents et prêts à intégrer l'équipe à n'importe quelle place à mi-terrain.
Enfin, en attaque, tout est également très limpide. Breel Embolo, Dan Ndoye et Ruben Vargas partent avec un statut de titulaire et il sera très difficile de les déboulonner. Johan Manzambi est lui le joker idéal, que ce soit en attaque ou au milieu si les circonstances l'exigent. Depuis sa première convocation, en juin 2025 aux Etats-Unis, le Genevois fait sensation en entrant en cours de match, même si ce rassemblement de mars a été plus compliqué pour lui.
Il y sera s'il revient en forme à temps (1)
Le sélectionneur a spontanément cité le nom de Zeki Amdouni mardi soir à Oslo. Murat Yakin a très envie que le Genevois revienne au jeu avec Burnley, ce qui pourrait être le cas dans les prochains jours avec la deuxième équipe. Preuve que l'attaquant est important, il s'est rendu à Bâle pour passer du temps avec ses coéquipiers lors de ce rassemblement de mars et le coach sait qu'il ne dispose pas d'options illimitées en attaque. S'il revient à un bon niveau avec son club et que les nombreux mois d'absence ne se font pas trop sentir, alors il sera testé fin mai avec la Jordanie. S'il est performant et a du rythme, il sera dans l'avion le 2 juin, onze mois après sa rupture des ligaments croisés.
Ils ont de très bonnes chances (6)
Le troisième gardien devrait être Marvin Keller, une nomination qui ne viendrait pas récompenser sa saison avec YB, clairement en demi-teinte, mais qui serait pensée pour lui faire prendre de l'expérience, lui qui est appelé à être le gardien de la Nati une fois Gregor Kobel à la retraite. Murat Yakin pense ainsi plus loin et va délibérément choisir de ne pas sélectionner le troisième meilleur gardien suisse, mais le meilleur troisième gardien.
En défense, Eray Cömert et Aurèle Amenda ont pris de l'avance sur la concurrence et leur bonne forme actuelle avec leur club respectif (Valence et Francfort) en font des recours appréciables sur le banc, prêts à pallier une défection de n'importe quel titulaire derrière.
Au milieu, Djibril Sow est quasiment assuré d'être dans l'avion, même s'il n'est pas autant établi au sein du groupe qu'Ardon Jashari, Vincent Sierro et Michel Aebischer, les «premiers remplaçants» du trio habituel à mi-terrain.
Enfin, en attaque, Joël Monteiro a fait très forte impression durant ce rassemblement et a sans doute gagné sa place dans le groupe. Noah Okafor n'a certes pas joué, mais Murat Yakin est allé le trouver en Angleterre. S'il n'est pas embêté par ses soucis musculaires et s'il joue régulièrement avec Leeds, il sera aux Etats-Unis. Le conflit est définitivement enterré et la Suisse a besoin d'attaquants percutants, comme lui.
Ils ont une carte à jouer (15)
Alvyn Sanches avait la possibilité de se rendre (presque) incontournable en cas de bonnes performances sur le terrain en ce mois de mars, mais le Lausannois a été loin d'être brillant en sortant du banc, que ce soit face à l'Allemagne ou en Norvège. De quoi faire hésiter Murat Yakin? Une bonne fin de saison avec YB pourrait lui ouvrir les portes du Mondial, mais il n'a pas marqué de points ces derniers jours. Dans les faits, sa présence pourrait dépendre de celle de Zeki Amdouni, même si leur profil est différent.
En défense centrale, il y aura potentiellement une place à prendre en plus d'Eray Cömert et d'Aurèle Amenda. Les prétendants se nomment Adrian Bajrami, Luca Jaquez, Becir Omeragic et Cédric Zesiger.
Sur les côtés, Zachary Athekame, Sascha Britschgi ou Isaac Schmidt auront peut-être droit à un accessit. Après le match en Norvège, Murat Yakin a nommément cité les deux premiers comme étant des candidats potentiels. Au milieu, Simon Sohm et Filip Ugrinic se tiennent prêts à combler toute défaillance (le deuxième nommé était sélectionné pour le rassemblement de mars avant de se blesser), tandis qu'Andi Zeqiri, Christian Fassnacht, Cédric Itten et Alessandro Vogt ont une carte à jouer en attaque.
Enfin, le quatrième gardien est pour l'heure Philipp Köhn. Supérieur à Marvin Keller dans ses performances cette saison, il mériterait une sélection bien plus que le décevant portier d'YB. Mais Murat Yakin a semble-t-il fait le choix du groupe. S'il devait y avoir un forfait, le gardien de l'AS Monaco sauterait dans l'avion pour San Diego.
Ils partent de (beaucoup) plus loin (19)
Sauf miracle, ou de très nombreuses blessures, aucun joueur de cette liste n'ira à la Coupe du monde. Anthony Racioppi, Pascal Loretz et Jonas Omlin passeront de toute façon derrière Philipp Köhn, au cas où l'un des trois portiers prévus pour le Mondial se blesse. Les trois hommes peuvent réserver leurs vacances.
En défense, Kevin Mbabu, Jordan Lotomba, Stefan Gartenmann, Lucas Blondel et Ulisses Garcia ne sont plus dans le viseur du sélectionneur, ce qui est surtout sévère pour le premier nommé au vu de ses performances intéressantes avec Midtjylland y compris sur la scène européenne. Nicolas Bosshardt, ce talent brésilien de 18 ans aux racines suisses, sera vraisemblablement observé après la Coupe du monde.
Du côté de la Super League, Karim Sow, Christian Witzig, Grégory Wüthrich et Edimilson Fernandes font partie du cercle plus ou moins élargi de la sélection, mais se trouvent à bonne distance de la liste des 26. Alors, pourquoi pas un joueur du FC Thoune, futur champion de Suisse? Kastriot Imeri et Ethan Meichtry sont des prétendants crédibles, mais si Murat Yakin avait cette idée en tête, il en aurait sélectionné un des deux pour ce mois de mars.
Enfin, à l'étranger, Kwadwo Duah, Dereck Kutesa, Leonidas Stergiou et Filip Stojilkovic ont vu leur nom lié de près ou de loin à la sélection, mais n'ont quasiment aucune chance de faire partie de la liste des 26.
Ils n'y seront pas (6)
Un nouveau nom est malheureusement venu faire son apparition dans cette catégorie: celui de Cameron Puertas. Le Vaudois espérait recevoir son passeport suisse à temps pour la Coupe du monde et Murat Yakin l'aurait sûrement testé. Mais la Confédération a livré son verdict: avant 2029, aucune chance! La faute à une erreur de jeunesse au volant, dont le joueur du Werder Brême doit aujourd'hui assumer les conséquences. Le nom de Xherdan Shaqiri n'apparaît aujourd'hui plus du tout dans le débat public, ce qui n'était pas le cas il y a une année. Yann Sommer et Fabian Schär ne reviendront eux non plus pas sur leur décision de prendre leur retraite internationale. Enfin, Renato Steffen et Steven Zuber n'ont pas été assez performants ces derniers mois pour justifier un rappel.
