Didier Tholot n'a pas hésité à chambrer son milieu de terrain Baltazar Costa ce mercredi à la veille d'affronter le FC Noah à Tourbillon. Invité par Blick à réagir à son but magnifique inscrit au tour précédent face au BATE Borisov, le Brésilien a répondu qu'il se verrait bien récidiver, mais que le plus important était la victoire. De quoi faire sourire son entraîneur, assis à côté de lui. «Il faut que tu savoures! Si tu étais parti au Japon, tu n'aurais pas pu le marquer!»
Une référence claire (et ma foi plutôt amusante et bien sentie) à l'an dernier où, à la même époque, «Batata» faisait grève et tentait de forcer un départ du FC Sion, étant notamment lié à un club japonais. Le milieu de terrain brésilien a souri ce mercredi à la blague de son entraîneur, lui qui se plaît visiblement de nouveau beaucoup en Valais. Il est d'ailleurs le membre de l'effectif le plus ancien, étant arrivé en 2019. Et c'est peu dire qu'il est performant.
L'Europe, un monde à part
«Quand tu marques en Europe, c'est fois cinq par rapport au championnat», assure Didier Tholot, lequel a découvert les grandes soirées continentales à l'époque où il enchaînait les buts pour Bordeaux avec Christophe Dugarry et Zinedine Zidane. Il en connaît l'importance et la symbolique plus que quiconque. Et surtout mieux que personne au FC Sion, qui était sevré d'Europe depuis 2017.
Baltazar Costa découvre donc les matches du jeudi et, visiblement, l'expérience lui plaît. «Le plus important, c'est de passer. Oui, on enchaîne les matches, mais l'équipe va bien. On sera prêts à 100% pour gagner et nous qualifier.» L'Europe ne pardonne rien et chaque fait de jeu peut avoir une incidence. De quoi rajouter de la pression? «Non. On l'a vu au match aller: même un carton rouge ne nous déstabilise pas, pas plus qu'un but encaissé. On a la force pour revenir. Demain, je suis persuadé qu'on va se qualifier et gagner.» Alors qu'un journaliste arménien lui demande son avis sur le milieu de terrain du FC Noah, et notamment sur le très bon Gor Manvelyan (formé à Nantes), Baltazar répond de manière polie, mais audacieuse: «Ils jouent bien ensemble, ils ont de la qualité. Mais notre milieu de terrain est plus fort.» Tranchant comme une lame, précis comme un tir en pleine lucarne.
Un problème défensif à régler
Assis à côté de lui, son entraîneur apprécie le spectacle et est satisfait de voir la détermination avec laquelle le Brésilien aborde cette rencontre. Le FC Sion a des certitudes à Tourbillon, où il est invaincu depuis dix-sept matches toutes compétitions confondues, et celui lui donne des responsabilités. «On ne peut pas en faire moins. A aucun moment. Cela ne garantit rien et on ne peut pas se permettre d'être confiants. Mais on peut être sereins», précise Didier Tholot, lequel est un peu embêté par le nombre de buts que concède son équipe depuis le début du championnat. «On n'a pas tant de situations que ça contre nous, mais on les paie cash», admet-il. Il faudra régler ce problème pour aller loin, que ce soit en championnat ou en Europe. Mais ce n'est pas à l'entraînement que cela se fera, en tout cas pas ces jours.
«On n'a pas trop le temps de faire des séances poussées, c'est vrai. Mais on montre les images, on travaille sur vidéo. On enchaîne les matches et celui-ci est très important, c'est un match couperet. On a dû puiser dans nos ressources pour battre Vaduz, mais Noah a aussi dû attendre la dernière minutes pour gagner son match 4-3 face à Shirak. On est dans la même position. Ils sont très forts offensivement, on l'a encore vu dimanche, ils marquent trois fois le même but sur des appels en profondeur. Mais ils prennent aussi pas mal de buts.» Un peu comme le FC Sion depuis le début de la saison, finalement.
Un moment d'émotion avec Adam
A l'issue du match face au FC Vaduz, le FC Sion a fait entrer dans son vestiaire un jeune homme, Adam, atteint dans sa santé. Les joueurs l'ont intégré aux célébrations d'après-victoire et ont chanté son nom, ce qui a provoqué beaucoup d'émotions positives chez Didier Tholot. «Je suis très sensible à tout ce qui touche aux enfants. Je peux être très dur dans mon métier avec les adultes, mais si j'avais entraîné des jeunes, je me serais fait marcher dessus», a souri le technicien, qui a aimé la façon dont son groupe a honoré le petit garçon. «La réaction de mon groupe a été fantastique avec ce gamin qui vit quelque chose qui va au-delà du football.»
